Elle n'avait plus pointé le bout de son nez depuis une dizaine d'années. Et la voilà de retour. L'incertitude guette à nouveau le marché immobilier. Les acquéreurs ou investisseurs n'y étaient plus vraiment habitués, eux qui se confortaient dans la paisible résilience de l'immobilier belge depuis tellement longtemps. Reste à voir toutefois si ces inquiétudes sont réelles ou feintes...
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Elle n'avait plus pointé le bout de son nez depuis une dizaine d'années. Et la voilà de retour. L'incertitude guette à nouveau le marché immobilier. Les acquéreurs ou investisseurs n'y étaient plus vraiment habitués, eux qui se confortaient dans la paisible résilience de l'immobilier belge depuis tellement longtemps. Reste à voir toutefois si ces inquiétudes sont réelles ou feintes... Quelques certitudes tout d'abord: les taux hypothécaires remontent, les prix continuent de grimper et les coûts de construction et de rénovation s'envolent. Sans oublier, à moyen terme, la révolution énergétique qui s'annonce avec la mise aux normes du parc immobilier belge, véritable passoire énergétique. Et dont les coûts seront colossaux. Au rang des menaces potentielles, l'explosion des prix du neuf et l'évolution de la fiscalité immobilière tiennent le bon bout. D'après les échos, il semble peu probable que les multipropriétaires passent encore une fois entre les gouttes. Alors qu'un plafonnement de l'indexation des loyers et la mise en place d'une grille des loyers agitent toujours les esprits de certains décideurs bruxellois. Quant aux prix de l'immobilier neuf, la hausse des coûts de construction et le déficit de permis d'urbanisme (surtout à Bruxelles) font craindre des augmentations incontrôlables. Ce qui réduirait clairement le nombre d'acquéreurs potentiels et freinerait par conséquent le marché. Dans ce contexte, il y a deux écoles: les alarmistes et les "rassuristes". Ces derniers tempèrent la hausse des taux hypothécaires, rappelant qu'on navigue à un niveau plancher depuis bien longtemps. Et que même s'il y a une hausse de 1 ou 2%, cela restera acceptable. Ils ajoutent que l'immobilier est le meilleur rempart contre l'inflation, qu'aucun politique n'a jamais osé s'avancer dans une réforme d'envergure de la fiscalité immobilière et que la brique reste la valeur refuge des Belges, d'autant que l'épargne des ménages déborde. Pour les alarmistes, ce contexte fait clairement vaciller la confiance dans l'immobilier. Trop cher, trop d'incertitudes et un rendement qui s'étiole: son attrait perd clairement du terrain. Dans les deux cas, une évidence: l'accessibilité au logement ne cesse de se réduire. Les logements sont de moins en moins abordables. Et aucune politique publique d'envergure digne de ce nom ne permet d'imaginer que la tendance va s'inverser. L'évolution vers un marché locatif plus fourni semble être une solution avancée. Reste à voir si l'offre sera suffisamment qualitative et si elle pourra éviter de connaître, à son tour, la même poussée de fièvre.