Le principe économique est établi: une hausse des taux hypothécaires entraîne une baisse des prix de l'immobilier. Le marché immobilier belge a par exemple profité de la baisse des taux depuis le début des années 1980 pour voir ses prix s'envoler. "Quand les taux montent, les capacités d'emprunt diminuent, explique Etienne de Callataÿ, économiste en chef d'Orcadia Asset Management. Les vôtres mais aussi celles de votre voisin. Cela sig...

Le principe économique est établi: une hausse des taux hypothécaires entraîne une baisse des prix de l'immobilier. Le marché immobilier belge a par exemple profité de la baisse des taux depuis le début des années 1980 pour voir ses prix s'envoler. "Quand les taux montent, les capacités d'emprunt diminuent, explique Etienne de Callataÿ, économiste en chef d'Orcadia Asset Management. Les vôtres mais aussi celles de votre voisin. Cela signifie que la concurrence pour acheter un bien diminue avec, pour conséquence, une baisse des prix." Le marché immobilier traverse pour le moment une période de turbulences, après des années d'accalmie. La hausse des taux redistribue quelque peu les cartes, tant pour les acquéreurs que pour les investisseurs. Un constat confirmé par Febelfin qui vient d'ailleurs de communiquer que les demandes de crédit lors de ce premier trimestre étaient en baisse de 8,5% par rapport au premier trimestre de l'an dernier. Reste à voir si cet essoufflement s'inscrira dans la durée. "Je ne pense pas que nous assisterons à une baisse des prix mais bien à une diminution des hausses de prix car les taux restent très faibles pour le moment", précise Etienne de Callataÿ. Une série de contrepoids peuvent atténuer la hausse des taux. La frénésie autour de l'immobilier (le concept de valeur refuge), l'incertitude autour des marchés boursiers ou encore l'évolution (positive) des revenus des ménages sont autant d'éléments en défaveur d'une baisse des prix. "Si les acquéreurs-occupants peuvent toujours puiser dans leur épargne pour acquérir le bien de leur rêve, les investisseurs sont par contre principalement guidés par des calculs économiques, relève Philippe Ledent, économiste chez ING. Une hausse des taux impacte leur effet levier et leur rendement. Cela pourrait les détourner du marché. Mais la hausse des prix ne se fera pas d'un claquement de doigt. Le premier indice à suivre sera la durée de vente des biens. Plus elle est longue, plus le marché sera au ralenti et pourrait voir ses prix baisser."