L'histoire est connue. Deux frères et un cousin qui font fructifier un mastodonte de la grande distribution apparu au début du 20e siècle. Avant que le benjamin du trio ne s'attèle à développer le bras immobilier de la famille, avec une série de retail parks au départ. Pour en faire aujourd'hui l'une des belles machines du paysage immobilier belge. Une success story qui pèse désormais près d'1,2 milliard d'investissement en portefeuille. Et qui, 15 ans après le lancement de ses activités, navigue aujourd'hui davantage dans les sphères européennes que wallonnes et bruxelloises. La Belgique représentant 40% des activités, le solde étant réalisé en France, en Espagne et en Pologne. Avec également une petite incursion aux Pays-Bas et en Allemagne. "Quinze ans, c'est une aventure passionnante à plus d'un titre, lance Carl Mestdagh, président executif d'Equilis Europe. Et ce n'est que le début. Je suis vraiment fier de notre capacité à développer des projets mixtes, à nous remettre en question et à inventer."
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L'histoire est connue. Deux frères et un cousin qui font fructifier un mastodonte de la grande distribution apparu au début du 20e siècle. Avant que le benjamin du trio ne s'attèle à développer le bras immobilier de la famille, avec une série de retail parks au départ. Pour en faire aujourd'hui l'une des belles machines du paysage immobilier belge. Une success story qui pèse désormais près d'1,2 milliard d'investissement en portefeuille. Et qui, 15 ans après le lancement de ses activités, navigue aujourd'hui davantage dans les sphères européennes que wallonnes et bruxelloises. La Belgique représentant 40% des activités, le solde étant réalisé en France, en Espagne et en Pologne. Avec également une petite incursion aux Pays-Bas et en Allemagne. "Quinze ans, c'est une aventure passionnante à plus d'un titre, lance Carl Mestdagh, président executif d'Equilis Europe. Et ce n'est que le début. Je suis vraiment fier de notre capacité à développer des projets mixtes, à nous remettre en question et à inventer." Equilis pourrait aujourd'hui inspirer bon nombre d'acteurs spécialisés en immobilier commercial. Des développeurs qui doivent de plus en plus accélérer leur transformation pour survivre. Un virage le plus souvent orienté vers le résidentiel. En 2006, le groupe carolo ne s'y prend d'ailleurs pas autrement. Il se lance dans des opérations de retail parks à Couillet, Braine-l'Alleud et Tubize. "L'idée était alors d'acheter toujours un peu plus de terrain que pour uniquement y aménager un supermarché", se souvient Olivier Beguin, CEO d'Equilis Europe. Ce qui permettait d'y ajouter des espaces commerciaux supplémentaires." Très vite, Carl Mestdagh se rend toutefois compte de l'étroitesse de ce type de développement et lance alors l'idée de projets mixtes, mêlant logement, commerce et bureau. "De plus, essentiellement sur des sites industriels désaffectés ou des bâtiments à reconvertir, ajoute Olivier Beguin. Si au départ, le socle des projets était le volet commercial avec des appartements pour compléter l'ensemble, le modèle s'est aujourd'hui complètement inversé." La reconversion du site des anciennes papeteries de Genval sera le premier dossier d'envergure. Lancé en 2010, ce projet de 490 logements et 15.000 m2 de commerces devrait être clôturé au printemps 2022, avec les dernières livraisons. Un projet qui fait office de carte de visite pour Equilis, qui a d'ailleurs reproduit le même schéma à Court-Saint-Etienne (Court Village) et le réutilise à l'étranger. "Nous voulons en effet devenir le référent européen du développement mixte et de la réhabilitation, lance Olivier Beguin. Equilis a établi en Belgique sa position de pionnier dans ces matières. Nous avons l'intention de confirmer cette place dans les autres pays visés par le groupe." En 15 ans, Equilis a sorti une cinquantaine de projets, représentant 400.000 m2 dont 1.500 unités de logement et deux importants centres commerciaux (Docks à Bruxelles et Finestrelles à Barcelone). Il développe aujourd'hui 500.000 m2 supplémentaires, dont près de 4.000 appartements. Avec comme objectif de désormais encore accélérer la croissance européenne. Car à l'instar de grands groupes immobiliers tels qu'Atenor, Immobel ou AG Real Estate, la Belgique est aujourd'hui bien trop petite pour assurer un rythme de croissance suffisant à son chiffre d'affaires. Si l'idée, en 2014, était d'atteindre les 50% de projets à l'étranger (objectif dépassé avec 60%), les ambitions sont désormais encore plus importantes en la matière. A moyen terme, d'ici 2025, la Belgique ne représentera plus que 30% des activités, pour 20% en France, en Espagne et en Pologne. "La Belgique restera notre principal terrain d'action, note Olivier Beguin. Mais aujourd'hui, nous sommes devenus un groupe européen et non un groupe belge qui réalise des opérations à l'étranger. L'engagement de CEO locaux permet d'appréhender les subtilités de chaque territoire. Par exemple, les ambitions sont grandes en France: outre le projet mixte de 35.000 m2 à Sophia Antipolis, on vise un déploiement à Paris, dans le bassin d'Arcachon et dans la région lyonnaise. A Varsovie, ce sont 1.500 appartements qui sont prévus." Une diversification des activités qui permet en tout cas de voir la vie plus sereinement. "Avec le covid, les 18 derniers mois ont été particulièrement compliqués pour le segment du retail, lance Olivier Beguin. Nous sommes bien heureux d'avoir diversifié nos activités. Si nous étions restés dans le même schéma qu'à nos débuts, je ne sais pas si nous existerions encore..."