La tendance est européenne. Mais elle est particulièrement marquante en Belgique, dont le marché immobilier est réputé pour sa grande stabilité. En quatre ans, les prix des maisons ont augmenté de 22,7 % et ceux des appartements de 20,5 %. Un emballement surtout constaté depuis le début de la pandémie, l'offre ne répondant plus à la demande. Des hausses dont l'ampleur varie bien évidemment selon les régions et le type de biens. La banque ING s'attend à une hausse des prix de 5,4 % pour 2022 et de 1,5 % pour 2023. Une situation qui ne fait qu'éloigner un peu plus du rêve immobilier toute une partie des Belges.

Ce constat n'est pas isolé. Les prix de vente des logements neufs ont explosé dans toute l'Europe, affichant une hausse moyenne en 2021 de près de 10 %. "Les ménages modestes et les classes moyennes sont progressivement exclus de l'accession à la propriété et de la location, les logements abordables deviennent... inabordables", commente Marc Pigeon, président de Build Europe, association qui rassemble les promoteurs et constructeurs européens.

L'inquiétude grandit

Autre élément qui va faire grimper la facture des rénovations et constructions neuves : la hausse de prix des matériaux de construction. Bois, matériaux isolants, acier, métaux non ferreux ont augmenté de 15 à 25 % fin 2021. Et suite à la guerre en Ukraine, ils auraient encore augmenté de 12 % depuis le début de l'année, selon la Confédération Construction. Une situation qui inquiète de nombreux promoteurs, sous-traitants et fournisseurs croisés la semaine dernière au Mipim, le salon international de l'immobilier qui se tenait à Cannes. Chacun se demandant qui allait devoir compenser ces hausses, surtout pour des contrats annuels négociés il y a peu. Il est en tout cas peu probable qu'elles ne se répercutent pas sur le client final. "Pour le moment, tous les 15 jours, on augmente de 5.000 euros le prix de nos appartements neufs", racontait un grand promoteur belge. "Un plafond sera bientôt atteint, s'inquiète Eric Roubaud, directeur de Durabrik Wallonie. Les logements pourraient devenir impayables. Certains promoteurs n'activeront bientôt même plus leurs permis."

Et pour terminer l'addition, il faut dorénavant ajouter le volet durabilité. Le parc immobilier belge est une vraie passoire énergétique. Près de 95 % du parc résidentiel devra être rénové d'ici 2050 pour satisfaire aux objectifs européens. Soit 4,5 millions de logements à rénover. Les logements qui ne disposent pas d'un niveau de PEB (performance énergétique des bâtiments) suffisant auront l'obligation de réaliser des travaux de rénovation. La Flandre lance ce processus dès 2023, Bruxelles dès 2025. La Wallonie réfléchit encore à la meilleure stratégie, notamment via un mécanisme de tiers investisseur. Le ministre wallon du Logement Philippe Henry (Ecolo) veut en tout cas obliger les propriétaires à rénover leurs biens, de manière à soulager les locataires. Reste à voir, à nouveau, sur qui se répercutera la facture. Car, selon l'UGent, 45% des ménages ne disposent pas des moyens suffisants pour effectuer ces travaux énergétiques.

La tendance est européenne. Mais elle est particulièrement marquante en Belgique, dont le marché immobilier est réputé pour sa grande stabilité. En quatre ans, les prix des maisons ont augmenté de 22,7 % et ceux des appartements de 20,5 %. Un emballement surtout constaté depuis le début de la pandémie, l'offre ne répondant plus à la demande. Des hausses dont l'ampleur varie bien évidemment selon les régions et le type de biens. La banque ING s'attend à une hausse des prix de 5,4 % pour 2022 et de 1,5 % pour 2023. Une situation qui ne fait qu'éloigner un peu plus du rêve immobilier toute une partie des Belges.Ce constat n'est pas isolé. Les prix de vente des logements neufs ont explosé dans toute l'Europe, affichant une hausse moyenne en 2021 de près de 10 %. "Les ménages modestes et les classes moyennes sont progressivement exclus de l'accession à la propriété et de la location, les logements abordables deviennent... inabordables", commente Marc Pigeon, président de Build Europe, association qui rassemble les promoteurs et constructeurs européens.L'inquiétude granditAutre élément qui va faire grimper la facture des rénovations et constructions neuves : la hausse de prix des matériaux de construction. Bois, matériaux isolants, acier, métaux non ferreux ont augmenté de 15 à 25 % fin 2021. Et suite à la guerre en Ukraine, ils auraient encore augmenté de 12 % depuis le début de l'année, selon la Confédération Construction. Une situation qui inquiète de nombreux promoteurs, sous-traitants et fournisseurs croisés la semaine dernière au Mipim, le salon international de l'immobilier qui se tenait à Cannes. Chacun se demandant qui allait devoir compenser ces hausses, surtout pour des contrats annuels négociés il y a peu. Il est en tout cas peu probable qu'elles ne se répercutent pas sur le client final. "Pour le moment, tous les 15 jours, on augmente de 5.000 euros le prix de nos appartements neufs", racontait un grand promoteur belge. "Un plafond sera bientôt atteint, s'inquiète Eric Roubaud, directeur de Durabrik Wallonie. Les logements pourraient devenir impayables. Certains promoteurs n'activeront bientôt même plus leurs permis."Et pour terminer l'addition, il faut dorénavant ajouter le volet durabilité. Le parc immobilier belge est une vraie passoire énergétique. Près de 95 % du parc résidentiel devra être rénové d'ici 2050 pour satisfaire aux objectifs européens. Soit 4,5 millions de logements à rénover. Les logements qui ne disposent pas d'un niveau de PEB (performance énergétique des bâtiments) suffisant auront l'obligation de réaliser des travaux de rénovation. La Flandre lance ce processus dès 2023, Bruxelles dès 2025. La Wallonie réfléchit encore à la meilleure stratégie, notamment via un mécanisme de tiers investisseur. Le ministre wallon du Logement Philippe Henry (Ecolo) veut en tout cas obliger les propriétaires à rénover leurs biens, de manière à soulager les locataires. Reste à voir, à nouveau, sur qui se répercutera la facture. Car, selon l'UGent, 45% des ménages ne disposent pas des moyens suffisants pour effectuer ces travaux énergétiques.