Si les transactions immobilières se multiplient ces derniers mois, elles ne concernent pas tous les candidats-acquéreurs. Certains se voient écartés du marché faute de pouvoir rassembler les fonds propres nécessaires à une acquisition. Des frais qui représentent le plus souvent près de 25% du bien, mais un montant que les banques ne financent plus depuis le resserrement des conditions d'octroi de crédits hypothécaires.
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Si les transactions immobilières se multiplient ces derniers mois, elles ne concernent pas tous les candidats-acquéreurs. Certains se voient écartés du marché faute de pouvoir rassembler les fonds propres nécessaires à une acquisition. Des frais qui représentent le plus souvent près de 25% du bien, mais un montant que les banques ne financent plus depuis le resserrement des conditions d'octroi de crédits hypothécaires. Pour pallier cette situation, Benjamin Wayenberg (35 ans) et Patrick Van Overbroek (50 ans) ont fondé Byebyerent en début d'année. Une start-up bruxelloise lancée lundi, après avoir enfin reçu le feu vert de la FSMA. L'idée: co-investir avec un particulier dans l'achat d'un bien en lui fournissant les fonds propres, avec un maximum de 100.000 euros. Byebyerent se rémunérant via une indemnité d'occupation mensuelle de maximum 300 euros à payer pendant la période d'indivision, des frais de dossier et la plus-value (proportionnelle à son apport) lors de la revente. "Byebyerent vise à combler un manque sur le marché immobilier, explique Benjamin Wayenberg, qui a déjà fait une incursion dans le milieu avec Shelterr.com, un éphémère concurrent d'Immoweb. Tout le monde ne peut pas devenir propriétaire et c'est regrettable. Selon une étude européenne, plus de 80% des locataires n'ont pas suffisamment de fonds propres pour acheter un bien immobilier. Sans une aide extérieure, il faut près de 18 ans pour rassembler les fonds propres nécessaires. Ce qui est extrêmement long. Ce n'est donc pas le remboursement du crédit qui pose problème mais bien ces fonds propres. Grâce à notre méthodologie et à notre apport financier, le crédit est obtenu plus facilement et il est possible d'acheter plus tôt et plus grand. L'idée est qu'on devienne un copropriétaire passif du bien pour une durée indéterminée. Le montant moyen de financement s'élève à 50.000 euros, ce qui entraîne une indemnité d'occupation de 145 euros. Les deux parties peuvent se retirer du deal quand elles le souhaitent et il n'y a pas de limite dans le temps pour l'indivision." Ajoutons que Byebyerent ne se définit pas comme une banque ni un organisme de crédit mais plutôt comme une société d'investissement immobilier. La start-up a levé 500.000 euros pour lancer les opérations. L'objectif est de réaliser une dizaine de transactions cette année, une centaine d'ici fin 2022 et d'atteindre les 2.000 transactions annuelles en vitesse de croisière. Une seconde levée de fonds auprès d'investisseurs institutionnels prévue d'ici peu permettra d'assurer la croissance. Reste que Byebyerent ne s'adresse pas non plus à tout le monde. Le client idéal doit être à l'aube de sa carrière (prometteuse, c'est encore mieux) ou s'engager dans l'achat d'un second bien. Les appartements sont privilégiés, de même que les grandes villes. Le particulier peut en sortir à tout moment, soit en rachetant la part de copropriété de Byebyerent, soit en décidant de revendre conjointement le bien dans le marché.