Le Brabant wallon poursuit sa profonde mutation. On le sait, la villa de plus de 450.000 euros, trop spacieuse, énergivore et disposant d'un grand jardin, n'a plus la cote. Les promoteurs se sont écartés de ce segment pour se concentrer essentiellement ces dernières années sur la promotion d'appartements. Les projets se multiplient d'ailleurs aux quatre coins de la province. Si bien que près de 10.000 unités sont dans le pipeline. Un phasage est toutefois bien évidemment prévu, histoire de ne pas assister à une suroffre sur le marché.
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Le Brabant wallon poursuit sa profonde mutation. On le sait, la villa de plus de 450.000 euros, trop spacieuse, énergivore et disposant d'un grand jardin, n'a plus la cote. Les promoteurs se sont écartés de ce segment pour se concentrer essentiellement ces dernières années sur la promotion d'appartements. Les projets se multiplient d'ailleurs aux quatre coins de la province. Si bien que près de 10.000 unités sont dans le pipeline. Un phasage est toutefois bien évidemment prévu, histoire de ne pas assister à une suroffre sur le marché. Cette situation permet en tout cas au bureau d'expertise de Crombrugghe & Partners, qui s'est penché sur le marché de l'appartement neuf, de disposer de suffisamment de matière pour analyser le marché et tirer quelques enseignements. Et ce à partir des 42 projets en cours de commercialisation lors de ce premier trimestre 2017, rassemblant 704 unités mises en vente. Si les prix n'ont que peu augmenté en un an (+ 1,5%), un bref regard dans le rétroviseur permet de mieux mesurer l'évolution du marché puisque les prix ont augmenté de 13,5 % par rapport à 2014 et de 15,5 % par rapport à 2013. Investir dans un appartement brabançon reste donc une (très) bonne affaire. Pour disposer du choix le plus large, il faut toujours se tourner du côté de Nivelles et de l'ouest de la province qui concentrent 40 % des projets. Les prix y sont aussi les plus intéressants du Brabant wallon, tournant en moyenne autour de 2.350 euros/m2. Le poids de Tubize (70 % du stock) dans cette analyse n'est bien évidemment pas étranger au fait de retrouver des prix aussi accessibles. Le pipeline de la Cité du Betchard, qui déborde, devrait encore accentuer cette tendance à l'avenir. Pour l'heure, on y retrouve des projets tels que Le Mirande (Delzelle Résidentiels) ou l'Espace Mondi, qui commercialise de beaux lofts. "La Ville de Nivelles reste, quant à elle, une réelle alternative à l'axe E411, où les prix sont bien plus élevés, relève Michaël Zapatero, consultant auprès du bureau de Crombrugghe & Partners. Notamment pour les Bruxellois. De nombreux projets sont dans le pipeline. Il faudra donc veiller à l'avenir à ne pas avoir un excès d'offre qui pourrait mener à une situation similaire à celle que l'on a connu à Gembloux, avec une influence négative sur le marché." Parmi les principaux projets nivellois, citons le Coparty Gardens (Besix Red), le Domaine de Cromwell (Thomas & Piron) ou encore le Petit Baulers (Matexi). Une des principales tendances de ce baromètre est toutefois l'augmentation du nombre d'unités en cours de commercialisation dans les communes les plus chères du Brabant wallon. Les projets développés dans le district de Waterloo, à Lasne (Millésimes Argenteuil par le Groupe Loix) ou à Genval (Papeteries par Equilis) se rapprochent désormais doucement de la barre des 4.000 euros/m2, ce qui leur permet même de dépasser la moyenne des prix des communes du sud de Bruxelles. Le prix moyen d'un appartement de 80 m2 franchit pour la première fois la barre des 300.000 euros. Et vu que la taille moyenne des appartements brabançons est de 110 m2, comptez plutôt 410.000 euros pour mettre la main sur un appartement dans la région. Un peu plus loin, l'attractivité de Louvain-la-Neuve ne se dément pas, le projet haut de gamme Agora d'Eckelmans faussant toutefois quelque peu les statistiques. La plupart des projets se concentrent désormais à Mont-Saint-Guibert, qui devient une situation de repli de plus en plus intéressante à la cité universitaire. Les développements s'y multiplient (Jardins de l'Orne, Christ de Quewet, Résidence Cérès), à des prix inférieurs (2.600 à 3.000 euros/m2). Et ce d'autant que les prix y sont en recul constant depuis trois ans. Un élément surprenant. Pour le reste, notons que le stock se stabilise à Wavre et que les prix y sont en légère hausse. La cité du Maca ne parvient toutefois pas à rebondir, souffrant d'un centre-ville en perte de vitesse et d'une ligne ferroviaire qui ne figure pas sur l'axeBruxelles-Namur. Quelques beaux projets devraient toutefois sortir de terre dans les prochains mois, ce qui pourrait dynamiser le marché. Pour l'heure, le projet Green, la première phase du lotissement du Champ Sainte-Anne (Matexi), est l'un des uniques projets en cours de commercialisation. Et comme il agit comme produit d'appel, ses prix (2.600 euros/m2) sont inférieurs au prix du marché. Enfin, dans l'Est de la province, les projets d'appartements ne sont pas légion. La quatre façades gardant encore ses aficionados. Relevons seulement trois projets à Grez-Doiceau avec Les Terrasses de Grez, le Domaine des Vallées (Immobel et Thomas &Piron) et le Domaine des Près. Matexi s'extirpe enfin des affres urbanistiques dans lesquelles il était englué pour pouvoir développer son projet mixte situé à la Maladrerie, sur un terrain de 9,6 ha à quelques pas du centre de Jodoigne. Il compte y aménager 350 logements (dont deux tiers d'appartements). Les permis d'urbanisme seront déposés dans les prochaines semaines. Les travaux devraient débuter en 2018 alors que les premiers habitants devraient s'y installer un an plus tard. "Le projet Belle Vallée accueillera aussi une polyclinique de manière à y créer un vrai pôle santé, explique Corine Buffoni, directrice de Matexi Brabant wallon. C'est un projet majeur pour l'Est du Brabant wallon."Xavier Attout