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TRENDS-TENDANCES. Les promoteurs immobiliers vont-ils devoir changer leurs habitudes en matière de démolition-reconstruction? BETY WAKNINE. Ils vont en tout cas devoir davantage étudier la question et justifier toute démolition via une analyse multicritères. C'est une nouveauté. Elle s'inscrit dans nos lignes de conduite en matière d'immobilier durable. Comment cela va-t-il se concrétiser sur le terrain? Nous allons suggérer cette étude pour tous les projets où la question de la démolition se pose, notamment dans le cadre des évaluations des incidences ou lors de discussions liées aux réunions de projets. Il est en effet important d'étudier les différents aspects d'un bâtiment avant de le démolir. Et il n'y a pas que le volet patrimonial qui intervient. Trop de bâtiments ont été démolis un peu trop rapidement par le passé, par facilité. Il est désormais important de se poser davantage la question de la rénovation. Dans certains cas, c'est impossible. Mais il existe une multitude de demandes de permis où il est intéressant d'avoir une autre approche. Quant aux petits projets, nous encourageons encore plus les rénovations. Cette posture sera-t-elle intégrée dans un règlement? Ce serait idéal mais, actuellement, il s'agit avant tout d'une ligne de conduite que je défends suite à mon arrivée à la tête d'urban.brussels, dans l'idée de déployer un meilleur urbanisme pour Bruxelles. Cette question doit dorénavant être étudiée par les demandeurs de permis. Dans le même ordre d'idées, je précise que la question de l'adaptabilité des immeubles se pose également pour les nouveaux projets. Justement afin d'éviter qu'à l'avenir leur démolition soit nécessaire. Ce critère pourrait très certainement être intégré dans les futures réglementations. Y-a-t-il des grands projets qui ont déjà été concernés par cette étude multicritères et qui ont dû changer leur fusil d'épaule? Oui, il y a déjà eu des projets dont l'intention initiale du promoteur était une démolition/reconstruction et où après discussions avec les autorités, la démolition a été abandonnée et le bâtiment a été maintenu. Mais je ne vais pas donner de noms. Le taux de TVA pour les démolitions/reconstructions est passé de 21 à 6%. Cette décision peut-elle rendre votre stratégie plus complexe? Cet aspect n'intervient pas dans notre appréciation. Cependant, cela paraît inévitable, certains communes bruxelloises appliquaient déjà ce taux depuis longtemps et on a pu constater que dans ces communes, les projets de démolition/reconstruction étaient plus fréquents.