Séduire. Envoyer du rêve. Rendre vivant. Les trois leitmotivs d'Asymetrie, PME wallonne de 16 personnes basée à Beaumont (Hainaut), qui met aujourd'hui en image quelques-uns des plus importants projets immobiliers belges. Que ce soit Rive Gauche, la caserne des pompiers et le Left Side Business Park à Charleroi, la maison communale d'Etterbeek ou encore l'ambassade belge à Kinshasa. Une belle aventure pour cette petite société fondée en 2006 par Xavier Vanabelle et spécialisée dans la création numérique en architecture. " Notre métier est assez simple et relativement unique : il s'agit de séduire par l'image pour faire accepter un projet, explique ce diplômé en architecture originaire de Tournai. Que ce soit des services administratifs pour obtenir un permis ou des candidats acquéreurs pour acheter un appartement. Le poids de l'image est capital aujourd'hui. Nous rassemblons deux métiers distincts en un : l'architecture et l'infographie, ce qui fait notre spécificité. "
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Séduire. Envoyer du rêve. Rendre vivant. Les trois leitmotivs d'Asymetrie, PME wallonne de 16 personnes basée à Beaumont (Hainaut), qui met aujourd'hui en image quelques-uns des plus importants projets immobiliers belges. Que ce soit Rive Gauche, la caserne des pompiers et le Left Side Business Park à Charleroi, la maison communale d'Etterbeek ou encore l'ambassade belge à Kinshasa. Une belle aventure pour cette petite société fondée en 2006 par Xavier Vanabelle et spécialisée dans la création numérique en architecture. " Notre métier est assez simple et relativement unique : il s'agit de séduire par l'image pour faire accepter un projet, explique ce diplômé en architecture originaire de Tournai. Que ce soit des services administratifs pour obtenir un permis ou des candidats acquéreurs pour acheter un appartement. Le poids de l'image est capital aujourd'hui. Nous rassemblons deux métiers distincts en un : l'architecture et l'infographie, ce qui fait notre spécificité. " Le parcours de Xavier Vanabelle a suivi une courbe assez classique : études d'architecture à Tournai (finies en 1999), stage dans un bureau d'archi (Atelier Matador) et lancement de son propre bureau deux ans plus tard. Sauf qu'au moment de se lancer seul, il a effectué un virage à 180 degrés. Exit l'architecture pure et dure pour s'orienter vers l'imagerie 3D. Il faut dire que son mémoire de fin d'études avait déjà donné quelques enseignements sur l'orientation qu'il prendrait : ce Tournaisien a entièrement modélisé en 3D le Musée des Beaux-Arts dessiné par Victor Horta, ce qui avait, à l'époque, impressionné le jury. " J'ai commencé à travailler pour mes premiers clients en 2000, explique-t-il. Il s'agissait essentiellement de promotion immobilière, avec des visuels d'esquisses ou de permis. Ceux que les bureaux d'architecture n'ont ni le temps, ni l'envie de produire. L'idée était de valoriser leur projet. L'objectif était, et est toujours, de posséder une longueur d'avance sur le plan technologique. Sans quoi les bureaux d'architecture peuvent internaliser ce que nous proposons. " Les années se succèdent. Les galères également. Avant de passer à la vitesse supérieure en 2007. L'architecte Philippe Samyn lui fait confiance. Thomas & Piron, Matexi et Les Maisons Blavier également. Les contrats s'enchaînent. " Mais le logiciel d'architecture SketchUp nous a alors fait beaucoup de mal puisque les bureaux d'architecture pouvaient produire les images que nous réalisions. Nous avons perdu de nombreux clients à cette époque. Il a fallu se réinventer. Il y avait également un souhait de l'équipe d'abandonner la promotion et de se tourner vers les concours d'architecture. La création y est beaucoup plus riche. Et on peut y apporter une vraie valeur ajoutée. " Les soirées cannoises du Mipim ont fait le reste, permettant de multiplier les contacts et de décrocher quelques contrats d'envergure. De quoi lancer Asymetrie dans la cour des grands. La société se partage aujourd'hui le gâteau wallon avec Miysis (Liège). " Mais il y a de la place pour tout le monde, souligne Xavier Vanabelle. Même si cela évolue, les promoteurs n'ont pas encore suffisamment pris conscience de la valeur d'une image ou d'une vidéo de qualité. Avec un film d'animation d'une minute, on peut faire des miracles et séduire beaucoup de monde. " Les promoteurs peuvent, semble-il, être classés en trois catégories : ceux qui ont compris l'atout d'une image, ceux qui l'ignorent et ceux qui rechignent encore à réaliser une telle dépense. En moyenne, le coût d'une image varie entre 350 et 600 euros. Et entre 3.000 et 6.000 euros pour un film de 90 secondes. La plupart des promoteurs qui sont séduits par la démarche optent pour la formule alliant visuels et film. Soit près de 10.000 euros pour un projet global. " Le but n'est pas de tricher sur une image ou d'enjoliver un projet, explique Xavier Vanabelle, qui travaille sur 400 dossiers par an, 1.800 visuels et a affiché en 2017 un chiffre d'affaires de 750.000 euros. Ce qui, au final, desservirait tout le monde. La principale motivation est de rendre réel quelque chose de fictif, de donner vie aux projets. L'image, c'est indéniable, est un accélérateur de vente. Ce qui est bien évidemment intéressant pour nous. Tout se joue dans les 20 premières secondes d'un film, le client doit être directement bluffé. " Asymetrie a acquis au fil du temps une certaine expérience en la matière. Un dossier peut donc même se concrétiser en quelques contacts, avec un simple coup de téléphone et l'une ou l'autre image de synthèse. " Trente-cinq PC tournent en permanence pour produire ces images. Cette infrastructure importante est nécessaire. Il faut 30 minutes pour produire une image et une seconde de film compte 25 images. Calculez le temps que cela prend. Un film de 90 secondes prendrait trois mois. Ici, grâce à nos PC, nous arrivons à réduire ce laps de temps à une semaine. " Asymetrie est aujourd'hui une société en pleine croissance. L'équipe est composée de quatre architectes et de 12 infographistes. Basée à Beaumont, elle envisage de créer dans les prochains mois une seconde antenne à Charleroi. " Mais l'infrastructure que nous possédons est difficilement déplaçable, précise Xavier Vanabelle. Il s'agirait donc de missions complémentaires. L'objectif n'est pas de faire exploser le chiffre d'affaires à tout prix. Nous voulons avant tout prendre du plaisir, tout en étant rentables bien évidemment. Je ne crois pas vraiment au développement de la réalité augmentée, qui reste l'apanage de start-up. Je crois par contre davantage dans le développement d'applications tactiles. A l'avenir, il faudra créer des interactions avec les utilisateurs. Il pourra se balader là où il le désire dans le projet. " L'avenir d'Asymetrie ne s'écrira toutefois plus uniquement avec le monde immobilier. Une diversification des activités est actuellement en cours avec une ouverture vers les petites PME. De quoi leur offrir une communication visuelle plus adaptée à leurs besoins. " L'immobilier reste bien évidemment notre core business mais il est opportun, vu notre expertise, d'offrir de nouvelles solutions aux entreprises dont la communication visuelle est déficiente, conclut l'entrepreneur. Ce sera un de nos chantiers de 2019. "