Il y a d'abord la ligne. Intemporelle. De jolies courbes. Des finitions impeccables. Une classe certaine. Et un nouveau logo, placé près des capteurs. Une signature qui parle à tous les passionnés de photographie haut de gamme. Lancé il y a 8 ans avec le pari de devenir "l'iPhone des smartphones Android", le fabricant OnePlus vient de signer un partenariat de 3 ans à 150 millions de dollars avec l'artisan suédois Hasselblad, spécialiste absolu des appareils photo moyen-format.
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Il y a d'abord la ligne. Intemporelle. De jolies courbes. Des finitions impeccables. Une classe certaine. Et un nouveau logo, placé près des capteurs. Une signature qui parle à tous les passionnés de photographie haut de gamme. Lancé il y a 8 ans avec le pari de devenir "l'iPhone des smartphones Android", le fabricant OnePlus vient de signer un partenariat de 3 ans à 150 millions de dollars avec l'artisan suédois Hasselblad, spécialiste absolu des appareils photo moyen-format. La marque suédoise, mythique chez les professionnels, est à la photographie ce qu'une Rolls Royce est à la route. Une stature, un savoir-faire, une icône. C'est un appareil Hasselblad qui a immortalisé le premier pas de l'homme sur la lune. C'est aussi à l'entreprise de Göteborg que l'on doit le célèbre cliché des Beatles traversant "Abbey Road". Après avoir marqué l'histoire de la photographie avec ses boîtiers 6 × 6 argentiques, la marque se réinvente avec des appareils toujours aussi chers, et essentiellement taillés pour les pros, mais d'une précision absolue. Et depuis que le chinois DJI, numéro un mondial des drones, est entré dans son capital, Hasselblad s'ouvre un peu plus au grand public en mettant l'accent sur la photographie aérienne. Avec, toujours, la même philosophie que celle du fondateur de l'entreprise, Victor Hasselblad : faire mieux que très bien. Un mariage de raisonMais alors, pourquoi se rapprocher du fabricant chinois OnePlus ? Le pari est risqué. Alors que le marché des smartphones traverse une mauvaise passe, un des seuls leviers pour se démarquer reste la qualité du son et des photos. Dans le secteur, les alliances se multiplient : Sony et Nokia travaillent depuis des années avec les optiques Zeiss, Huawei a fait exploser ses ventes grâce à sa collaboration avec l'allemand Leica. En se rapprochant d'un des derniers orfèvres européens de la photographie, OnePlus décroche le Graal. Un savoir-faire capable d'asseoir sa crédibilité internationale.Que vaut le nouveau flagship de OnePlus ?Derrière l'apparat, l'appareil. Et ses caractéristiques techniques tonitruantes. Une puce Qualcomm Snapdragon 888 - la plus rapide du marché -, 8 à 12 Go de RAM, une technologie de charge ultrarapide (65 W en filaire et 50 W sans fil) et, pour couronner le tout, la surcouche OxygenOS. Sans doute le système d'exploitation le plus fluide et le plus 'user friendly' sur smartphones Android. Avec quelques fonctionnalités géniales comme les raccourcis par gestes : il suffit, par exemple, de dessiner la lettre "O" pour allumer la lampe torche lorsque l'écran est éteint ou un "S" pour lancer Spotify... Pratique et paramétrable à souhaits. Le OnePlus 9 Pro se démarque aussi par son écran Fluid Display 2.0 QHD+ AMOLED. Extrêmement agréable à l'oeil, il prend en charge la profondeur de couleurs 10-bit, ce qui lui permet d'afficher plus d'un milliard de couleurs. Compatible HDR10+, il offre une luminosité maximale de 1300 nits. Mais l'amélioration la plus importante de cette nouvelle génération d'écran est la technologie LTPO. Celle-ci permet à l'écran d'ajuster dynamiquement le taux de rafraîchissement en fonction du contenu visionné. Et dans ce domaine, le smartphone de OnePlus pulvérise littéralement la concurrence avec un taux de rafraîchissement adaptatif de 1 Hz à 120 Hz. OnePlus annonce que cet écran serait 50 % plus économe en énergie que la génération précédente.Une expérience photo amélioréePour le reste, tout est dans le détail, la précision. Le OnePlus 9 pro embarque un solide capteur frontal Sony de 16 Mpx et un quadruple capteur arrière : un capteur principal Sony IMX789 de 48 Mpx (qui ouvre à f/1.8), un ultra grand angle Sony IMX766 de 50 Mpx (ouverture à f/2.2), un téléobjectif de 8 Mpx (ouverture à f/2.4) et, pour l'amélioration des contrastes, un capteur monochrome de 2 Mpx. À l'usage, le contraste et les couleurs, ultra réalistes, bénéficient de la quantité d'informations reçues. Les clichés sont beaux, raffinés. En mode portrait, l'effet de profondeur est aussi bluffant que sur un appareil reflex. Le OnePlus 9 Pro simplifie, aussi, son fonctionnement avec un menu plus ergonomique aux couleurs d'Hasselblad, de nouvelles fonctionnalités (comme le mode 'tilt shift' pour des paysages miniatures) et des astuces en temps réel pour faciliter la prise de vue : par exemple, le viseur électronique affiche des conseils pour améliorer non seulement le cadrage, mais aussi la netteté. En plus d'un mode "professionnel" qui permet de photographier au format RAW 12-bit et d'ajuster manuellement l'ISO, le temps d'exposition, l'ouverture ou la balance des blancs, on apprécie particulièrement la fonction UltraShot HDR. L'idée ? Superposer plusieurs cadres pour obtenir une photo optimale en termes d'exposition, de netteté et de composition. Tests à l'appui, le OnePlus 9 Pro par exemple de pouvoir prendre une photo de la voie lactée à main levée : plusieurs photos sont prises surexposées puis sous exposées et sont ensuite recomposées dans une seule image. De quoi faire rêver.Notre verdictLe OnePlus 9 Pro, même s'il marque une rupture avec les produits historiques de la marque suédoise, illustre la nouvelle orientation du constructeur de smartphones chinois. Devancer ses concurrents, à tout prix, dans le domaine de la "photophonie". Il faudra sans doute un peu de patience pour ceux qui ont goûté au vrai moyen format de voir toute l'étendue du savoir-faire d'Hasselblad transposée dans un smartphone, mais ce 9 Pro est une belle promesse. Commercialisé à 999 euros dans sa version 12 Go + 256 Go, il est destiné à appréhender la photo autrement. Pour le plaisir et la qualité avant tout.Rafal Naczyk