Parmi les start-up bruxelloises en vue, Wooclap trace progressivement son chemin. La jeune pousse, qui a mis au point une plateforme permettant aux professeurs d'interagir numériquement avec leurs étudiants par le mobile, publie aujourd'hui quelques chiffres sur ses utilisateurs. Cinq mois à peine après sa levée de fonds de 1,4 million d'euros, Wooclap annonce avoir atteint les 100.000 professeurs/formateurs utilisateurs, dans une centaine de pays.

Mais que regroupe exactement ce chiffre et qu'est-ce que cela représente pour le business de Wooclap ?

La start-up propose une solution en ligne (façon "software as a service") que les profs peuvent utiliser auprès de leur audience. Parfois, la start-up noue des deals payants avec des universités qui mettent la plateforme à disposition de l'ensemble de leurs profs. Wooclap affiche de grands noms comme l'UCL, l'ULB en Belgique mais aussi, en France, L'Ecole Polytechnique, l'Université Paris-Dauphine, l'ENA, etc. Ces dernières paient une licence globale en fonction du nombre de profs qui l'utiliseront.

Dans d'autres cas, les professeurs ou formateurs peuvent s'inscrire individuellement et, s'ils veulent s'adresser à plus de 30 utilisateurs/étudiants, ils doivent s'acquitter d'un abonnement de 300 euros par an. S'ils se limitent à 30 participants, ils peuvent utiliser gratuitement les fonctionnalités (modèle du freemium). Par ailleurs, Wooclap offre gratuitement l'utilisation de sa plateforme aux professeurs du primaire et du secondaire.

Le chiffre de 100.000 utilisateurs représente bien le nombre des "inscriptions", donc les professeurs qui ont créé un profil. Mais cela regroupe à la fois les utilisateurs qui l'utilisent très régulièrement et ceux qui n'auraient donné qu'une seule conférence en s'appuyant sur Wooclap, sans plus revenir. Sebastien Lebbe, co-fondateur et CEO de Wooclap, ne dévoile pas la proportion des utilisateurs très réguliers ou la proposition d'utilisateurs payants/gratuits sur sa plateforme.

En général, les spécialistes estiment qu'un modèles "SAAS" grand public qui fonctionne bien tourne à environ 4 % de conversion (pour un Dropbox par exemple). Mais Wooclap a la particularité de fonctionne majoritairement via des contrats globaux avec les universités et cela change la donne. Le prix par utilisateur est forcément moins élevé que 25€/mois. Mais cela augmente le nombre d'inscrits payants. On peut chiffrer, selon nos propres estimations, à environ 30% le nombre de profs sur la plateforme qui sont couverts par un abonnement, soit 30.000.

Reste qu'atteindre le chiffre de 100.000 inscrits témoigne d'une belle croissance : en janvier 2019, Wooclap revendiquait 60.000 professeurs/formateurs inscrits. "Et on enregistre entre 400 et 500 nouveaux profs par jour", assure Sébastien Lebbe. Lequel insiste : "nous étions rentables en 2018 !".

Cette année, Wooclap compte investir pour accélérer son développement à l'international. Pour cela, elle s'appuie sur sa levée de fonds à 1,4 million d'euros en début d'année auprès, notamment, du CEO du groupe Adeco, Alain Dehaze, de l'ancien boss de Delhaize, Pierre-Olivier Beckers, et d'autres business angels. Du coup, Sebastien Lebbe s'attend à communiquer, "en fin d'année, une très grosse croissance du nombre d'inscrits."