Chrome n'est pas simplement le navigateur web le plus utilisé en Belgique (59,24 % en juillet dernier, selon le compteur de visites StatCounter), c'est aussi désormais un système d'exploitation qui équipe des ordinateurs portables, développé depuis 2011 par Google sous la marque Chrome OS (Chrome Operating System).
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Chrome n'est pas simplement le navigateur web le plus utilisé en Belgique (59,24 % en juillet dernier, selon le compteur de visites StatCounter), c'est aussi désormais un système d'exploitation qui équipe des ordinateurs portables, développé depuis 2011 par Google sous la marque Chrome OS (Chrome Operating System). Sa particularité ? La plupart des applications et leurs données sont stockées dans le cloud, nécessitant des processeurs et des espaces de stockage moins puissants. Avec comme avantages des appareils légers, plus abordables, dont l'autonomie s'avère parfois spectaculaire. Cette année, il devrait se vendre un total de 20 millions de machines Chromebook dans le monde, selon des données collectées en mai par le portail Statista, soit une spectaculaire augmentation de 19% par rapport à 2019, notamment portée par son succès dans l'univers de l'enseignement. Pour l'analyste Thomas Alsop, rien d'étonnant à cela : "L'impact du coronavirus s'est clairement fait sentir dans le monde de l'enseignement, où l'apprentissage à distance a joué en faveur du Chromebook, taillé pour cela". Un marché sur lequel Google est désormais leader en Amérique du Nord, au nez et à la barbe d'Apple et Microsoft. En dehors de cette niche, la part de Chrome OS est encore marginale : StatCounter crédite le système de Google de 0,67% du marché des ordinateurs personnels, loin derrière Linux (1,85%), macOS (17,07%) et... Windows 77,74%. Pour l'instant. Le lancement en Belgique était prévu au printemps dernier. Enjeu stratégique, il a été reporté à la rentrée de septembre. Pourtant, sa disponibilité était déjà effective depuis plusieurs années, notamment auprès d'enseignes internationales comme Coolblue, Fnac et Mediamarkt. "Ce qui change, c'est que les modèles que nous mettons sur le marché sont désormais adaptés à la Belgique, notamment au niveau du clavier", explique Alex Grotz, business lead Benelux chez Google.La cible ? Le grand public, les écoles et pourquoi pas les TPE/PME : "Au départ, l'éducation était la cible n° 1. En dehors des Etats-Unis, on peut citer plusieurs marchés européens où Chrome OS a pris la tête dans les écoles : la Suède, les Pays-Bas et l'Espagne. Notre ambition est aujourd'hui beaucoup plus large". Pour y arriver, pas de grande campagne marketing, mais une sensibilisation de choc auprès des revendeurs, dont la Fnac, Bol.com et Vandenborre. Google reconnaît que le circuit de distribution manque aujourd'hui encore de formation pour mieux comprendre son produit... et donc le vendre. Pourquoi ce lancement maintenant ? "Nous pensons que le timing est bon, car Android n'a jamais été aussi populaire en Belgique. Le Chromebook tend à reproduire cet environnement familier d'applications. Certains modèles de Chromebook sont d'ailleurs tactiles", précise Alex Grotz. Google a noué des partenariats avec Acer, Asus, HP et Lenovo pour des ordinateurs allant de 299 à environ 500 euros, avec une présence plus remarquée dans les points de vente. Un tarif particulièrement agressif face aux équivalents sous Windows 10 et à l'écosystème Apple (Mac et iPad). Les débuts de Chrome OS furent chaotiques : les machines nécessitaient une connexion constante à Internet du fait de leur dépendance au cloud. Aujourd'hui, Chrome OS est capable de faire tourner des sites et services hors ligne. Mieux : il est possible de puiser dans l'immense logithèque du Play Store pour y faire tourner des applica- tions Android : d'Instagram à Spotify en passant par Photoshop et vos logiciels bancaires. La clé du succès : un compte Google suffit pour retrouver l'ensemble de son environnement, ses applications Android, son calendrier, ses photos, ses e-mails, transposés sans effort d'un terminal à l'autre. Là où les ordinateurs portables classiques perdent en autonomie et en puissance au fil du temps, le Chromebook entre dans un cercle plus vertueux : la machine démarre en cinq secondes et ses mises à jour sont quasi invisibles, à l'image du navigateur Chrome. Elles ne nécessitent pas une extinction longue de l'ordinateur (elles se font en arrière-plan). La sécurité du système n'a jusqu'ici pas été compromise et, selon Google, la machine s'améliore : de nouvelles fonctions arrivent à chaque mise à jour et la batterie s'optimise petit à petit. "Il n'est pas rare de voir une autonomie annoncée de 8 heures qui se transforme en 11 ou 12 au fil des semaines", avance Alex Grotz. D'autres couches de compatibilité en font un ordinateur universel particulièrement attractif vu son prix, notamment auprès des développeurs. Ainsi, il est possible d'installer des applications Linux comme LibreOffice ou The Gimp. Pour du calcul intensif, du graphisme réaliste ou des jeux en immersion, mieux vaut toutefois à l'heure actuelle rester sous pavillon Apple ou Microsoft. Quant aux portes des entreprises, elles ne semblent plus très éloignées pour un écosystème initié au tournant de la dernière décennie. Ainsi, outre le Play Store, ce sont les applications Windows qui pourront s'exécuter sur Chrome OS dans le programme Chrome Enterprise d'ici la fin de l'année. Des applications sensibles complètes comme Microsoft Office s'installeront d'office et il ne sera plus nécessaire d'avoir recours à la version Android. Des entreprises comme Veolia ont déjà entamé le changement : l'ordinateur personnel des collaborateurs est remplacé depuis 2018 par des machines Acer, Asus et HP tournant sous Chrome OS. Une migration de poids, représentant désormais 125.000 postes de travail. Même mouvement depuis 2019 chez Decathlon : les clients légers connectés au serveur TSE Windows ont laissé place au couple Android (smartphone) et Chrome OS (ordinateur) ; 5.000 Chromebook ont déjà été déployés dans ses magasins en France et ailleurs dans le monde. A présent, Google compte s'attaquer au reste du marché et pourrait bien trouver un moyen d'entrer aussi... dans votre entreprise.