Un nouveau Facebook en Région wallonne ? L'espoir fait vivre. Et comme nombre de régions, la Wallonie place beaucoup d'espoir dans les start-up où elle espère trouver son renouveau. Le pari ? Que l'une ou l'autre des jeunes pousses innovantes qui se lancent actuellement dans le numérique explose littéralement au point de devenir un géant, créant valeur et emplois. Mais c'est peut-être aussi l'espoir (plus probable ? ) d'une multitude de petites PME innovantes qui tournent bien et donnent du travail à quelques salariés. Mais pour y parvenir, c'est la course, car dans le tsunami numérique qui déferle sur le monde, il y a souvent une prime au premier ou au grand vainqueur, selon l'adage bien connu winner takes it all. Et toutes les régions du monde essaient tant bien que mal de s'insérer dans le sillon creusé par la Silicon Valley que tous prennent en exemple de réussite numérique.
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Un nouveau Facebook en Région wallonne ? L'espoir fait vivre. Et comme nombre de régions, la Wallonie place beaucoup d'espoir dans les start-up où elle espère trouver son renouveau. Le pari ? Que l'une ou l'autre des jeunes pousses innovantes qui se lancent actuellement dans le numérique explose littéralement au point de devenir un géant, créant valeur et emplois. Mais c'est peut-être aussi l'espoir (plus probable ? ) d'une multitude de petites PME innovantes qui tournent bien et donnent du travail à quelques salariés. Mais pour y parvenir, c'est la course, car dans le tsunami numérique qui déferle sur le monde, il y a souvent une prime au premier ou au grand vainqueur, selon l'adage bien connu winner takes it all. Et toutes les régions du monde essaient tant bien que mal de s'insérer dans le sillon creusé par la Silicon Valley que tous prennent en exemple de réussite numérique. Nos voisins français s'organisent pour devenir une start-up nation en regroupant leurs forces et en structurant leur démarche derrière le label French Tech. Et nos voisins flamands, quant à eux, fourmillent d'idées pour faire rayonner et croître leurs pépites au niveau mondial. Pour l'instant, ils en comptent quelques-unes vers lesquelles tous les regards se portent : Showpad, Teamleader, Sentiance pour n'en citer que quelques-unes. La Wallonie, de son côté, attend encore ses stars. Et certains observateurs ont tendance à s'impatienter. Mais les instances qui encadrent l'élan start-up en Wallonie, Digital Wallonia, viennent de réaliser leur premier baromètre des start-up numériques du sud du pays, en collaboration avec Startups.be, en vue de " dresser un portrait global de l'écosystème des start-up wallonnes du secteur du numérique, de leur parcours, de leurs caractéristiques et de leurs fondateurs ". Obtenu en exclusivité par Trends-Tendances, le baromètre se base sur une étude menée au premier semestre de 2017 sur la base d'une analyse de quelque 300 jeunes pousses du numérique recensées en Wallonie, complétée par des enquêtes qualitatives et quantitatives. Voici les principaux apprentissages issus de ce baromètre. Sans grande surprise, les start-up wallonnes se trouvent majoritairement aux portes de Bruxelles, dans le Brabant wallon. On y trouve 44 % des 300 start-up du numérique. Deux zones attirent le plus grand nombre de jeunes pousses. D'abord, Louvain-la-Neuve où l'UCL a notamment permis la création de spin-off, comme Youmeal, GetSmily, Tessares, etc. Selon le Louvain Technology Transfer Office (LTTO), l'UCL peut revendiquer quelque 72 spin-off créées entre 1996 et aujourd'hui, dont 62 encore en activité. Autre zone populaire dans le Brabant wallon pour les jeunes pousses ? Mont-Saint-Guibert où s'était installé l'incubateur Nest'Up et où l'on trouve, dans l'Axis Parc, une multitude d'acteurs du numérique. L'autre gros pôle de start-up en Wallonie, c'est la province de Liège (30%). La Cité ardente devient, en effet, de plus en plus active pour attirer et faire émerger les jeunes pousses. L'accélérateur Leansquare devient l'un des incontournables de la région et sans doute l'une des structures qui assure le plus la promo de " ses " boîtes. Il a déjà investi dans 34 projets sur lesquels il communique largement : Bloomlife, Opp, Musimap, Preesales, Made and More, etc. C'est aussi en région liégeoise, à Seraing, que l'on trouve l'écosystème The Faktory, la structure fondée par Pierre Lhoest (EVS), qui encadre notamment Abrakam, AirboxLab, Fleye, ePeas et qui a revendu, cet été, Riiot Lab. Sans oublier le Venturelab, structure destinée à susciter les vocations start-up chez les étudiants liégeois et d'où émanent Letsgocity, 4Senses, Hytchers, etc. Si ce sont les jeunes pousses orientées vers le grand public qui attirent généralement le plus les regards, la Wallonie compte toutefois, à 65 %, des start-up actives dans le B to B. Ce qui semble une bonne chose. Pour André Blavier, manager de Digital Wallonia et expert à l'Agence du numérique, " on fantasme généralement sur des entreprises comme Facebook ou Spotify mais, fondamentalement, il y a du business à faire dans le B to B ". D'ailleurs, ce secteur se révèle souvent moins risqué. Les entreprises sont généralement prêtes à s'engager sur des contrats récurrents et à ouvrir leur portefeuille alors que le consommateur, plus volatil dans de nombreux cas, aime les produits gratuits ou peu chers et ne s'engage pas systématiquement dans des abonnements. Au niveau des secteurs, la santé regroupe un nombre non négligeable de start-up d'après le baromètre de Digital Wallonia. Sans doute parce que, " la Wallonie se distingue par son expertise et sa capacité d'innovation dans le domaine des biotechnologies et des sciences du vivant ", insiste le baromètre. C'est pour cela que l'on dénombrerait pas moins d'une quarantaine de jeunes pousses dans l'e-santé, essentiellement les softwares et les instruments médicaux numériques. Ensuite, viennent les secteurs du commerce (système d'analyse et d'aides de gestion). Le jeu et la finance alignent, eux aussi, un certain nombre de start-up en Wallonie. On trouverait, dans ces deux domaines, pas moins d'une vingtaine de jeunes pousses innovantes. Si cela ne semble pas beaucoup, dans l'absolu, Thibaut Claes, l'auteur du baromètre pour Startups.be, soutient néanmoins qu'on " s'approche de 10 % du nombre total des start-up ce qui n'est pas négligeable ". Le premier baromètre Digital Wallonia ne se plonge (malheureusement) pas dans les finances des 300 jeunes pousses du numérique recensées. Il n'est donc pas possible de connaître le chiffre d'affaires total généré par ces entreprises innovantes. Ni de savoir la proportion de ces start-up qui afficheraient des comptes dans le vert. Néanmoins le baromètre analyse les questions de financement des start-up wallonnes. Il s'appuie sur une étude quantitative à laquelle 73 start-up ont répondu (" Sur 300 entreprises, c'est assez pour en tirer des conclusions ", nous précisent les auteurs du baromètre). Il en ressort que 78 % des start-up wallonnes sont financées avec moins de 500.000 euros en capital. Que 25 % des fondateurs de start-up en Wallonie n'ont jamais fait appel à du financement extérieur pour commencer ou développer leur entreprise. Ou encore que 28 % affirment avoir fait appel à des fonds publics, majoritairement en co-investissement avec des financement privés. " Contrairement à une idée reçue d'un soutien quasi généralisé par le secteur public, un tiers des start-up interrogées et soutenues par un investisseur privé n'ont pas fait appel à un investisseur public ". Restent quand même les deux autres tiers... Il demeure, néanmoins, une problématique forte, selon André Blavier : trouver des fonds privés. Il semblerait encore difficile d'identifier, en Wallonie, les business angels et investisseurs privés pour les start-up. " Selon les start-up, notre région ne dispose pas encore d'un niveau de maturité numérique suffisant pour y trouver en nombre des investisseurs capables d'analyser correctement les dossiers et leur proposer l'expertise nécessaire ", enchaîne Thibaut Claes. Les zones géographiques où les start-up wallonnes sont actives sont, elles aussi, passées au crible du baromètre. Il en ressort plusieurs éléments sur le caractère international de ces entreprises. D'abord, lorsqu'elles sont présentes à l'étranger, c'est d'abord en France, en Espagne, en Italie puis aux Etats-Unis qu'elles installent des bureaux. Malheureusement, l'enquête ne mentionne pas de chiffres sur la présence étrangère : quelle proportion de start-up wallonnes disposent de présence à l'étranger ? Combien en France versus combien aux USA ou en Asie ? Une analyse des commentaires liés au baromètre pointe néanmoins un réel souci à ce niveau-là : on y lit, en effet, que " très peu de start-up optent pour l'ouverture de filiales (entités juridiques) dans un autre pays, sauf en France et aux Etats-Unis. Ce manque de présence physique à l'étranger est clairement perçu par les start-up wallonnes comme un handicap (...) car elles sont moins proches de leurs clients et moins informées des opportunités de business. " Par ailleurs, on découvre que 66 % des start-up disposent de clients à l'étranger, avec en tête de liste la France, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Ce n'est pas une grande surprise de voir que les jeunes pousses cherchent d'abord à faire du business dans les pays limitrophes (où l'on parle la même langue). Néanmoins, ce chiffre a de quoi interpeller. Il en ressort donc également que 34 % des start-up wallonnes n'ont pas de clients étrangers et qu'elles réalisent l'ensemble de leur business dans notre petit pays. " Il faut des connexions à l'international, insiste pourtant André Blavier. Trop de start-up restent sur leur marché domestique et restent dépendantes de l'offre locale. Il faut absolument un renforcement des activités vers l'étranger. "