La semaine passée encore, l'introduction du numérique à l'école en Wallonie faisait débat. Dans La DH, le président de l'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique s'emportait: " Il y a un vrai matraquage avec le numérique depuis plusieurs années. On veut nous faire croire que le numérique serait la panacée à tous les maux de l'enseignement. Je n'y crois pas du tout. Pour moi, c'est un outil parmi d'autres et ça doit le rester." Il s'opposait au projet de l'ASBL EducIT qui, en concertation avec plusieurs écoles, a lancé un projet pilote pour équiper chaque élève de 4e, 5e et 6e secondaire d'ordinateurs portables.

Un projet que le président de l'Aped (Appel pour une école démocratique) critiquait également dans La Libre, notamment sur base d'arguments... écologiques. "Avec le modèle 'un élève égale un ordinateur', on multiplie la demande en métaux rares. Il y a aussi un impact énergétique, notamment en termes d'émissions de CO2, qui est tout à fait direct", glissait-il. Et de préciser que "cet effet de mode que nous percevons autour du numérique [le] laisse sceptique".

Bien sûr, l'école belge francophone pourrait refuser de laisser entrer le numérique en son sein (même si ce n'est déjà plus le cas!) et se limiter à utiliser la craie, les cahiers et le stylo. Mais cela occulterait plusieurs réalités : d'abord, pas mal de jeunes ont déjà un smartphone dans leur poche ; ensuite, la mission de l'école n'est pas tant de bourrer le crâne de nos bambins de contenus que de leur ouvrir une fenêtre sur le monde et les préparer à y entrer. Or, le monde a déjà adopté le numérique.

Refuser, par posture ou idéologie, les outils digitaux au sein des écoles, c'est accepter de sacrifier une partie de nos jeunes en les laissant entrer dans le monde du travail moderne sans aptitudes numériques. Croire qu'un smartphone dans la poche suffit à les préparer au monde du travail est une erreur.

Les seconder dans leur usage numérique et adopter le meilleur de ces technologies pour leur permettre de mieux apprendre devrait être une priorité. Pour cela, les responsables de tous bords devraient se montrer ouverts, prêts à l'expérimentation et à la découverte, avides de (s')améliorer. Bref : adopter eux-mêmes l'attitude qu'ils exigent quotidiennement des élèves. Et donc, montrer l'exemple.

15,5 "Terminaux"

En Fédération Wallonie-Bruxelles, on ne compte que 15,5 ordinateurs ou tablettes pour 100 élèves dans l'enseignement secondaire (2017, source: Digital Wallonia).

La semaine passée encore, l'introduction du numérique à l'école en Wallonie faisait débat. Dans La DH, le président de l'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique s'emportait: " Il y a un vrai matraquage avec le numérique depuis plusieurs années. On veut nous faire croire que le numérique serait la panacée à tous les maux de l'enseignement. Je n'y crois pas du tout. Pour moi, c'est un outil parmi d'autres et ça doit le rester." Il s'opposait au projet de l'ASBL EducIT qui, en concertation avec plusieurs écoles, a lancé un projet pilote pour équiper chaque élève de 4e, 5e et 6e secondaire d'ordinateurs portables. Un projet que le président de l'Aped (Appel pour une école démocratique) critiquait également dans La Libre, notamment sur base d'arguments... écologiques. "Avec le modèle 'un élève égale un ordinateur', on multiplie la demande en métaux rares. Il y a aussi un impact énergétique, notamment en termes d'émissions de CO2, qui est tout à fait direct", glissait-il. Et de préciser que "cet effet de mode que nous percevons autour du numérique [le] laisse sceptique".Bien sûr, l'école belge francophone pourrait refuser de laisser entrer le numérique en son sein (même si ce n'est déjà plus le cas!) et se limiter à utiliser la craie, les cahiers et le stylo. Mais cela occulterait plusieurs réalités : d'abord, pas mal de jeunes ont déjà un smartphone dans leur poche ; ensuite, la mission de l'école n'est pas tant de bourrer le crâne de nos bambins de contenus que de leur ouvrir une fenêtre sur le monde et les préparer à y entrer. Or, le monde a déjà adopté le numérique. Refuser, par posture ou idéologie, les outils digitaux au sein des écoles, c'est accepter de sacrifier une partie de nos jeunes en les laissant entrer dans le monde du travail moderne sans aptitudes numériques. Croire qu'un smartphone dans la poche suffit à les préparer au monde du travail est une erreur.Les seconder dans leur usage numérique et adopter le meilleur de ces technologies pour leur permettre de mieux apprendre devrait être une priorité. Pour cela, les responsables de tous bords devraient se montrer ouverts, prêts à l'expérimentation et à la découverte, avides de (s')améliorer. Bref : adopter eux-mêmes l'attitude qu'ils exigent quotidiennement des élèves. Et donc, montrer l'exemple.