Google vient de mettre la main sur Webpass, une petite entreprise basée à San Francisco, qui nourrit de grandes ambitions. Créée en 2003, Webpass a développé un réseau de fibre optique dans cinq grandes villes américaines. La société, qui compte plusieurs dizaines de milliers de clients, tant résidentiels que professionnels, fournit de l'Internet à très haut débit, pouvant aller jusqu'à 1 Gb par seconde. Ce rachat est opéré par le géant du Net via sa filiale Google Fiber, qui déploie elle aussi de la fibre optique dans une série de villes américaines. Avec ...

Google vient de mettre la main sur Webpass, une petite entreprise basée à San Francisco, qui nourrit de grandes ambitions. Créée en 2003, Webpass a développé un réseau de fibre optique dans cinq grandes villes américaines. La société, qui compte plusieurs dizaines de milliers de clients, tant résidentiels que professionnels, fournit de l'Internet à très haut débit, pouvant aller jusqu'à 1 Gb par seconde. Ce rachat est opéré par le géant du Net via sa filiale Google Fiber, qui déploie elle aussi de la fibre optique dans une série de villes américaines. Avec Webpass, Google augmente l'empreinte de son réseau télécom aux Etats-Unis. Mais celui-ci reste évidemment très modeste par rapport aux opérateurs historiques, qui disposent d'une couverture nationale. Au-delà de l'extension de ce réseau terrestre, qui coûte très cher et qui prend du temps, l'intérêt de cette acquisition réside surtout dans la technologie sans fil utilisée par Webpass. La société teste une nouvelle forme d'antenne, baptisée pCell. Créée par l'entrepreneur à succès Steve Perlman, qui est notamment connu pour avoir développé pour Apple le logiciel QuickTime, cette petite antenne très facile à installer permettrait de faire transiter des flux importants de données pour un prix d'installation réduit. Si cette technologie confirme ses promesses, Google aurait la possibilité de déployer son propre réseau télécom à plus grande échelle. La multinationale pourrait ainsi s'affranchir des opérateurs télécoms, qui contrôlent aujourd'hui les infrastructures sur lesquelles transitent les énormes volumes de données échangés sur le Net via, notamment, les serveurs - de plus en plus gourmands en bande passante - de Google. La firme américaine, qui produit toujours l'essentiel de son chiffre d'affaires grâce aux énormes revenus publicitaires générés par son moteur de recherche, est encore loin de pouvoir rivaliser avec les opérateurs. Mais depuis quelques années, elle développe des initiatives visant à marcher sur leurs platebandes. Avec le projet Fi, lancé en 2015, Google est devenu un opérateur mobile virtuel aux Etats-Unis. Le projet Loon, en cours de développement au sein du laboratoire de recherche Google X, a quant à lui pour objectif de connecter le monde à Internet grâce à de gigantesques ballons flottant dans la stratosphère. Preuve que les réseaux télécoms intéressent les géants du Net, Facebook se positionne également. En partenariat avec Microsoft, le réseau social va tirer un câble sous-marin à très haut débit entre l'Europe et les Etats-Unis. Outre un projet d'antennes baptisé Aries, Facebook planche aussi sur le développement d'un réseau sans fil pour équiper les pays émergents, grâce à des satellites et des drones volant à ultra-haute altitude. Une nouvelle forme de concurrence se prépare sur le terrain des infrastructures télécoms.