"Ce que je fais en devenant CEO d'un de nos projets est totalement opposé à la philosophie et du concept d'eFounders" admet Thibaud Elzière amusé. Car le studio qu'il dirige avec Quentin Nickmans a pour objectif d'initier des projets qui seront ensuite portés par des CEO, débouchés pour les mener à bien et en faire des start-up à succès. eFounders affiche d'ailleurs 11 start-up dont pas mal en très forte croissance, 2 exits et 7 projets en cours...

Mais le projet Folk qui ambitionne de révolutionner la gestion des contacts "est un projet dans lequel je crois à mort, admet enthousiaste Thibaud Elzière. Folk a un potentiel gigantesque dans la vague de tous les outils de productivité. Aujourd'hui, la gestion des réseaux et des hommes est devenue un asset très important. Il faut les repenser et on a de bonnes idées."

S'il a décidé de porter lui-même ce projet et de ne pas le confier à un CEO trouvé pour l'occasion, ce n'est pas parce qu'il ne trouvait personne : "beaucoup de gens étaient intéressés mais je n'arrivais pas à leur pitcher correctement le projet." Pour Thibaud Elzière, endosser le rôle de CEO de Folk lui permettra de "se retrouver dans la peau d'un de mes CEO, s'amuse-t-il. Cela m'obligera à appliquer les conseils que j'ai l'habitude de leur prodiguer. Et cela me permettra aussi de me rapprocher des CEO des start-up eFounders parce que je vivrai les mêmes choses qu'eux. Sans compter que repasser par le processus de création de boite me donnera plein de nouvelles idées pour de futures start-up."

Mais le CEO ne quittera pas pour autant la direction du studio. "Avec l'expérience, je pense que je passerai un tiers de mon temps sur le projet Folk", estime Thibaud Elzière qui prévoit d'engager un "executive assistant" pour l'épauler dans ses tâches du quotidien de CEO.

Bien sûr, s'afficher comme CEO de Folk n'est pas non plus totalement anodin : de la sorte l'entrepreneur envoie un signal au microcosme de la tech quant aux ambitions de Folk et attire également l'attention sur cette start-up qu'il entend créer aux Etats-Unis. "Ce sera une boîte américaine, affirme-t-il. Ce sera mieux pour trouver des business angels là-bas". Son nom, déjà en vue et connu dans l'écosystème, permettra-t-il de trouver plus facilement des investisseurs ? "Peut-être, je ne sais pas, répond-il. Mais j'aime bien me mettre à risque, on verra." Glissant au passage "on verra bien s'il faut que je m'installe quelque temps aux Etats-Unis..."

L'appli Folk qui avait été développée comme un outil interne d'eFounders devrait lancée en beta pour le public d'ici un mois ou deux. Puis lèvera des fonds aux Etats-Unis dans la Silicon Valley...