Après le lancement du W.IN.G, vous aviez déjà annoncé relever les plafonds d'investissement jusqu'à 500.000 euros. Maintenant, vous grimper à 2,5 millions. Pourquoi cela ?
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Après le lancement du W.IN.G, vous aviez déjà annoncé relever les plafonds d'investissement jusqu'à 500.000 euros. Maintenant, vous grimper à 2,5 millions. Pourquoi cela ?Le fonds évolue, lui aussi, comme une start-up. Donc nous sommes agiles. Lorsque nous avons démarré, il n'était pas facile pour un jeune entrepreneur de trouver de l'argent pour démarrer son projet. Les business angels étaient encore frileux à l'idée d'investir dans des projets numériques, et les écosystèmes régionaux n'étaient pas aussi développés qu'aujourd'hui. Donc notre mission, c'était de soutenir les lancements de start-up. Nous étions un peu le Zip dans le barbecue. Aujourd'hui, on a mis le feu de façon positive à l'écosystème et il est devenu facile de trouver du financement entre 50.000 et 200.000 euros pour lancer un projet, tant du côté des business angels que des acteurs régionaux comme LeanSquare, Digital Attraxion, Digital BW, etc. Par contre, nous pensons que c'est moins facile pour les scale-up ( entreprise du numérique en phase de grosse croissance, Ndlr) et les entreprises qui cherchent à lever des fonds en " pré série A " ( avant le premier vrai tour de table, Ndlr). Voilà pourquoi nous augmentons les plafonds. Y a-t-il pour autant assez de scale-up en Wallonie pour envisager une nouvelle stratégie d'investissement ?C'est vrai que, pour le moment, il n'y a pas assez de dossiers de ce type, mais on commence à en rencontrer. De plus, le W.IN.G et la Société régionale d'investissement de Wallonie vont faire plus de bruit et faire connaître cette évolution à l'écosystème pour attirer plus de dossiers. Nous n'arrêtons pas le soutien aux jeunes start-up pour autant. Mais nous nous concentrons sur celles avec une forte valeur ajoutée technologique. Qu'entendez-vous exactement par "forte valeur ajoutée" ? Jusqu'ici, nous étions assez généralistes, mais comme de plus en plus d'acteurs régionaux soutiennent des projets généralistes, nous nous spécialisons. Et nous voulons soutenir des start-up qui ont mis une barrière à l'entrée, que ce soit avec une technologie forte, des brevets, de la propriété intellectuelle, un savoir-faire spécifique, etc. Il ne doit pas forcément s'agir de hardware. Cela peut être la mise en place d'algorithmes poussés d'intelligence artificielle, par exemple. Ces projets à haute valeur ajoutée technologique sont généralement plus gourmands en capitaux. C'est pourquoi on veut les accompagner et les soutenir. Et, d'une certaine façon, contribuer à refaire dans le digital ce que la Wallonie a superbement réussi dans les biotechs.