C'est une grande première pour eFounders, le start-up studio franco-belge fondé par Thibaud Elzière et Quentin Nickmans ! Au lieu de développer un nouveau projet "from scratch" comme il a l'habitude de le faire (c'est le principe d'un start-up studio), il vient de décider d'investir dans une start-up existante. L'heureuse élue s'appelle Yousign, start-up fondée à Caen (France) en 2013 et spécialiste de la signature électronique. L'objectif de ce partenariat entre la jeune pousse et le start-up studio ? "Créer un leader européen face à la concurrence américaine" déclarent les responsables des deux entités. Aujourd'hui, Yousign est une start-up de 30 personnes, toutes basées en France, qui génère "quelques millions d'euros de chiffre d'affaires". Cette opération constitue à la fois une opération capitalistique et un partenariat stratégique. Explications.

1. L'entrée au capital

Si eFounders et Yousign restent discrets sur les détails, ils indiquent que le start-up studio a pris une part importante du capital de Yousign. Concrètement, eFounders a racheté les actions des précédents actionnaires (des financiers comme BPI France). La start-up française avait levé 3,3 millions d'euros en 2017 et cédé un peu moins de la moitié de son capital. C'est cette part que le studio de Thibaud Elzière et Quentin Nickmans a reprise.

D'après nos informations, le studio aurait déboursé environ 4 millions d'euros. Une partie lui-même, l'autre au travers d'eFounders eClub, un club d'investissement regroupé par les responsables d'eFounders. Les fondateurs de Yousign restent légèrement majoritaires dans leur société.

2. Le partenariat

Cela fait 6 mois que Yousign et eFounders travaillent ensemble en mode partenariat. Concrètement, "les équipes d'eFounders interviennent à deux niveaux, détaille Luc Pallavidino, CEO de Yousign. Ils nous aident au développement de nouvelles fonctionnalités et sur des améliorations du produit. Ensuite, ils apportent aussi leur expertise en matière de marketing et de communication, tant sur l'aspect opérationnel que stratégique."

Selon le boss de la start-up, eFounders est devenu "bien plus qu'un actionnaire : c'est un associé". D'ailleurs, l'équipe parisienne de Yousign vient de déménager dans les bureaux d'eFounders à Paris. Cette collaboration rapprochée est prévue sur une durée de 18 mois pour faciliter l'accélération du spécialiste de la signature électronique. Au fur et à mesure, le studio eFounders s'effacera de l'opérationnel, comme c'est le cas avec les start-up qu'il développe lui-même.

Les raisons du mariage

Cette opération inédite pour le studio s'explique. Depuis son lancement, eFounders se spécialise dans les solutions "software as a service" dans le domaine du B2B à destination des PME. Pas pour rien qu'il a adopté le slogan "We build the futur of work". La stratégie d'eFounders consiste à s'engouffrer sur le créneau de la digitalisation des PME. Son écosystème comprend des solutions de téléphonie via le Web (start-up Aircall), les dépenses pro des employés (Spendesk), les e-mailings (mailjet), la gestion collaborative des e-mails (Front), et bien d'autres. Dans le domaine de la signature électronique, eFounders n'avait encore aucune proposition. Le duo à la tête du studio avait pourtant déjà imaginé s'y lancer mais ne l'avait pas fait. En prenant part dans Yousign, eFounders ajoute cette solution à son écosystème, sans devoir tout développer de zéro et faire face à) un concurrent pionnier. Il gagne ainsi du temps tout en prenant pied sur un créneau prometteur. Car, si on les croit, "le marché de la signature numérique est colossal ; il a dépassé le milliard de dollars en 2018 et doit grandir de 30% par an pendant les 10 prochaines années."

Pour Yousign, c'est l'occasion de s'appuyer sur des actionnaires plus "smart", susceptibles de les emmener bien plus loin (désormais, elle commercialise sa solution dans plusieurs pays européens) et de les connecter à de nouveaux écosystèmes, tant pour dénicher des clients que de nouveaux investisseurs. Car eFounders a déjà montré qu'il savait faire croitre ses start-up et lever de l'argent : rien qu'en 2018, les jeunes pousses du studio avaient levé plus de 115 millions de dollars pour grandir et... prendre de la valeur.