"Qu'on le veuille ou non, créanciers et débiteurs vont devoir se parler", plante Gérard Kuyper. Cet avocat atypique n'est pas un grand défenseur des procédures judiciaires. Son truc, c'est la médiation. Pour le président de bMediation, le centre de médiation commerciale à Bruxelles, la situation actuelle va propulser ce mode alternatif de résolution des conflits à l'avant-scène. "Le confinement n'empêche pas le lancement d'une médiation commerciale. J'en ai personnellement deux en cours pour le moment", souligne Gérard Kuyper.

Le but de la médiation est de mettre en place un échange structuré entre parties, afin de "co-construire" un mécanisme de solution. En clair : l'idée est d'amener créancier et débiteur à accorder leurs violons. Le processus peut aboutir à une restructuration de la dette, un plan d'apurement ou un abandon de certaines créances. Cet outil est utilisé pour résoudre des conflits entre actionnaires, pour régler des différends qui surviennent entre créateurs de start-up ou encore pour trouver une porte de sortie à des partenariats commerciaux qui explosent en plein vol. La crise du coronavirus fait apparaître des problèmes aigus de liquidités qui peuvent justifier une médiation.

Le rôle du médiateur n'est pas de proposer une solution toute faite, mais de tenter d'aboutir à une forme de compréhension mutuelle concernant les difficultés auxquelles fait face l'autre partie. "J'essaye souvent d'attirer l'attention du créancier sur l'alternative dont il dispose. Peut-il facilement remplacer son locataire ? Peut-il facilement vendre ses produits ou ses services à d'autres clients ?", illustre Gérard Kuyper. Même si la situation n'est pas idéale, le créancier a parfois intérêt à acter une perte immédiate plutôt que de se lancer dans un long processus de recouvrement judiciaire et de perdre en bout de course un partenaire commercial.

"Notre système juridique est uniquement basé sur des mécanismes de responsabilité, poursuit l'avocat. Mais dans une situation exceptionnelle comme celle que l'on vit, une procédure judiciaire ne sert à rien. On ne peut pas faire que du droit, il faut une vision plus économique de la situation." Gérard Kuyper ne promet pas des lendemains qui chantent : "Il ne faut pas se leurrer, il n'y aura pas de solution win-win. Ce sera du lose-lose. Il faudra faire des concessions réciproques. Mais on peut arriver à de bons accords".

Retrouvez l'intégralité du Trends Talk avec Gérard Kuyper sur notre chaîne YouTube :

"Qu'on le veuille ou non, créanciers et débiteurs vont devoir se parler", plante Gérard Kuyper. Cet avocat atypique n'est pas un grand défenseur des procédures judiciaires. Son truc, c'est la médiation. Pour le président de bMediation, le centre de médiation commerciale à Bruxelles, la situation actuelle va propulser ce mode alternatif de résolution des conflits à l'avant-scène. "Le confinement n'empêche pas le lancement d'une médiation commerciale. J'en ai personnellement deux en cours pour le moment", souligne Gérard Kuyper.Le but de la médiation est de mettre en place un échange structuré entre parties, afin de "co-construire" un mécanisme de solution. En clair : l'idée est d'amener créancier et débiteur à accorder leurs violons. Le processus peut aboutir à une restructuration de la dette, un plan d'apurement ou un abandon de certaines créances. Cet outil est utilisé pour résoudre des conflits entre actionnaires, pour régler des différends qui surviennent entre créateurs de start-up ou encore pour trouver une porte de sortie à des partenariats commerciaux qui explosent en plein vol. La crise du coronavirus fait apparaître des problèmes aigus de liquidités qui peuvent justifier une médiation.Le rôle du médiateur n'est pas de proposer une solution toute faite, mais de tenter d'aboutir à une forme de compréhension mutuelle concernant les difficultés auxquelles fait face l'autre partie. "J'essaye souvent d'attirer l'attention du créancier sur l'alternative dont il dispose. Peut-il facilement remplacer son locataire ? Peut-il facilement vendre ses produits ou ses services à d'autres clients ?", illustre Gérard Kuyper. Même si la situation n'est pas idéale, le créancier a parfois intérêt à acter une perte immédiate plutôt que de se lancer dans un long processus de recouvrement judiciaire et de perdre en bout de course un partenaire commercial."Notre système juridique est uniquement basé sur des mécanismes de responsabilité, poursuit l'avocat. Mais dans une situation exceptionnelle comme celle que l'on vit, une procédure judiciaire ne sert à rien. On ne peut pas faire que du droit, il faut une vision plus économique de la situation." Gérard Kuyper ne promet pas des lendemains qui chantent : "Il ne faut pas se leurrer, il n'y aura pas de solution win-win. Ce sera du lose-lose. Il faudra faire des concessions réciproques. Mais on peut arriver à de bons accords".Retrouvez l'intégralité du Trends Talk avec Gérard Kuyper sur notre chaîne YouTube :