Fin juin, le fonds W.IN.G annonçait son intention de soutenir la prochaine levée de fonds de la start-up e-peas, spécialisée dans les microsystèmes qui permettent de diminuer la consommation des objets connectés, à concurrence de 2 millions d'euros sur une levée prévue entre 10 et 15 millions.

Une annonce surprenante à plusieurs égards. D'abord parce que les jeunes pousses et leurs investisseurs communiquent rarement quand la levée n'a pas encore abouti. Ensuite parce qu'un fonds public comme le W.IN.G intervient généralement en "suiveur" d'autres investisseurs. Enfin, parce que si tout se passe comme prévu durant le processus, cette importante levée de fonds pourrait valoriser e-peas entre 30 et 60 millions d'euros. Un montant qui étonne pas mal d'observateurs puisque le chiffre d'affaires d'e-peas ne dépassait pas 300.000 euros l'année passée. La jeune pousse qui avait levé 3,5 millions d'euros en 2017 auprès du fonds Partech Ventures, de The Faktory, du W.IN.G et des industriels Airbus, JCDecaux et Semtech, serait-elle survalorisée ?

Geoffroy Gosset, fondateur et CEO d'e-peas, rétorque toutefois que son entreprise a montré aux investisseurs qu'elle "avait trouvé son marché et qu'elle est capable de l'adresser". La société aurait, selon lui, commencé à commercialiser les puces sur de nouveaux marchés, même s'il ne souhaite pas dévoiler ces derniers. Et une série de produits seraient en développement avec de gros partenaires internationaux. "Nos cycles de développement de produits et de ventes sont assez longs", admet Geoffroy Gosset, évoquant facilement les 18 à 24 mois. Simon Alexandre, directeur de The Faktory qui a investi dans e-peas, détaille : "Ce sont des contrats avec des milestones qui prennent du temps. Dans certains cas, les industriels clients demandent des modifications dans la puce, ont besoin de les tester avant de les valider et avant que la production et la commercialisation ne puissent démarrer."

Mais d'après Simon Alexandre, des contrats sont signés et devraient, à terme, mener à des ventes en dizaines de millions d'unités. La valorisation d'e-peas se ne justifierait donc pas sur les chiffres actuels, mais plutôt sur la technologie de la start-up, son portefeuille de brevets et sur les promesses de marché qui, si on croit les fondateurs et investisseurs, sont énormes. Avec un chiffre d'affaires qui devrait atteindre plusieurs dizaines de millions d'euros dans cinq ans. Cela reste évidemment un pari et une grosse ambition.