On ne peut pas dire que la firme derrière les "action cams" GoPro ait le vent en poupe sur les marchés financiers. Depuis octobre 2015, son cours de bourse a chuté de... 90%. Encore ce week-end, l'inventeur des caméras pour sportifs dégringolait. Son action tourne autour des 12$ en venant de... 94$.
...

On ne peut pas dire que la firme derrière les "action cams" GoPro ait le vent en poupe sur les marchés financiers. Depuis octobre 2015, son cours de bourse a chuté de... 90%. Encore ce week-end, l'inventeur des caméras pour sportifs dégringolait. Son action tourne autour des 12$ en venant de... 94$.Pourtant, la firme créée en 2004 par un ancien surfeur australien faisait figure de gros carton dans le secteur, plutôt en baisse, des caméras vidéo. En effet, alors que les smartphones et tablettes ont grignoté des parts de marché sur les catégories "vidéo", l'usage spécifique introduit par GoPro avait fait de l'entreprise un pionnier. Les "action cams" sont vite devenues un succès et GoPro détenait l'essentiel de ce nouveau marché. Comment, dès lors, expliquer la chute ? Quatre éléments de réponse.1. Produit toujours trop nicheHistoriquement, GoPro cible essentiellement les sportifs : skieurs, surfeurs, cyclistes, etc. Nombreux sont les amateurs de sensation forte qui ont adopté la mode GoPro et filment leurs exploits avant de les partager en ligne. Seulement voilà, une fois ce public équipé, GoPro n'est pas parvenue à élargir sa cible. On aurait pu imaginer que la firme surfe sur son succès dans le domaine sportif pour vendre des produits qui sortent un peu de cet univers et touche les ados, les familles, etc. Cette diversification, GoPro y a pensé... mais ce n'est qu'en 2016 que sortira le premier produit hors "action cam": son premier drone. 2. Concurrence accrueSi GoPro a toujours trusté la majorité des parts de marché du secteur, la concurrence s'est très fortement développée ces derniers temps. Il faut dire que le terrain semble propice à de nouveaux relais de croissance. Sony, Canon ou même Tom Tom et Garmin s'y sont lancés avec, pour ces derniers, des modèles très bien cotés par les spécialistes. Sans oublier les stars chinoises du moment, comme Xiaomi, qui grignotent la superpuissance de GoPro. Et les drones qui embarquent, tous ou presque, une caméra vidéo. 3. Échec du modèle Hero 4 SessionLe dernier modèle d'action cam lancé par GoPro n'a pas séduit le public. Après de très belles ventes en 2014 avec des éditions spéciales Hero4 Black et Hero4 Silver, la sortie d'une mini-caméra (pas plus grande qu'un glaçon) a été un flop monumental. Peu de gens étaient visiblement prêts à payer 399$ pour ce nouveau - petit - produit. Du coup, GoPro a dû diminuer son prix de vente à 299$... puis l'a encore baissé à 199 $. Au dernier trimestre, les ventes de GoPro ont malgré tout chuté de 31%... 4. Cycle de remplacement trop long Si c'est un bon point pour sa relation client, ça l'est moins pour son business. Selon Les Echos, le "taux de renouvellement du parc installé est plutôt bas, la durée de vie des caméras étant plus longue que la moyenne". Or, face à une concurrence féroce sur son créneau, le fabricant ne peut pas forcer sur des prix ultra-premium à appareil semblable. Le voilà donc coincé avec un produit qualitatif qu'il ne peut pas vendre bien plus cher que la concurrence. Face à toutes ces déconvenues et en raison d'une faible visibilité sur les atouts qui permettront à GoPro de retrouver rapidement la croissance, les investisseurs ont délaissé le titre GoPro. Mais certains parient encore sur le retour de GoPro en 2016. Et vous ?