Dire que les nouvelles technologies s'attaquent au marché bancaire est une lapalissade. Les consommateurs expérimentent au quotidien l'évolution numérique des organismes financiers, des assureurs, etc. Et c'est d'ailleurs la course chez les banquiers pour tantôt mettre en avant leur expertise numérique, tantôt mettre la main sur l'une ou l'autre start-up qui décolle. C'est que le marché belge fourmille de ces jeunes pousses qui veulent réinventer la finance... Une finance dopée notamment par des directives européennes - comme la PSD II - qui donn...

Dire que les nouvelles technologies s'attaquent au marché bancaire est une lapalissade. Les consommateurs expérimentent au quotidien l'évolution numérique des organismes financiers, des assureurs, etc. Et c'est d'ailleurs la course chez les banquiers pour tantôt mettre en avant leur expertise numérique, tantôt mettre la main sur l'une ou l'autre start-up qui décolle. C'est que le marché belge fourmille de ces jeunes pousses qui veulent réinventer la finance... Une finance dopée notamment par des directives européennes - comme la PSD II - qui donnent (sous conditions) à ces start-up un accès aux comptes en banque des Européens. A l'occasion de la troisième édition du Fintech Belgian Summit qui se tiendra le 22 octobre à Bruxelles, l'association belge des fintechs a analysé le marché qui regroupe une centaine de start-up. Celles-ci sont surtout axées autour de trois grandes activités : le paiement en tant que tel (Ibanfirst, Ibanity, Monizze, Rydoo), l'infrastructure (Cashforce, The Glue, Guardsquare, etc.) et les solutions de financement (Easyvest, Edebex, Mozzeno, Look&Fin, etc.). En trois ans, de 2015 à 2017, le secteur a levé quelque 55 millions d'euros. Pas énorme a priori, mais " cela représente un peu plus de 10 % du total des fonds levés dans le numérique en Belgique, précise Xavier Corman, fondateur de la start-up Edebex et administrateur de l'association Fintech Belgium. Ce taux est d'ailleurs totalement en ligne avec les chiffres des marchés, comme la France. " Reste que, comme le souligne le président de Fintech Belgium, Jean-Louis Van Houwe, également CEO de Monizze, 19 millions parmi les 55 millions levés ont été attirés par trois start-up belges seulement : Qover, Ibanfirst et Rydoo-Xpenditure. " Cela s'explique par la réalité du marché belge des fintechs, analysent à la fois Xavier Corman et Jean-Louis Van Houwe. Pour l'instant, la majorité des start-up belges de la fintech n'en sont encore qu'au stade du seed (l'amorçage, Ndlr) et des séries A ( le second tour de table du financement, Ndlr). " Ainsi, 69 % des fonds levés seraient du seed et 36 % constitueraient des séries A... Cela se traduit, forcément, dans la valeur de nos fintechs noir-jaune-rouge : 60 % d'entre elles sont valorisées - " pour le moment " - à moins de 5 millions d'euros, 18 % valent entre 5 et 15 millions d'euros et 20 % dépassent les 15 millions de valorisation. Restent quatre " stars " : Ibanfirst, Spreds, Anytime et Qover qui, selon Fintech Belgium, valent chacune un peu plus de 23 millions d'euros.Mais le marché serait, à en croire Jean-Louis Van Houwe, sur le point de décoller. Ces fintechs plus importantes commencent à arriver au stade où elles vont devoir lever des plus gros montants et séduire à investisseurs étrangers.