De plus en plus de fondateurs de start-up nourrissent, très rapidement, une ambition "globale". Dopés par des technologies qui, par nature, n'ont pas de frontière, ils imaginent proposer leur produit dans de multiples pays. Cette ambition et cet état d'esprit se doublent généralement d'une vision très globale de l'établissement de leur société. Alors même qu'ils sont en train de mettre en place leur software ou leur produit, avant même la création de la boîte, ils se posent la question de l'endroit où ils établiront leur entreprise. Le choix de la Belgique ne s'impose plus forcément à tous les coups.

L'un des exemples en la matière peut-être trouvé au sein de l'écosystème eFounders, que l'on ne présente plus. Ce start-up studio franco-belge a lancé pas loin d'une vingtaine de start-up spécialisée dans le software as a service. Certaines basées à Bruxelles, d'autres en France et d'autres aux Etats-Unis. Le choix du pays où sera créée la boîte se fait, notamment, en fonction du type de produit et du marché.

Reste que, selon Thibaud Elzière, co-fondateur d'eFoudners, "l'idéal pour une start-up européenne qui cible le marché américain, consiste à installer une partie du management aux Etats-Unis et le reste de l'équipe en Europe pour tout le développement produit." Mais surtout, l'entrepreneur conseille de bien réfléchir à la structuration internationale de la boîte. "Il est essentiel d'avoir une boîte aux Etats-Unis si l'on veut être sûr de ne pas se priver des financements américains, précise Thibaud Elzière. Il est, en effet, plus facile pour un investisseur américain d'investir dans une société américaine. Par ailleurs, c'est aux Etats-Unis que se font les acquisitions de start-up." Et de préciser que si sa première start-up, Fotolia, n'avait pas disposé d'une structure américaine jamais elle n'aurait été reprise par le géant Adobe (qui avait déboursé quelque 800 millions de dollars pour avaler Fotolia).

L'entrepreneur enchaîne : "il y a 6 ou 7 ans, l'une de nos start-up avait été convoitée par un gros acteur américain, se souvient-il. Mais, alors qu'on était en pleine due dil', l'acquisition ne s'est pas faite : cela s'est révélé trop complexe pour la grosse boîte qui était intéressée. Outre la barrière de la langue, le format de compta n'est pas le même, ils sont obligés de tout refaire expertiser, etc.". Thibaud Elzière plaide alors, pour les boîtes qui considèrent le marché américain crucial, de créer une start-up américaine qui est propriétaire des structures européennes et où est logée toute la propriété intellectuelle.