Comment aider le monde de la radio à évoluer à l'ère du digital ? Voilà la question à laquelle tente de répondre la jeune start-up bruxelloise Lilicast. Le constat réalisé par ses fondateurs, Arik Azoulay et Sophie Hofman, vient de la relative absence de la radio dans l'univers digital " alors qu'elle est un grand créateur de contenus ". Il y a bien le podcast et le streaming audio sur le Net. Mais ces solutions restent très peu consommées par le grand public, surtout en Europe. La plupart des dirigeants de radios admettent, en effet, que les podcasts ne font pas l'objet de grosses audiences. Ils restent même, le plus souvent, confidentiels. Et quand on pénètre dans les studios de radio, les outils digitaux sont parfois lourds, complexes et dispersés. C'est là que Lilicast, jeune start-up qui s'est lancée en début d'année, veut intervenir.
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Comment aider le monde de la radio à évoluer à l'ère du digital ? Voilà la question à laquelle tente de répondre la jeune start-up bruxelloise Lilicast. Le constat réalisé par ses fondateurs, Arik Azoulay et Sophie Hofman, vient de la relative absence de la radio dans l'univers digital " alors qu'elle est un grand créateur de contenus ". Il y a bien le podcast et le streaming audio sur le Net. Mais ces solutions restent très peu consommées par le grand public, surtout en Europe. La plupart des dirigeants de radios admettent, en effet, que les podcasts ne font pas l'objet de grosses audiences. Ils restent même, le plus souvent, confidentiels. Et quand on pénètre dans les studios de radio, les outils digitaux sont parfois lourds, complexes et dispersés. C'est là que Lilicast, jeune start-up qui s'est lancée en début d'année, veut intervenir. A la base, Arik Azoulay et Sophie Hofman ne viennent pas du monde de la radio. Arik Azoulay est plutôt spécialisé en conseil aux entreprises, à travers la firme 26 Lights qu'il a fondée en 2011 et qu'il dirige encore aujourd'hui. Il a, par exemple, aidé des start-up comme UMedia ou Sharing Box dans l'automatisation numérique de certains processus. Mais ce n'est pas tant avec cette casquette que lui est venue l'idée d'intervenir sur la transformation numérique de la radio. Un peu par hasard, l'homme a été amené à animer une émission sur Radio Judaica. Un challenge, en marge de ses activités professionnelles, qui l'a progressivement poussé à s'impliquer dans la station de la communauté juive de Belgique. C'est aussi dans ce cadre qu'il a été amené à identifier des zones d'amélioration possibles. " On pourrait faire de la radio... comme en 2018 ", plaisante le serial entrepreneur. Le projet de Lilicast ? Proposer une plateforme web, basée dans le cloud, pour aider les animateurs à gérer la conduite de leurs émissions, tout en centralisant les informations. " Notre solution n'a, en apparence, rien de révolutionnaire, détaille Arik Azoulay. On apporte surtout une nouvelle génération d'outils qui permettent de simplifier tous les process radios. " Ainsi, avec Lilicast, l'animateur peut organiser l'émission et y faire intervenir l'ensemble des chroniqueurs et des techniciens. Chacun peut y apporter ses chroniques, des textes, ses contenus, etc. Pour l'émission Les Décodeurs qu'elle anime sur La Première (RTBF), Marie Van Cutsem vient juste de commencer à tester Lilicast avec ses équipes et ses free-lances. " Nous avons déjà des outils de conduite partagée à la RTBF, commente l'animatrice, mais Lilicast est un système très léger et très ouvert auquel on peut donner accès aux personnes externes très simplement. Cette ouverture vers l'extérieur est un vrai plus pour une émission comme la nôtre qui travaille aussi avec des étudiants. Lesquels, jusqu'à la fin de l'année, assurent la gestion des réseaux sociaux. Lilicast est donc un bon labo car on y trouve aussi un outil de post-production texte et audio assez pratique. " En effet, en plus de simplifier le mode de création d'une émission, Lilicast se veut également un bon point de départ pour développer des contenus pour Internet. Une fois intégrés dans la plateforme, les textes et les sons peuvent être facilement partagés en ligne. Surtout que Lilicast permet également d'enregistrer, en live, les séquences audio de toutes les radios. Une fonctionnalité permet, en effet, d'enregistrer des séquences et de les stocker. Il suffit d'appuyer sur " Rec " ou de programmer des enregistrements pour que Lilicast les garde. Avec toutes ces informations, les utilisateurs de la plateforme peuvent alors propulser, en ligne, un... Lilicast. Un " Lilicast " ? Oui, la start-up a l'ambition d'imposer en ligne un nouveau format ! Pas tout à fait un podcast, pas tout à fait une vidéo, le " Lilicast " est une animation constituée de photos et de textes sur un podcast audio. " Le son, seul, ne fonctionne pas bien sur les réseaux sociaux, argumente Arik Azoulay. La vidéo a plus d'impact. " Mais les radios n'ont généralement pas le temps, ni les budgets, pour réaliser des vidéos à destination du Web. Et la " radio filmée " n'attire pas les foules non plus. " Il s'agit ici d'une vidéo animée, volontairement très simple, enchaînent en choeur Sophie Hofman et Arik Azoulay. Nous avons choisi de réduire au maximum le temps de postproduction. Partant des contenus intégrés dans la plateforme et d'outils simples, les chroniqueurs et animateurs peuvent gérer en quelques clics, même depuis un taxi sur leur smartphone, le partage de ces contenus. " Le " Lilicast " se veut donc une alternative rapide pour attirer l'attention sur Facebook ou Twitter avec une animation constituée de textes, de photos qui tournent en boucle et d'une séquence audio. Mais une série de photos en boucle peut-elle vraiment faire le poids face à une véritable vidéo sur le Web ? " Le but est d'attirer les gens, pas forcément qu'ils regardent tout le Lilicast ", répond le cofondateur. Une sorte de produit d'appel vers le podcast ou un site web, en quelque sorte. Le business principal de la start-up devrait surtout concerner la plateforme numérique mise à disposition des professionnels de la radio. Mais " les cycles de vente pour ce type de produits sont très longs, admet le cofondateur de Lilicast. Il faut compter entre deux et trois ans avant que le produit ne soit validé et totalement déployé au sein des stations. Voilà pourquoi nous adoptons une stratégie commerciale multi-couches dont les capsules animées Lilicast constituent l'une des briques innovantes. La stratégie consiste à donner une solution originale aux personnes qui en ont besoin - animateurs et chroniqueurs -, puis de remonter vers la directions des radios ". Car, évidemment, convaincre les radios d'utiliser Lilicast est le but ultime. Le pricing de la start-up, qui a levé 500.000 euros pour déployer son projet, est conçu pour cela : si les chroniqueurs peuvent, à titre individuel, s'offrir des " Lilicast " à environ 3 euros, les radios peuvent souscrire à un abonnement de 199 euros par mois et par émission qui utilise ce dispositif. Mais le challenge est important. " Lilicast est bien conçu, mais sera plus simple à proposer aux petites stations qui, à l'inverse de la RTBF par exemple, n'ont pas encore tous les outils en interne ", analyse l'animatrice Marie Van Cutsem. Reste qu'il existe des milliers de radios travers le monde... Et que Lilicast pourrait décliner sa solution à d'autres types de médias, y compris les médias papier qui voudraient se décliner sur le Web.