Le gendarme du secteur financier met à jour sa liste noire. Alertée par une recrudescence des plaintes, la FSMA ajoute une trentaine de sites à son inventaire des plateformes de trading suspectes. Depuis le début de l'année, l'autorité a reçu 218 notifications émanant de consommateurs inquiets. Sur l'ensemble de l'année 2020, elle en avait déjà reçu 474.
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Le gendarme du secteur financier met à jour sa liste noire. Alertée par une recrudescence des plaintes, la FSMA ajoute une trentaine de sites à son inventaire des plateformes de trading suspectes. Depuis le début de l'année, l'autorité a reçu 218 notifications émanant de consommateurs inquiets. Sur l'ensemble de l'année 2020, elle en avait déjà reçu 474. Ces pseudo-plateformes de trading sont pilotées par des escrocs particulièrement habiles. Ils surfent sur la popularité de certains placements alternatifs comme les monnaies virtuelles pour proposer des produits aux rendements affolants. Avec l'explosion actuelle du cours du bitcoin - qui a atteint jusqu'à 60.000 dollars - et d'autres cryptomonnaies, ces vendeurs peu recommandables bénéficient d'un terrain favorable à leur commerce illégal. Ils alpaguent souvent leurs victimes sur les réseaux sociaux via de fausses publicités. Ils prennent ensuite contact par téléphone avec les candidats investisseurs et usent de toutes les techniques de persuasion pour les convaincre d'acheter leurs produits magiques. Les clients qui s'inscrivent sur ces sites internet ou sur leurs applications mobiles ne parviennent pas à récupérer leur argent. Souvent, ils n'ont plus aucune nouvelle du vendeur qui les a poussés à investir des sommes parfois considérables dans de faux produits financiers. Les sites figurant sur la liste noire constituent très probablement des fraudes à l'investissement, souligne la FSMA. Le gendarme du secteur financier conseille aux consommateurs de vérifier l'identité de toute société qui leur propose des placements. En cas de doute, un formulaire de contact est disponible sur le site de la FSMA.La FSMA nous indique avoir transmis aux autorités judiciaires toutes les informations relatives aux plateformes épinglées. Dans les cas de suspicion de blanchiment d'argent ou de financement du terrorisme, les dossiers ont également été transmis à la CTIF (Cellule de traitement des informations financières). Les différentes plateformes ont fait l'objet d'enquêtes "approfondies", précise la FSMA. Elles ne sont inscrites sur la liste noire que si l'autorité parvient à disposer "d'éléments concrets et solides qui confirment les soupçons initiaux". C'est le cas pour la plateforme OmegaPro. Cette plateforme, déjà mentionnée en novembre 2020 dans notre enquête sur l'arnaque mondiale One Coin, a été promotionnée en Belgique par l'ancien député fédéral Laurent Louis. Trois notifications de consommateurs sont parvenues à la FSMA au sujet d'OmegaPro, nous révèle le porte-parole de l'autorité des marchés: "Les analyses menées par la FSMA laissent apparaître que les sites web d'OmegaPro et les programmes d'affiliation qui y sont proposés présentent les caractéristiques d'une fraude pyramidale ou au moins d'un système de Ponzi"