Dans la campagne jurassienne, l'entreprise Geosatis développe des bracelets électroniques, de véritables "couteaux suisses" aux multiples fonctionnalités. Ceux-ci sont dotés d'un système de géolocalisation en temps réel et d'un gyroscope. En 2010, José Demetrio, CEO de Geosatis, constate que "les bracelets électroniques présents sur le marché présentent de lourdes failles. Par exemple, il n'est pas possible de localiser le porteur d'un bracelet électronique puisque ce sont pour la plupart des bracelets reliés à un appareil fixe." Une idée qui s'élabore au départ d'un simple rouleau de scotch sur les bancs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
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Dans la campagne jurassienne, l'entreprise Geosatis développe des bracelets électroniques, de véritables "couteaux suisses" aux multiples fonctionnalités. Ceux-ci sont dotés d'un système de géolocalisation en temps réel et d'un gyroscope. En 2010, José Demetrio, CEO de Geosatis, constate que "les bracelets électroniques présents sur le marché présentent de lourdes failles. Par exemple, il n'est pas possible de localiser le porteur d'un bracelet électronique puisque ce sont pour la plupart des bracelets reliés à un appareil fixe." Une idée qui s'élabore au départ d'un simple rouleau de scotch sur les bancs de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).Geosatis est l'une des seules sociétés européennes à fabriquer des bracelets électroniques, ces appareils sont principalement le fait d'entreprises basées en Israël ou aux Etats-Unis. Deux motivations ont poussé les fondateurs du projet à se lancer : la sécurité et la réinsertion. "Notre objectif est de pouvoir accompagner le condamné, mais aussi de rassurer la population." explique José Demetrio.Sécurité : "L'un des sujets les plus préoccupants à l'heure actuelle"José Demetrio est conscient des défis auxquels la société d'aujourd'hui doit faire face. Dans l'air du temps, le bracelet électronique peut apporter des solutions. "Nous avons développé un bracelet qui fonctionne à l'intérieur et à l'extérieur des maisons. C'est un produit complètement mobile. Il est possible, en permanence, de savoir où se trouve le porteur du bracelet, dans un périmètre de 3 mètres. Il a également un autre avantage, c'est un bracelet rigide et solide qu'il n'est pas possible de découper ou de briser."Réinsertion : "La société a changé aujourd'hui""Derrière les condamnés, il y a des êtres humains, des familles, parfois un travail." rappelle José Demetrio. L'objectif du bracelet électronique est de "fluidifier le milieu carcéral" et aussi d'apporter une solution à la radicalisation en prison. "On se radicalise à l'école, dans la rue, via internet,... mais aussi en prison. Certains malfrats entrent en prison pour des délits mineurs puis en sortent radicaliser. C'est un véritable problème de société." Le bracelet serait une façon de mettre toutes les chances de son côté pour la réinsertion. José Demetrio explique que la surveillance électrique peut s'inscrire dans un débat plus large. "La société a changé aujourd'hui. À l'heure actuelle, on cherche à comprendre et à analyser, mais aussi à isoler les gens dangereux. Est-ce que l'enfermement est vraiment nécessaire pour une partie de la population carcérale, qui n'est pas considérée comme ''dangereuse'' ?". "Le bracelet que nous développons n'est pas simplement un produit électronique, mais un véritable sujet sociétal. Nous voulons permettre aux gouvernements de travailler sur l'analyse des données." Le bracelet électronique permettrait également de diminuer par quatre les coûts économiques de l'enfermement, qui est de 4000€ par mois, par détenu, en Belgique. Bien que la surveillance électronique est critiquée par certains : parfois les condamnés ne trouvent pas de travail et sont en proie à des problèmes économiques. Même si, selon José Demetrio "la surveillance électronique doit permettre la réinsertion sociale des délinquants non violents, de façon humaine et moins coûteuse que la prison. Le condamné peut rester dans son environnement." Design discret et épuréJosé Demetrio, conscient du regard de la société sur les porteurs de bracelets électroniques explique sa démarche de proposer "un objet est loin d'être sexy, mais qui est discret. Il n'est pas stigmatisant, on ne voit rien sous un jeans." Poids plume, étanche et paramétrables selon le condamné qui le porte, le bracelet électronique Geosatis est également équipé d'un système de détection de mouvements. "Le bracelet permet de détecter les comportements anormaux. Par exemple, si une personne sportive reste cloitrée chez elle, sans faire de mouvements. Le programme que nous avons développé permet de reconnaitre des changements de comportement soudains et inhabituels, une alarme est alors envoyée et le centre de monitoring est alerté. C'est tout un travail d'analyse du logiciel. Par contre, il était aussi primordial pour de supprimer un maximum les fausses alarmes." "Il y a derrière le bracelet électronique des enjeux technologiques importants. On travaille sur des nouvelles technologies, notamment en remplaçant le chargeur électrique du bracelet par un chargeur mobile, ce qui est plus confortable pour le condamné qui n'est plus obligé de rester à côté d'une prise pendant des heures, comme un téléphone mobile." Le confort et l'humanité sont une priorité. Mais le bracelet reste un objet sécuritaire. "Un objet que seule la police peut retirer, un objet sophistiqué utile à la justice. Par exemple, le software que nous avons développé permet de créer des zones d'exclusion. Pour les délinquants sexuels, ils ne pourraient par exemple pas se trouver aux alentours d'écoles, etc."Des investisseurs majeursDe nombreux investisseurs ont apporté leur soutien à la start-up jurassienne, notamment l'illustre homme d'affaires français, Laurent Dassault. "Dans la culture familiale, on est toujours à la recherche d'innovation." Fidèle à ses racines - le groupe Dassault a été présent dans l'armement pour aujourd'hui être essentiellement présent dans l'aéronautique - Laurent Dassault veut plus de sécurité et estime que "des vies auraient pu être sauvées, si on avait pu surveiller certaines personnes suspectées d'être dangereuses."Un investissement risqué qui a séduit Laurent Dassault "Je crois à la surveillance électronique proposée par Geosatis et le meilleur moyen de le prouver est d'investir. Ce sont des projets innovants et je suis constamment à la recherche d'hommes et de femmes, de nouveaux talents. C'est une mission de confiance, mais aussi de risques. Je suis très heureux de jouer un rôle au sein de la société Geosatis qui développe une technologie qui peut réellement sauver des vies." "On vit dans une société où il faut protéger l'homme de l'homme" explique Laurent Dassault, très pragmatique et conscient du monde dans lequel on vit. "La surveillance électronique est un projet d'avenir. Il faut savoir où se trouvent les gens afin de se protéger."De nombreux pays ont déjà investi, notamment l'Afrique du Sud qui est confrontée à des problèmes de surpopulation carcérale importants.