Il y a quelques années à peine, " la télé de papa " régnait en maîtresse absolue sur le monde des loisirs et des soirées en famille. Depuis l'émergence des plateformes numériques, l'offre de contenus audiovisuels s'est considérablement fragmentée et leur consommation a partiellement migré sur des écrans que l'on peut mettre en poche. Tout puissant, le géant américain Netflix en a fait son core business depuis 2007 avec un catalogue de films et de séries à la demande qui séduit aujourd'hui 158 millions d'abonnés dans le monde et menace de plus en plus le modèle économique de la télévision classique.

Impressionnés par le succès du n°1 du streaming vidéo, plusieurs acteurs de l'industrie technologique tentent désormais de combler leur retard pour engloutir, eux aussi, une part du gâteau. Ce 1er novembre, Apple a ainsi lancé un service similaire à Netflix dans une centaine de pays (dont la Belgique) à un prix nettement concurrentiel : 4,99 euros l'abonnement par mois pour la firme à la pomme contre un tarif mensuel variant entre 7,99 et 13,99 euros pour Netflix selon le nombre d'écrans connectés.

Baptisée AppleTV+, l'offre de streaming d'Apple est encore très modeste, mais le fabricant de l'iPhone compte l'enrichir prochainement grâce aux 6 milliards de dollars débloqués pour produire des contenus originaux avec des grands noms devant et derrière la caméra comme Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou encore Steven Spielberg. Marque emblématique, Apple mise surtout sur sa communauté de fans inconditionnels - il y a aujourd'hui 900 millions d'iPhone en service dans le monde - pour relever le pari de la diversification de ses services et donc de sa nouvelle plateforme de vidéos à la demande.

Disney et Cie

Ambitieux, l'ogre Apple ne sera toutefois pas seul dans sa lutte contre le géant Netflix puisque l'empire Disney va aussi s'inviter dans la bagarre. Mardi prochain, cette autre star du divertissement lancera en effet son propre service Disney+ en Amérique du Nord et aux Pays-Bas, avant un déploiement prévu l'année prochaine dans le reste du monde. L'abonnement sera un peu plus cher que celui d'Apple, mais Disney pourra en revanche compter sur ses précieuses cartouches pour toucher le grand public. Outre les dessins animés qui ont fait sa renommée, la firme aux oreilles de Mickey dispose aussi des catalogues Pixar, Star Wars et des super-héros Marvel dont elle est propriétaire, ainsi que des programmes bien fournis de la 21st Century Fox.

La nouvelle guerre du streaming ne se limitera toutefois pas à ces trois adversaires. Omniprésent sur la scène internationale, le géant de l'e-commerce Amazon occupe déjà le champ de bataille audiovisuel avec son service Prime Video et l'on verra bientôt d'autres grands acteurs comme WarnerMedia et NBCUniversal lancer leurs plateformes respectives HBO Max et Peacock au printemps 2020. Le déploiement de ces nouveaux services de vidéos à la demande réduira sans doute la voilure du leader historique Netflix et ternira un peu plus encore l'aura de " la télé de papa ".