Les nouvelles technologies sont au centre des préoccupations des juristes d'entreprise et des avocats d'affaires. C'est ce que démontre la dernière enquête conduite par l'éditeur juridique Wolters Kluwer. Baptisée "Avocats et juristes face au futur. Au-delà de la pandémie", cette enquête internationale a été conduite auprès de 700 professionnels du droit, aux Etats-Unis et dans neuf pays européens, dont la Belgique.
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Les nouvelles technologies sont au centre des préoccupations des juristes d'entreprise et des avocats d'affaires. C'est ce que démontre la dernière enquête conduite par l'éditeur juridique Wolters Kluwer. Baptisée "Avocats et juristes face au futur. Au-delà de la pandémie", cette enquête internationale a été conduite auprès de 700 professionnels du droit, aux Etats-Unis et dans neuf pays européens, dont la Belgique. Les praticiens interrogés s'accordent à dire que la technologie prend de plus en plus de place dans le secteur juridique: 77% des répondants confirment "une importance croissante de la technologie juridique". En cette année de pandémie mondiale, ces outils ont montré leur utilité. "La crise sanitaire a renforcé le travail à distance et mis en évidence l'urgence de s'équiper d'outils numériques performants", souligne Laurence Vanhoenacker, directrice de la stratégie chez Wolters Kluwer Legal & Regulatory Benelux. La numérisation des échanges, l'accès à des plateformes et des bases de données en ligne sont une réalité implantée de longue date. Mais ces dernières années, des modules d'automatisation de contrats, des outils prédictifs, le big data et l'intelligence artificielle ont également fait leur apparition. On regroupe généralement ces technologies numériques au service du droit sous le vocable de legaltech. Au niveau international mais aussi en Belgique, des grands groupes et des start-up innovantes proposent de nouveaux outils qui bousculent les codes dans un secteur juridique traditionnellement conservateur. Ce que montre l'enquête de Wolters Kluwer, c'est aussi une dichotomie entre des entreprises et des cabinets qui embrassent ces technologies, et d'autres qui se montrent plus frileuses. "Certaines organisations s'adaptent moins vite que d'autres, confirme Laurence Vanhoenacker. Cela peut être dû à des raisons organisationnelles, à la difficulté de changer des process internes, à un manque de connaissances technologiques ou encore à des raisons financières." Ce n'est cependant pas le cas de tous les praticiens interrogés, loin de là: plus de la moitié des juristes et avocats (58%) affirment en effet qu'ils vont augmenter, au cours des 12 prochains mois, leurs investissements dans la technologie. Pour ces investissements, certains déploient des solutions en interne. Mais beaucoup d'organisations font confiance à des sous-traitants, notamment des start-up de la legaltech. 74% des praticiens interrogés affirment que les "prestataires alternatifs de services juridiques" prennent une importance accrue. Si les professionnels du droit investissent dans la technologie, c'est principalement parce que celle-ci permet "d'améliorer la productivité", comme l'indiquent 84% des répondants. Mais c'est aussi pour améliorer les relations entre cabinets d'avocats et services juridiques (80% des répondants), pour confier plus de travail à des non-juristes (70%) ou encore pour proposer des services plus flexibles, en libre-service, à leurs clients (70%). Les outils de legaltech les plus plébiscités par les juristes d'entreprise sont les outils collaboratifs, utilisés pour la création de documents et la révision des contrats. "Les logiciels d'automatisation dans la création de contrats et les logiciels de gestion des flux de travail font également partie des postes d'investissement prioritaires", précise Laurence Vanhoenacker.