Quelques jours avant l'élection du nouveau président américain, un article est apparu sur Facebook : " Un agent du FBI enquêtant sur les e-mails d'Hillary retrouvé mort ". Ce tissu de mensonges, publié à l'origine par le Denver Guardian (un faux site reprenant le nom d'un journal qui n'existe pas), a été partagé plus de 560.000 fois sur Facebook. D'autres fausses informations ont circulé tout au long de la campagne américaine : " Le pape soutient Donald Trump ", " Hillary Clinton achète pour 137 millions de dollars d'armes illégales ", etc.
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Quelques jours avant l'élection du nouveau président américain, un article est apparu sur Facebook : " Un agent du FBI enquêtant sur les e-mails d'Hillary retrouvé mort ". Ce tissu de mensonges, publié à l'origine par le Denver Guardian (un faux site reprenant le nom d'un journal qui n'existe pas), a été partagé plus de 560.000 fois sur Facebook. D'autres fausses informations ont circulé tout au long de la campagne américaine : " Le pape soutient Donald Trump ", " Hillary Clinton achète pour 137 millions de dollars d'armes illégales ", etc. Mark Zuckerberg a d'abord minimisé le problème, contestant une quelconque influence de ces fake news sur l'élection. Selon le CEO de Facebook, 99 % du contenu publié sur le réseau social est " authentique ". Mais les critiques ont continué de fuser : le président sortant Barack Obama a ainsi fustigé la " désinformation active " à l'oeuvre sur Facebook. Sous pression, Mark Zuckerberg a annoncé la mise sur pied d'un meilleur système de détection des fausses infos, basé notamment sur des signalements provenant des utilisateurs de la plateforme. Le réseau social veut également lutter contre le " business de la désinformation " en bannissant les sites de fake news. En clair : si Facebook repère un site publiant de fausses informations dans le seul but d'attirer des clics, le réseau social refusera de lui offrir des espaces de pub et coupera donc ses revenus publicitaires. Google, qui a aussi été pointé du doigt, a annoncé une mesure similaire dans le cadre de son service AdSense. De son côté, Twitter a lancé une vague de suppressions de comptes très actifs, notamment liés à l'extrême droite américaine qui a soutenu Donald Trump durant sa campagne, à coup de messages incendiaires. Twitter a également créé un système de signalement des tweets problématiques, afin de faciliter le travail de ses équipes de modération. Ces mesures seront-elles efficaces ? Il est trop tôt pour le dire, mais il est évident que des difficultés pratiques vont rapidement apparaître, à commencer par une question essentielle : qu'est-ce qu'une fausse information ? Comment distinguer une opinion (même extrême) d'une contre-vérité ? Quelles que soient les mesures mises en place, les médias sociaux resteront toujours dans une situation relativement inconfortable. Même s'ils annoncent vouloir lutter contre la désinformation, leur objectif de base est de générer un maximum de trafic sur leurs plateformes. Or, certains sites peu recommandables sont devenus des experts en la matière. " Les sites d'extrême droite sont parmi les plus actifs sur les réseaux sociaux, illustre Nicolas Vanderbiest sur son blog Reputatio Lab, où il étudie notamment la " fachosphère " (terme qui désigne l'extrême droite sur Internet, Ndlr). Même s'ils ne sont pas représentatifs de la société, ces sites produisent beaucoup plus de contenus que la moyenne. " Une production de contenus synonyme de revenus publicitaires pour les médias sociaux, qui seront toujours tiraillés entre les exigences " éthiques " et la réalité de leur business.