Chenille ou spermatozoïde ?

Dans un avenir proche, vous pourriez être soigné par des minirobots, dont certains sont 10 fois plus petits qu'une pièce d'un centime. L'un d'entre eux, baptisé " millirobot ", se déplace comme une chenille et peut porter sur son " dos " des médicaments plus lourds que son poids. Un autre prend, quant à lui, l'apparence d'un spermatozoïde. La taille de sa flagelle fait 1 à 12 mm de long. A plus long terme, les chercheurs imaginent des versions plus petites afin de fertiliser un ovule. Un minirobot peut être inoculé soit par ingestion, soit par injection. Il évolue ainsi dans le corps, via les vaisseaux sanguins par exemple, pour atteindre la zone dans laquelle le médicame...

Dans un avenir proche, vous pourriez être soigné par des minirobots, dont certains sont 10 fois plus petits qu'une pièce d'un centime. L'un d'entre eux, baptisé " millirobot ", se déplace comme une chenille et peut porter sur son " dos " des médicaments plus lourds que son poids. Un autre prend, quant à lui, l'apparence d'un spermatozoïde. La taille de sa flagelle fait 1 à 12 mm de long. A plus long terme, les chercheurs imaginent des versions plus petites afin de fertiliser un ovule. Un minirobot peut être inoculé soit par ingestion, soit par injection. Il évolue ainsi dans le corps, via les vaisseaux sanguins par exemple, pour atteindre la zone dans laquelle le médicament doit être administré.A Hong Kong, en Corée du Nord, aux Etats-Unis et en Inde, des unités planchent depuis plusieurs années sur cette technologie. L'Europe n'est pas à la traîne. Des chercheurs de l'Institut Max Planck, à Stuttgart, ont ainsi développé les robots se mouvant comme des chenilles. Un chercheur de l'Université d'Exeter (Grande-Bretagne) a, lui, présenté un projet de minirobots en forme de spermatozoïde. Selon les spécialistes interrogés, il n'y a pas de projet de ce type en Belgique." Toutes les recherches sur le sujet sont encore à l'état de projet, assure Jacques Devière, responsable du département de gastro-entérologie à l'hôpital Erasme. On ne devrait vraisemblablement pas voir ces robots avant 10 ans en application clinique. Différents problèmes se posent encore : la manière dont seront administrées les doses au niveau local ou le déplacement dans le corps. " Certains robots sont déjà passés à la pratique. Ainsi, un millirobot est parvenu à se déplacer dans un modèle synthétique d'estomac, des tissus de chair et des muscles de poulet.Ces robots ne se meuvent pas de manière électronique. Certains d'entre eux sont composés d'une pâte à base de polymère élastique dans laquelle sont incorporées des particules magnétiques. Pour faire bouger le robot, les chercheurs impulsent des ondes magnétiques qui modifient le gainage du robot et le font bouger. A l'instar d'une fourmi qui porte de la nourriture sur son dos, le robot agrippe ou intègre un médicament dans une poche, qui s'ouvre ensuite dans le corps. Un robot pourrait également prendre en charge des opérations de microchirurgie, dans le tube digestif ou le coeur, par exemple. A terme, l'objectif est de rendre le robot biodégradable. Il se dissolverait dans le corps.Une application plus tangible de cette technologie est l'imagerie médicale. Pour localiser certaines tumeurs ou certains problèmes dans les intestins, une capsule endoscopique d'environ 1 cm peut être avalée par le patient. Elle voyage ensuite dans le corps pour prendre des photos. " Le développement de l'imagerie médicale est amené à considérablement évoluer, assure Jacques Devière. Le groupe Sony et Olympus, spécialisé dans l'imagerie médicale, ont récemment fait une alliance. C'est un signe que le marché va se développer. Les alliances entre les médecins et ingénieurs représentent très clairement une tendance dans l'avenir de la médecine. "