Le géant de Mountain View peine à s'imposer sur le marché du smartphone. En tout cas du côté de la fabrication et la vente d'appareils. Google avait déjà revendu Motorola au chinois Lenovo en 2014, ne gardant plus que la marque Nexus (qu'elle applique sur des appareils Huawei ou LG), et le projet Ara. Ce dernier consistait en la mise en place d'un smartphone " modulaire " permettant aux clients de choisir leurs composants (appareil photo, batterie, processeur) et de les remplacer aisément.
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Le géant de Mountain View peine à s'imposer sur le marché du smartphone. En tout cas du côté de la fabrication et la vente d'appareils. Google avait déjà revendu Motorola au chinois Lenovo en 2014, ne gardant plus que la marque Nexus (qu'elle applique sur des appareils Huawei ou LG), et le projet Ara. Ce dernier consistait en la mise en place d'un smartphone " modulaire " permettant aux clients de choisir leurs composants (appareil photo, batterie, processeur) et de les remplacer aisément. Malgré quelques prototypes présentés en fanfare, Google vient d'annoncer la fin d'Ara. Des rumeurs évoquent également la fin du projet Nexus. En réalité, ces projets dans le hardware ne représentent pas grand-chose dans la stratégie mobile d'Alphabet, le holding dont Google fait partie. Le géant du Net n'a jamais eu vocation à devenir un véritable cons-tructeur. Sa stratégie a surtout consisté à " infiltrer " les fabricants de smartphones en leur proposant son " système d'exploitation " Android, qui occupe à ce jour 67 % du marché des smartphones et tablettes, selon le site Netmarketshare. Android représente le cheval de Troie de Google dans le secteur des téléphones. Son but : y générer de la publicité puisque l'OS embarque également une série de services (recherche mobile, cartographie, etc.) où s'affichent des annonces. Qu'Alphabet mette un terme à des projets " périphériques " n'a rien d'extraordinaire. Le cimetière d'idées de Google grandit en permanence. S'y côtoient des projets hyper visibles comme les Google Glass mais aussi des dizaines de petites initiatives méconnues et abandonnées. Le géant du Net poursuit à la fois le rêve d'allonger la durée de vie de l'être humain, d'installer des réseaux de fibre optique, d'envoyer des ballons dans l'espace pour proposer du wi-fi aux populations défavorisées, de faire rouler des voitures autonomes, etc. Le point commun ? Il se trouve dans la " donnée ", l'or noir sur lequel travaille Google et d'où la firme tire l'essentiel de ses revenus (21,5 milliards de dollars au deuxième trimestre), pour l'instant grâce à la publicité. Depuis qu'elle est placée sous la coupole du holding Alphabet, la firme de Mountain View doit, il est vrai, afficher plus de transparence dans ses comptes et dévoiler davantage de résultats pour chacune de ses activités. La CFO d'Alphabet, Ruth Porat, venue de chez Morgan Stanley, compte bien rationaliser les investissements du groupe. Elle a déclaré, peu après son arrivée il y a un an, que la firme ne peut se permettre de dépenser des sommes folles dans des projets à trop long terme. Raison pour laquelle elle a déjà fait part de son intention de se séparer de la firme de robotique Boston Dynamics. Mais cela n'empêchera pas Alphabet de se lancer dans des tas d'autres projets. Comme, par exemple, le service de covoiturage CarPool, concurrent de BlaBlaCar et d'Uberpool. Cela fait partie de l'ADN d'un géant innovant comme Google qui peut financièrement se permettre de nombreux échecs. Et préfère visiblement se " planter " que de rater un futur marché porteur.