...

La forte augmentation des prix du gaz naturel et de l'électricité n'est pas sans conséquence pour l'économie européenne. Le prix du gaz naturel, en particulier, s'est envolé, en partie parce que l'Europe s'efforce de reconstituer ses faibles réserves de gaz naturel avant la saison hivernale.Par rapport à l'année précédente, les prix de l'énergie en Belgique étaient plus élevés de 18,8 % en juin. Le prix du gaz naturel a augmenté de 24,7 % et celui de l'électricité, de 10,4 %. Les entreprises et les familles peuvent s'attendre à une augmentation considérable de leurs factures d'énergie."Lorsque les prix de l'énergie augmentent, l'inflation augmente traditionnellement plus vite en Belgique que dans les pays voisins", explique Frank Vandermarliere, économiste en chef d'Agoria.Dans quelle mesure cette hausse des prix est-elle préjudiciable à l'économie belge ?FRANK VANDERMARLIERE. "Heureusement, l'augmentation des prix touche toute l'Europe et ne se limite pas à la Belgique. Elle n'influence donc pas trop notre compétitivité. Une augmentation locale du prix de l'électricité, par exemple en cas de panne des centrales nucléaires, serait beaucoup plus dommageable pour notre économie. La hausse des prix de l'énergie est le symptôme d'une reprise économique qui s'accompagne encore de surcharges des chaînes d'approvisionnement."S'agit-il simplement d'une normalisation du prix du gaz, après la forte baisse des prix de l'année dernière ?Oui et non. Les réserves de gaz naturel de l'Europe n'ont jamais été aussi faibles. Toutefois, ce phénomène n'explique pas entièrement la forte hausse des prix. Les prix grimpent trop vite. Un facteur spéculatif entre également en jeu. Nous pouvons donc nous attendre à une normalisation des prix du gaz naturel dans les mois à venir."La hausse des prix de l'énergie est-elle aussi une conséquence de la politique climatique européenne plus stricte ?"À court terme, cette politique n'entraînera pas nécessairement de fortes hausses de prix. Toutefois, d'ici 2030, la situation pourrait évoluer. En réponse à la politique climatique européenne, les entreprises énergétiques investissent moins dans la capacité de production de combustibles fossiles. Une offre plus limitée rendra les prix de l'énergie beaucoup plus volatils. Attention : les prix peuvent également baisser fortement, si des percées technologiques rendent plus accessible l'offre d'énergie renouvelable relativement bon marché."