"Nous assistons déjà à des manifestations dans certains pays où les prix alimentaires et les produits de base augmentent très rapidement", a-t-il expliqué dans un entretien avec l'AFP, à l'occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international.

"Nous surveillons étroitement l'évolution", a ajouté l'économiste français alors que des milliers de personnes ont manifesté récemment en Argentine, en Grèce ou encore en France.

L'institution de Washington, qui a publié mardi ses nouvelles prévisions économiques mondiales, estime que l'inflation élevée est amenée à durer. Le pic devrait être atteint cette année mais elle restera supérieure l'année prochaine à l'objectif des 2% dans les pays avancés. Dans les pays émergents, elle sera encore de 6,5% contre 8,7% prévu cette année.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février et la série de sanctions contre Moscou ont aggravé la hausse des prix qui avait commencé l'an passé en raison des problèmes de logistiques liés à la pandémie. L'Ukraine et la Russie sont d'importants producteurs de céréales pour de nombreux pays, et la Russie est également une source d'énergie clé pour l'Europe.

Le Fonds est généralement opposé aux subventions notamment dans le secteur de l'énergie. Il est même la cible de protestations populaires contre les mesures d'austérité imposées par les gouvernements en échange de prêts du FMI. Mais face à une inflation record, il recommande "de prendre des mesures ciblées pour aider les populations vulnérables", explique M. Gourinchas.

"Cela peut prendre la forme de réduction des factures de services publics ou des transferts d'argent aux ménages à faible revenu en utilisant le programme d'assurance sociale existant", a-t-il détaillé, soulignant que ces aides directes doivent être allouées sans délai alors que la pauvreté se répand.

"Transparentes et temporaires"

"Dans les pays qui n'ont pas l'infrastructure nécessaire, cela peut prendre la forme de subventions aux prix de l'énergie, à condition qu'elles soient claires, transparentes et temporaires pour ne pas affecter trop longtemps le budget", a-t-il poursuivi. Pour les économies à faible revenu dont la marge de manoeuvre budgétaire est "très limitée" et dont les niveaux d'endettement sont élevés, une aide extérieure du FMI et d'autres organisations internationales est sans doute incontournable.

Face à l'urgence de la situation, il devrait y avoir "rapidement un effort coordonné pour mettre des ressources à disposition de ces pays", opine M. Gourinchas. Parallèlement, les banques centrales doivent agir vigoureusement même si une hausse des taux d'intérêt fragilisera davantage les pays pauvres endettés.

Pour les économies dont la dette n'est "tout simplement pas viable", il est urgent de procéder à une restructuration, a aussi exhorté Pierre-Olivier Gourinchas rappelant qu'il existe un cadre pour restructurer leur dette. Mis en place il y a plus d'un an par le G20, ce "cadre commun est censé réunir les créanciers du secteur public du Club de Paris, mais aussi d'autres créanciers de pays comme la Chine ou l'Inde", a-t-il ajouté.

Il a appelé à les "réunir autour de la table des discussions, pour trouver un traitement expéditif qui permette une réduction du poids de la dette". "C'est un processus compliqué" et pour l'instant, "ce cadre n'a pas vraiment eu de succès avec seulement trois pays africains, Tchad, Zambie et Ethiopie, qui en ont fait la demande sans qu'elle ait aboutie", a-t-il admis.

Et, "il y a des raisons objectives" au fait que le processus soit poussif, a-t-il également commenté, alors que les acteurs se heurtent notamment au manque de transparence sur les montants de dette vis-à-vis de la Chine. "Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas faire mieux". De plus, "c'est dans l'intérêt des créanciers de trouver une résolution rapide" et d'éviter une crise de la dette, a ajouté le responsable.

Pierre-Olivier Gourinchas, qui a rejoint tout récemment le FMI en remplacement de Gita Gopinath devenue numéro 2 de l'institution, s'attend à ce que la réunion du G20 mercredi se concentre sur l'insécurité alimentaire et la question de la dette.

"Nous assistons déjà à des manifestations dans certains pays où les prix alimentaires et les produits de base augmentent très rapidement", a-t-il expliqué dans un entretien avec l'AFP, à l'occasion des réunions de printemps du Fonds monétaire international."Nous surveillons étroitement l'évolution", a ajouté l'économiste français alors que des milliers de personnes ont manifesté récemment en Argentine, en Grèce ou encore en France. L'institution de Washington, qui a publié mardi ses nouvelles prévisions économiques mondiales, estime que l'inflation élevée est amenée à durer. Le pic devrait être atteint cette année mais elle restera supérieure l'année prochaine à l'objectif des 2% dans les pays avancés. Dans les pays émergents, elle sera encore de 6,5% contre 8,7% prévu cette année.L'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février et la série de sanctions contre Moscou ont aggravé la hausse des prix qui avait commencé l'an passé en raison des problèmes de logistiques liés à la pandémie. L'Ukraine et la Russie sont d'importants producteurs de céréales pour de nombreux pays, et la Russie est également une source d'énergie clé pour l'Europe.Le Fonds est généralement opposé aux subventions notamment dans le secteur de l'énergie. Il est même la cible de protestations populaires contre les mesures d'austérité imposées par les gouvernements en échange de prêts du FMI. Mais face à une inflation record, il recommande "de prendre des mesures ciblées pour aider les populations vulnérables", explique M. Gourinchas."Cela peut prendre la forme de réduction des factures de services publics ou des transferts d'argent aux ménages à faible revenu en utilisant le programme d'assurance sociale existant", a-t-il détaillé, soulignant que ces aides directes doivent être allouées sans délai alors que la pauvreté se répand. "Dans les pays qui n'ont pas l'infrastructure nécessaire, cela peut prendre la forme de subventions aux prix de l'énergie, à condition qu'elles soient claires, transparentes et temporaires pour ne pas affecter trop longtemps le budget", a-t-il poursuivi. Pour les économies à faible revenu dont la marge de manoeuvre budgétaire est "très limitée" et dont les niveaux d'endettement sont élevés, une aide extérieure du FMI et d'autres organisations internationales est sans doute incontournable. Face à l'urgence de la situation, il devrait y avoir "rapidement un effort coordonné pour mettre des ressources à disposition de ces pays", opine M. Gourinchas. Parallèlement, les banques centrales doivent agir vigoureusement même si une hausse des taux d'intérêt fragilisera davantage les pays pauvres endettés.Pour les économies dont la dette n'est "tout simplement pas viable", il est urgent de procéder à une restructuration, a aussi exhorté Pierre-Olivier Gourinchas rappelant qu'il existe un cadre pour restructurer leur dette. Mis en place il y a plus d'un an par le G20, ce "cadre commun est censé réunir les créanciers du secteur public du Club de Paris, mais aussi d'autres créanciers de pays comme la Chine ou l'Inde", a-t-il ajouté.Il a appelé à les "réunir autour de la table des discussions, pour trouver un traitement expéditif qui permette une réduction du poids de la dette". "C'est un processus compliqué" et pour l'instant, "ce cadre n'a pas vraiment eu de succès avec seulement trois pays africains, Tchad, Zambie et Ethiopie, qui en ont fait la demande sans qu'elle ait aboutie", a-t-il admis.Et, "il y a des raisons objectives" au fait que le processus soit poussif, a-t-il également commenté, alors que les acteurs se heurtent notamment au manque de transparence sur les montants de dette vis-à-vis de la Chine. "Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas faire mieux". De plus, "c'est dans l'intérêt des créanciers de trouver une résolution rapide" et d'éviter une crise de la dette, a ajouté le responsable.Pierre-Olivier Gourinchas, qui a rejoint tout récemment le FMI en remplacement de Gita Gopinath devenue numéro 2 de l'institution, s'attend à ce que la réunion du G20 mercredi se concentre sur l'insécurité alimentaire et la question de la dette.