Un espace aéré aménagé avec des matériaux récupérés : coffres en bois, bancs, tables, bureaux à partir d'ancien matériel du WTC... Le Yuman Village, premier one-stop shopping de produits circulaires, se révèle un lieu zen et chaleureux malgré ses 1.000 m2. Sur les étals : du linge, des cosmétiques, des produits d'entretien, des vêtements et accessoires, de la déco, etc. Et un coin dédié à la seconde main. Tous les produits proviennent de l'économie circulaire : écoconception, recyclage, upcycling (transformation d'un bien usagé en un nouvel objet), occasions, à partager, à louer... Des affichettes décrivent la provenance, la composition, l'usage, justifient la présence de chaque produit dans le magasin.
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Un espace aéré aménagé avec des matériaux récupérés : coffres en bois, bancs, tables, bureaux à partir d'ancien matériel du WTC... Le Yuman Village, premier one-stop shopping de produits circulaires, se révèle un lieu zen et chaleureux malgré ses 1.000 m2. Sur les étals : du linge, des cosmétiques, des produits d'entretien, des vêtements et accessoires, de la déco, etc. Et un coin dédié à la seconde main. Tous les produits proviennent de l'économie circulaire : écoconception, recyclage, upcycling (transformation d'un bien usagé en un nouvel objet), occasions, à partager, à louer... Des affichettes décrivent la provenance, la composition, l'usage, justifient la présence de chaque produit dans le magasin. Derrière ce projet qui se dit unique en Belgique : Christel Droogmans et Quentin de Crombrugghe. Issu du milieu bancaire, ce duo rêvait d'un projet qui ait du sens. " On a découvert en Suède un centre commercial à l'économie circulaire, raconte Christel Droogmans. Après l'avoir visité, on s'est dit qu'on ne ferait pas pareil car il ne vend que du seconde main. Or, nous voulions aller plus loin dans l'économie circulaire. Et contrairement au magasin suédois, qui se situe en banlieue, nous voulions un concept urbain, intégré dans la ville, que l'on puisse rejoindre à pied ou en transport en commun. " " Nous avions aussi découvert qu'il existait beaucoup de choses en économie circulaire, que soit dans l'alimentaire ou pas, ajoute Quentin de Crombrugghe. L'offre étant fort morcelée, nous avons voulu la rassembler en un seul lieu. " Le lieu, précisément, fut le plus difficile à trouver. " Il fallait un endroit vaste et bien situé, explique Christel. On s'est orienté vers le temporaire. Nous sommes donc ici dans un espace appartenant à Lidl pour une période limitée d'environ deux ans. " " Outre sa localisation, l'avantage d'un espace de ce type est aussi son coût, précise Quentin. Le montant de la location est moins élevé qu'un espace commercial classique. Pour l'aménagement, comme nous avons opté pour du matériel recyclé, on tourne autour des 10 euros le mètre carré, là où d'autres doivent investir plusieurs centaines d'euros. Nos investissements de départ sont donc assez faibles. Mais il faut aussi financer le stock, payer le loyer, l'entretien, etc. " Encore fallait-il que l'idée séduise... " On a débuté avec un Christmas pop-up store dans l'espace Louise, ce qui nous a permis de fédérer des partenaires (ils étaient sept au départ, ils sont 14 aujourd'hui, peut-être bientôt 20) mais aussi une communauté. En cela, les réseaux sociaux et le bouche à oreille ont joué un rôle important. Aujourd'hui, on voit des clients du pop-up revenir, des membres de notre page Facebook mais aussi de nouveaux visages, des amis d'amis et des curieux. La plupart des clients ont entre 25 et 40 ans : des gens désireux d'une autre forme de consommation. " Côté financement, le duo a fait appel à un mélange de fonds propres, de subsides, d'emprunt, de Brustart et d'investisseur privé. Côté vente, le fonctionnement est double : " Nous achetons et revendons directement tout ce qui touche aux cosmétiques, hygiène de la maison, zéro déchet et une partie de la déco, explique Quentin. Le reste, ce sont des produits en dépôt-vente gérés par nos partenaires qui viennent plusieurs fois par semaine. " Quant aux produits mêmes, " il faut qu'ils répondent aux critères de l'économie circulaire, soient les plus locaux possibles, avec un projet social et... ils doivent nous plaire ", ajoute Quentin. Avec des prix allant de 3 euros pour un savon à 250 euros pour une pièce de créateur (en neuf), le duo espère rentrer dans ses frais d'ici la fin de l'année, voire atteindre la rentabilité afin de pouvoir engager plus de personnel (l'équipe actuelle se compose de quatre personnes).Par Sigrid Descamps.