A la base du projet Yuman, il y a deux fondateurs, Christel Droogmans et Quentin de Crombrugghe, tous deux issus du monde bancaire et désireux de mettre sur pied un projet plus en phase avec leurs valeurs.

"Yuman village est une première en Belgique", explique Christel Droogmans, co-fondatrice du projet. "Aujourd'hui, il est facile pour le consommateur de trouver des produits bio, dans le domaine du "food". Mais dès qu'il désire autre chose ; il faut chercher, se déplacer, ce n'est pas facile... Le concept de Yuman c'est surtout la volonté de créer un "one stop shopping" de l'économie circulaire, de trouver plusieurs de ces produits (vêtements, bijoux, cosmétiques, décoration...) au même endroit. Nous avons visité un magasin de ce type en Suède et nous avons voulu implanter le concept en Belgique."

Le magasin a démarré fin mai de cette année, avec au départ 14 partenaires-entrepreneurs ; actuellement, ils sont déjà 21* à avoir rejoint le 123 chaussée de Charleroi à Bruxelles. Et le concept de ce lieu, aménagé avec du matériel réutilisé provenant notamment du WTC à Bruxelles, répond à une vraie attente du marché selon ses promoteurs. "Un peu plus de trois mois après l'ouverture, nous nous apercevons que notre magasin rencontre une réelle demande, tant de la part des Belges, que des touristes en visite dans la capitale. Il y a beaucoup de jeunes qui poussent la porte du magasin et des mamans, mais aussi des hommes. Et si notre public cible était au départ plutôt les jeunes, sensibles aux enjeux du climat, ils ne sont pas les seuls. Ils sont bien évidemment présents mais pas que... Nous avons une mosaïque de profils, doublée d'un vrai sentiment d'adhésion!"

Les deux fondateurs, Christel Droogmans et Quentin de Crombrugghe © Yuman

L'ensemble des produits, proposés par Yuman et ses partenaires-entrepreneurs, est issu de l'écoconception, du recyclage, de l'upcycling, des circuits courts, voire de la seconde main ou encore du partage et de la location, comme le souligne le communiqué. "Notre objectif est vraiment de réduire les déchets, de rallonger la durée de vie des produits et le recyclage, précise sa co-fondatrice. Par exemple, nous avons une créatrice qui crée des vêtements à partir d'échantillons et de chutes de tissus. Il y a des vêtements réversibles aussi, ce qui permet de nombreuses déclinaisons de tenues à partir de quelques pièces; ils peuvent aussi être portés plus longtemps avant d'être lavés. Sinon nous avons des partenaires qui transforment les pneus de vélos en ceintures, les bouteilles de vin en verres et en vases. Nous avons aussi comme partenaire un atelier de travail adapté qui récupère les bâches des grands chantiers à Bruxelles afin de les transformer en sacs ! Et ce qui est formidable c'est, qu'au-delà du concept d'économie circulaire, chaque produit à une histoire qui lui est propre, SON histoire, chaque produit a quelque chose à raconter !"

Concernant les prix des produits, Christel Droogmans précise : "nous avons essayé de rassembler une large gamme de produits afin d'en avoir à tous les prix, pour tous les budgets. Ainsi cela peut aller du t-shirt dégriffé à 5 euros au sac fait main à près de 200 euros." Et s'il est vrai que les cosmétiques sont plus chers qu'en grande surface, ils s'adressent à un public averti, à la recherche de produits de qualité et surtout d'informations concernant la composition de ceux-ci.

Un lieu de rencontre et d'échange

Mais ce "one stop shopping" est également un lieu d'échange, où les personnes se parlent et se rencontrent. Un aspect du projet qui réjouit ses fondateurs. "Nos clients nous posent des questions sur les produits, nous demandent des conseils ou formulent des demandes et des suggestions", s'enthousiasme Christel Droogmans. "C'est passionnant ces échanges ! On sent une réelle prise de conscience chez beaucoup d'entre eux, une volonté de changer, de franchir le pas."

Quentin de Crombrugghe, co-fondateur également, met lui en avant les différents ateliers thématiques, liés au bien-être et bien-vivre, organisés sur place. "Il y a des ateliers pour faire connaître et promouvoir d'autres modes de consommation." En effet, les prochains rendez-vous font la part belle à la réparation de vêtements, le recyclage et le surcycling, ou comment donner une deuxième vie à vos fringues. "Certains ateliers seront également à destination des entreprises qui veulent se sensibiliser davantage à l'économie circulaire", précise Quentin de Crombrugghe.

© Yuman

Mais Yuman ce n'est pas uniquement de la vente comme le souligne Quentin de Crombrugghe : "Nous avons aussi un partenaire qui met en avant le partage de matériel, sous forme de location. Quand on partage on promeut l'objet et non la possession de celui-ci. On peut ainsi louer l'objet le temps nécessaire sans devoir l'acheter." Il est ainsi possible de louer des vêtements de grossesse, ainsi les futures mamans n'ont pas besoin de les acheter, puis de les oublier au fond d'une armoire. A la fin de leur grossesse, elles les rendent et ceux-ci seront relouer à d'autres, afin de continuer le cycle. Mais il reconnait que ce n'est pas toujours évident de changer les habitudes et que la location de produits ne séduit pas tout le monde.

Contrairement à la location l'achat en seconde main a le vent en poupe et est même totalement entré dans les moeurs. "C'est amusant, commente Christel Droogmans, alors qu'il y a des années, l'achat de vêtements en deuxième main, par exemple, n'avait pas bonne presse, on considérait que c'était réservé aux personnes qui n'en avaient pas les moyens, aujourd'hui on est fier de dire qu'on s'habille en seconde main, ce n'est plus tabou que du contraire !"

Tout doucement les mentalités et les habitudes changent et c'est de ce changement que Yuman veut devenir un acteur à part entière.

* Isatio, Yuso, Tale Me, Usitoo, Pool, Kringwinkel, Najen Nature, L'ouvroir, Trait déco, Kalani, Bonjour Maurice, Eléonore de Lichtervelde, Joseffa, Elise Rolot, WeCo, Lokado, Happynest, Tichke Design, Belgian Carlo, Coulemelle et Pêle-Mêle.

Yuman - Chaussée de Charleroi 123 à 1060 Bruxelles

www.yumanvillage.be