Alyne François et son mari François Chasseur se sont lancés il y a quelques années dans une démarche de consommation zéro déchet, bien avant qu'elle ne devienne tendance. " En faisant mes courses, j'ai découvert que la plupart des petits sacs à vrac que l'on trouve dans le commerce étaient fabriqués au Bangladesh. C'est quand même un non-sens, me suis-je dit, alors qu'en Belgique, a priori, on sait encore coudre... " C'est alors qu'a germé la première idée de l'entrepreneuse. Au printemps 2017, elle et son mari mettent en ligne leur webshop qui propose un maximum de produits destinés à soutenir une démarche zéro déchet. Il est tout simplement baptisé www.zerodechet.be, un nom de domaine à en faire pâlir plus d'un à présent.

" En composant notre gamme, nous avons constaté qu'il n'existait pas d'alternative au film alimentaire fabriqué en Belgique. Tous étaient produits au Canada ou aux Etats-Unis. De nouveau, c'est dommage de faire venir un produit aussi simple ¬ un bout de tissu enduit de cire d'abeille ¬ d'aussi loin... Alors on s'est dit : 'faisons-les nous mêmes' ! "

Chez Wrapi, on revisite le mythe de l'entrepreneur dans son garage. Alyne et François ont commencé leur production dans leur propre cuisine. " Au début, on y consacrait trois soirées par semaine, en plus de nos jobs et de notre webshop. On coupait les petits carrés de tissu, on les enduisait et on les emballait. " Le couple produisait ainsi 250 Wrapi par semaine.

" Dès le début, le public a marqué un réel intérêt pour notre produit. Peut-être que cet intérêt était dû à notre recette secrète, sourit Alyne François. C'est un savant dosage de cire, de résine et d'huile de jojoba, qui rend notre Wrapi à la fois souple, adhésif et imperméable. "

Très vite, la production des Wrapi s'est trouvée à l'étroit dans la cuisine d'Alyne et François. De plus, les premiers concurrents sont arrivés sur le marché en 2018, ce qui a définitivement poussé le couple à voir plus grand et à sous-traiter la production à Entranam, une entreprise de travail adapté située en région namuroise. Actuellement, l'équivalent de trois temps-plein y produisent environ 1.500 unités par semaine.

" Nous avons fait le calcul début septembre : nous avons produit 30.000 pièces depuis janvier. C'est très grisant d'évoluer comme cela, commente Alyne, qui gère toute la logistique pour les 90 points de vente de la marque, principalement à Bruxelles et en Wallonie. Ce sont des épiceries vrac, des magasins bios ou de loisirs culinaires, des boutiques d'artisanat belge. Le réseau des 240 Magasins du Monde Oxfam distribuera prochainement nos produits. Nous avons développé pour Oxfam une gamme exclusive, produite à partir de pièces de lin cultivé en Belgique. Nous sommes très excités par ce nouveau partenariat qui nous offrira une belle visibilité partout en Belgique, même si cela accentue un peu la pression sur notre rythme de production. "

"Passe-moi le Wrapi"

Mais comment se démarquer quand on propose un produit relativement facile à faire soi-même et qu'on voit les concurrents se multiplier ?

" Nous ne suivons pas de plan précis qui nous permettrait de continuer à nous démarquer avec certitude, commente l'entrepreneuse. Nous travaillons en mode lean : nous testons nos produits sur le marché et les adaptons en fonction de la réponse du public. Notre but est, dans un premier temps, de rendre notre entreprise solide financièrement et de nous pencher sérieusement sur un business plan, même si nous ne nous sommes pas lancés dans ce secteur en nous disant qu'il y avait un maximum d'argent à se faire. " Un rêve ? Rester une référence et que le mot Wrapi entre dans le vocabulaire courant.

En attendant, Wrapi ambitionne de décrocher le Prix de l'innovation wallonne à Innovatech le 24 octobre prochain.

10,90 euros

Prix de départ pour un coton Wrapi imprégné de cire d'abeille, de résine et d'huile de jojoba.