Météo clémente

2.925.500 tonnes
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Valeur sûre et durable, l'olive verte ou noire demeure un fruit incontournable en apéritif, en ingrédient culinaire ou sous forme d'huile. La Belgique, terre d'immigration de populations des pays du Sud, est devenue une consommatrice friande du fruit des oliviers d'Espagne, de Grèce, d'Egypte, d'Italie ou du Maghreb... pays au climat propice. Sauf que celui-ci change, surtout dans nos pays de zone tempérée où les températures grimpent, où les étés enchaînent des records de chaleur et les hivers des vagues de douceur. "De quoi tenter une vraie culture de l'olive sous nos cieux belges!" s'est convaincu Lorenzo Colle, évoluant depuis sa naissance sous le signe de l'olivier. Descendant d'une longue lignée d'oléiculteurs espagnols et lui-même importateur d'huile d'olive ibère via sa société CO&OIL fondée en 2015, le jeune entrepreneur de Scherpenheuvel a planté il y a trois ans une centaine d'oliviers. Pour tester. "Le choix de l'olivier est capital. J'ai choisi cette variété largement cultivée dans la région de Tarragone en Espagne. Ses olives sont petites et rondes et quand elles mûrissent, leur couleur passe du vert au violet, puis noir." Après trois récoltes, le jeune cultivateur a récolté quelque 100 kg d'olives Arbequina. Assez concluant que pour élargir son oliveraie de 1.000 nouveaux oliviers plantés ce premier week-end de mai sur 2.500 m2 à Eksaarde, près de Lokeren. Objectif: récolter 300 à 400 kg d'olives par an. L'oléiculteur pionnier ne se met pas de pression et épouse l'air du temps. Comme pour l'huile qu'il importe et commercialise dans des bouteilles de vin avec bec verseur, il veut la jouer production artisanale, édition limitée et qualité supérieure. Pour cuisines de restos, épiceries fines et clients connaisseurs. "Comme producteur d'olives made in Belgium, je suis précurseur, mais libre à d'autres de suivre mon exemple puisque cela marche. Mon étape suivante sera, à l'horizon de cinq ans, de produire une quantité modeste mais unique d'huile olive belge."Après le vin, voici donc l'olive dans les starting-blocks pour faire exister un label belge. A quand des avocats, bananes ou autres denrées exotiques à cultiver sous nos latitudes? Tous les voyants sont au vert pour y songer. Les exportations mondialisées polluantes sont blacklistées, le réchauffement climatique permet à des pays comme la Belgique d'envisager de nouvelles denrées à cultiver de manière responsable et à écouler localement... L'olive version belge représente un joli test, pas simple mais excitant, pour mesurer le potentiel du modèle.