L'été s'annonce chaud pour vos placements. Le 24 juin restera un vendredi noir pour les Bourses européennes. Nombre d'épargnants qui avaient pris des précautions en vue du Brexit se retrouvent maintenant complètement perdus. Une période de grande volatilité et d'incertitude s'ouvre pour les investisseurs, alors que les taux n'ont jamais été aussi bas et ne semblent pas prêts à remonter. Voici quelques clés pour comprendre comment réagir dans ce contexte chahuté.
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L'été s'annonce chaud pour vos placements. Le 24 juin restera un vendredi noir pour les Bourses européennes. Nombre d'épargnants qui avaient pris des précautions en vue du Brexit se retrouvent maintenant complètement perdus. Une période de grande volatilité et d'incertitude s'ouvre pour les investisseurs, alors que les taux n'ont jamais été aussi bas et ne semblent pas prêts à remonter. Voici quelques clés pour comprendre comment réagir dans ce contexte chahuté. La Bourse de Londres va mieux. La petite frayeur post-Brexit qui a fait chuter l'indice principal a vite été oubliée depuis que les marchés ont retrouvé leur niveau d'avant référendum. Ou presque. Car la chute, finalement limitée, n'est pour certains que le prémisse d'une période d'agitation des marchés. Voilà pour le scénario positif. Les autres sentent déjà le parfum d'une crise financière tant les similitudes avec l'épisode 2008 inquiètent. " Le premier mot qui vient à l'esprit, c'est la volatilité au gré des déceptions et des joies, plante Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management de Lille. Un jour, on aura un espoir dans un sens, puis une petite phrase fera repartir les marchés dans l'autre. " Le maître mot des prochaines semaines, voire des prochains mois ou prochaines années sera donc l'incertitude et, pour les investisseurs, les hausses soudaines et baisses brutales qui l'accompagnent. " La volatilité est une menace ", avertit immédiatement Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan. Et au vu des événements à venir, on ne voit pas bien comment celle-ci pourrait se réduire rapidement. Statut des relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Europe, sort de la City de Londres, fonds immobiliers britanniques gelés, mais aussi élections américaines et françaises, les suppositions des investisseurs vont continuer à agiter les marchés. " C'est un malade sur lequel les médecins posent tous un diagnostic différent. Tous ces blocages vont créer d'autant plus d'instabilité ", prévient Eric Dor. " Il y a toujours de l'exagération dans les marchés financiers ", avance quant à lui Paul De Grauwe. Le professeur d'économie à la KU Leuven et la London School of Economics tempère aussi le spectre des élections politiques : " Des élections, il y en a toujours, donc cela ne peut pas être un facteur aussi important. " Vincent Juvyns confirme : " Si l'on enlève l'aspect politique, on voit que l'environnement économique est plutôt positif. " Mais l'histoire a prouvé que les longues périodes d'instabilité boursières existent. La seule certitude de cet environnement rempli d'incertitude, c'est que cette période de volatilité est là pour durer. " Il faudra bien s'en accommoder ", regrette Paul De Grauwe. De consensus d'analystes, les taux des obligations les plus sécurisées continueront à baisser comme le prouvent les emprunts d'Etat qui passent tour à tour en territoire négatif. Et si l'ensemble des taux continuent à chuter, ce n'est pas le compte d'épargne ou les produits à taux garantis qui risquent de reprendre des couleurs. Se réfugier dans les valeurs sûres ? Oui, mais les obligations à long terme à taux très bas s'avéreront coûteuses le jour où les marché se reprendront. Tenter les actions où la volatilité doit sûrement laisser place à quelques bonnes affaires ? " Vendre, c'est souffrir d'une décote. Acheter maintenant est beaucoup trop précipité ", souligne Vincent Juvyns. " Je ne vois pas très bien comment les implications du Brexit pourraient vraiment affecter la croissance de certains pays où les Bourses sont perturbées en ce moment, précise toutefois Paul De Grauwe. Cela se stabilisera. " Si ce n'est sur les marchés financiers américains où les indicateurs économiques, même modestes, restent meilleurs que de l'autre côté de l'Atlantique, le ciel n'offre pas beaucoup d'éclaircies. Le seul conseil des gestionnaires d'actifs et autres analystes à appliquer immédiatement reste celui de ne pas foncer, tête baissée, à la recherche des dernières opportunités risquées qui s'offrent aujourd'hui. Ne pas se braquer, avoir conscience que les marchés resteront extrêmement volatils. " Du point de vue de l'investisseur en zone euro, acheter de la dette allemande est une garantie, même s'il y a une perte financière en contrepartie ", estime Eric Dor. Car, du côté obligations d'Etat, les titres qui offrent un rendement positif (même minime) se font de plus en plus rares. L'obligation belge à 10 ans flirte désormais avec 0 % pendant que le Bund allemand sur la même période vient tout juste de passer en territoire négatif. Avec des taux suisses eux aussi toujours plus bas, prêter à la Confédération sur 50 ans est désormais un privilège qui coûte de l'argent puisque le taux d'intérêt a lui aussi franchi la barre symbolique du 0 %. Faut-il donc à tout prix éviter des obligations d'Etat qui ne rapportent rien ? " Cela peut avoir un intérêt tactique dans un portefeuille ", avance Vincent Juvyns. Tactique, car placer son argent dans une obligation à rendement minimum, même négatif, est une quasi-garantie de retrouver une certaine somme d'argent à la sortie que tous les types investissement ne peuvent pas promettre pour l'instant. Toujours mieux que la pire des solutions. Les obligations d'Etat, même à taux négatif, connaissent donc toujours un succès important. " Ce que disent les marchés en achetant autant de ces titres ? Ils supplient les Etats d'émettre plus d'obligations ", analyse Paul De Grauwe. A côté des obligations européennes " refuge ", c'est la dette américaine à 10 ans qui continue de séduire avec un rendement qui tourne autour de 1,5 %, peu mais plus élevé que 85 % des obligations dans le monde. Quant aux obligations d'entreprise, elles ne sont pas toutes à jeter. Mais " aborder le marché obligation par obligation n'a pas grand intérêt pour un particulier, précise Vincent Juvyns. Au sein d'un fonds par contre, elles continuent à donner des rendements positifs ". Certains fonds réalisent encore jusqu'à 4 % de rendement. Mais il faut distinguer les titres achetés par les particuliers, qui tendent à garder leur obligation jusqu'à leur date de maturité, des rendements réalisés par les investisseurs professionnels qui la revendront souvent avant la date d'échéance. Bien sûr, laisser son argent sur un compte d'épargne qui ne rapporte plus que 0,11 % (0,01 % de taux de base + 0,10 % de prime de fidélité) est à déconseiller. Jamais pourtant les livrets n'ont été aussi populaires : ils abritent désormais 263 milliards d'euros. Un record. Est-ce parce que c'est le placement le plus sûr ? Parce que son rendement n'est pas négatif ? Parce qu'il n'y a pas d'autres alternatives ? " Les épargnants hésitent à placer leur argent à long terme et prennent une position d'attente ne sachant pas vers où aller ", observe Marc Hainaut, responsable de la gamme de produits d'investissement chez Belfius. Pour ceux qui souhaitent parquer leurs liquidités, le temps d'y voir plus clair, le livret reste donc incontournable. Mais pour limiter les dégâts de l'inflation (actuellement supérieure au rendement de votre compte d'épargne), il existe des comptes nettement plus généreux que les moins bonnes offres. Parmi ceux-ci, les comptes " step-up ", avec versements mensuels (voir tableau "Les comptes d'épargne à versement mensuels") . Ils affichent encore un rendement supérieur à 1 %, soit 10 fois plus que les comptes de base des grandes banques. Citons à ce propos le tout nouveau compte d'épargne Step-up de Beobank, qui affiche un rendement global de 1,20 % (taux de base de 0,20 % + prime de fidélité de 1%). Impossible cependant de transférer en une fois plusieurs dizaines de milliers d'euros sur ce genre de compte. Les dépôts sont limités à 750 euros par mois. Il faut aussi attendre plus d'un an avant d'encaisser la prime de fidélité. Quant aux bons de caisses et aux comptes à terme, ils sont à éviter. " Ce n'est jamais le bon moment pour commencer à investir. Il y a toujours des chocs qui font bouger les Bourses et les marchés financiers ", prévient Wim Pauwels, directeur de la communication d'Axa. Hasard du calendrier et quelques jours seulement avant le référendum britannique, la banque vient de lancer son dernier produit : un plan d'investissement progressif qui permet de placer son argent dans un des quatre fonds maison à partir de 25 euros par an pour ceux qui souhaiteraient obtenir davantage de rendement qu'un compte d'épargne par exemple. Mais la banque prévient en toute lettre : " Investir comporte des risques. Le plan d'investissement ne constitue pas une garantie de capital. " Si ce type d'investissement était jusqu'il y a peu réservé à ceux qui avaient une épargne un peu plus conséquente, la plupart des institutions ont décidé de mettre en avant ce type de placement en abaissant le niveau d'entrée et en encourageant l'épargne progressive. " Il faut viser le long terme et ne pas paniquer à chaque choc dans les marchés ", rassure-t-on chez Axa. Chez ING, le Focus Plan permet d'investir à partir de 25 euros par mois, jusqu'à 250 pour les plus économes. Même proposition chez BNP Paribas Fortis, où le produit Flexinvest est ouvert à partir de 30 euros par mois dans le fonds de placement de son choix. La moyenne des investissements tourne autour de 242 euros par mois pour un produit qui a connu une croissance de près de 25 % l'an dernier. Pareil pour Belfius, KBC ou de plus petites institutions qui permettent également d'investir dans des fonds ou des Sicavs à partir de 25 euros en général. Si les produits d'investissement sont ouverts, la question reste de savoir s'il est vraiment temps d'investir dans un produit avec un rendement potentiel plus élevé mais sans garantie. " Les résultats ne sont pas si mauvais ", estime Vincent Juvyns. De fait, dans les simulateurs de rendement, même la plus petite épargne mensuelle avec une stratégie prudente donne encore lieu à un rendement. Mais il faut attendre au moins cinq ans en moyenne pour espérer un bénéfice et tenir compte des frais de gestion ainsi que du potentiel coût de retirer son argent. " Nous constatons une augmentation sensible de la demande pour ce genre de produits depuis le début de l'année, indique Marc Hainaut. Elle est environ 15 % plus élevée que l'an dernier. Cela veut dire qu'une frange grandissante de la clientèle est prête à abandonner le (maigre) rendement que lui procure actuellement un placement pour autant que celui-ci lui offre la certitude de retrouver son argent à terme. " Exemple de formule proposée actuellement par la banque : le Belfius Financing Multicallable Demography 7. De quoi s'agit-il ? D'une obligation structurée liée à un indice boursier (disponible à partir de 1.000 euros). Celle-ci donne droit à un remboursement de 100 % du capital investi en cas de remboursement anticipé par l'émetteur après six, sept, huit ou neuf ans ainsi qu'à l'échéance finale après 10 ans. En cas par exemple de remboursement après six ans, le capital sera intégralement remboursé majoré d'une plus-value (avant précompte mobilier de 27%) égale à 18 % (6 x 3%). Grosso modo : le produit rapporte 10 fois plus qu'un bon de caisse d'une durée de six ans (0,35 % brut par an). Mais comme le rappelle Marc Hainaut, ce genre de produit ne s'adresse qu'aux épargnants qui disposent déjà d'une réserve financière pour faire face aux imprévus : " Dans la construction d'un portefeuille, il doit s'envisager sur la partie libre de celui-ci ". Pas de produit de ce genre pour le moment chez Beobank, où on oriente le client à la recherche d'une protection de son capital vers de l'assurance-épargne de la branche 21 classique (rendement garanti), tout en rappelant qu'il s'agit d'un placement de complément pour une durée minimale de cinq ans, voire au mieux pour huit ans. " Même si le rendement n'est pas énorme et s'il y a des frais à l'entrée, nous observons toujours une certaine demande pour ce genre de produits qui offrent plus de liquidité qu'une obligation structurée ", note Gilles Coens, product manager savings & investments chez Beobank. Attention aussi à la taxe de 2 % sur les primes versées et qui vient rogner le rendement (1,8 % en 2015 pour le Nell Safe plus de Beobank). Comme le dit Koen De Leus, économiste à la KBC, " l'été s'annonce long et chaud en Bourse ". Certes, " les banques centrales sont à la manoeuvre et assurent une liquidité interbancaire suffisante ", souligne Marc Craquelin, directeur de la gestion d'actifs à La Financière de l'Echiquier, pour qui il est probable qu'une partie de la sous-performance constatée depuis le début de l'année entre les actions européennes et les actions américaines reflétait un positionnement fondamentalement prudent des investisseurs avant le référendum. N'empêche : le vote en faveur du Brexit a surpris la plupart des experts et les marchés demeurent stressés. Ils mettent notamment les valeurs bancaires sous pression. " Le Brexit n'a, en tant que tel, pas d'influence significative sur les banques, observe le directeur de la recherche chez Degroof Petercam Bruno Colmant, mais il y a des effets dérivés. Tout d'abord, le Brexit montre que les arrangements institutionnels ne sont pas immuables. Les Etats veulent moins d'Europe, ce qui se traduit par le caractère totalement utopique d'une union fiscale et budgétaire, pourtant nécessaire à l'euro. Le Brexit introduit donc un soupçon de risque systémique. De plus, le Brexit conduit à des taux d'intérêt bas pendant une période prolongée, ce qui est néfaste à la rentabilité bancaire. " A cela s'ajoute le problème des banques italiennes, dont les crédits douteux dépasseraient les 360 milliards d'euros soit 20 % du PIB du pays. Raison pour laquelle Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco Dewaay, préconise de faire le gros dos : " Globalement, les portefeuilles des clients sont légèrement sous-pondérés en actions. Ainsi, pour un profil balancé qui comprend normalement entre 43 et 57 % d'actions, nous sommes proches des 40 % pour la poche actions. Idem pour un portefeuille 100 % actions, où nous tournons pour le moment davantage autour des 80 % avec à côté une partie en cash. " Les actions restent cependant quasiment la seule classe d'actifs où l'on peut encore espérer des rendements à l'ancienne. D'aucuns pensent d'ailleurs qu'il est temps pour ceux qui se sont mis à l'abri avant de déjà se repositionner. La société de Bourse Leleux est par exemple à l'achat sur le groupe d'assurance Ageas mais aussi sur KBC, estimant qu'il s'agit d'" une banque des plus rentables en Europe ". Un avis que partage Koen De Leus pour qui il y aura peut-être des bonnes affaires à saisir " si les cours baissent encore de quelque pour cent ". Quant à Eric Dor, il considère que quelques actions américaines sont quasiment devenues des valeurs refuge dans la mesure où les indicateurs américains sont meilleurs et que le dollar est plus stable que l'euro ou la livre. " Il n'y a plus vraiment de valeur refuge en ce moment si ce ne sont peut-être quelques actions américaines libellées en dollar qui restent intéressantes à long terme si l'on est prêt à attendre la fin de la période d'instabilité ", dit-il. Comme l'indique le porte-parole de Keytrade Steven Van Gaever, " fonds indiciels, trackers et ETF figurent parmi les rares produits qui gagnent actuellement en popularité auprès des épargnants ". Outils dits de gestion passive, ces sicav d'un genre un peu particulier se contentent en effet de répliquer un indice boursier, quelle que soit son évolution (positive ou négative). Exemple : le TreeTop World Equity Index A proposé par le gestionnaire d'actifs belge Tree Top Asset Management. Investissant dans le MSCI World ACWI Index, il couvre 2.500 sociétés cotées à travers le monde, soit 85 % de la capitalisation boursière mondiale. Ouvert à tous les épargnants, la souscription se fait via la plateforme online de Tree Top à partir de 250 euros. Les frais totaux s'élèvent à 0,65 % par an (soit 6,5 euros pour un montant investi de 1.000 euros). " Vu l'incertitude actuelle, ce type de fonds est certainement une alternative pour ceux qui veulent placer une partie de leurs économies à long terme sans prendre trop de risques, avance Thierry Beauvois, senior financial advisor chez Tree Top Asset Management. Aucune banque n'offre ce type de fonds indiciel avec un coût pareil. " Depuis son lancement au printemps 2015, le fonds a collecté plus de 250 millions d'euros. Sa performance s'inscrit toutefois en recul (- 4%). Rares sont cependant les gestionnaires qui ont fait mieux. " Sur 10 ans, la Bourse mondiale progresse généralement en moyenne de 7 à 8 % par année ", soutient Thierry Beauvois. Selon les calculs de la start-up belge Easyvest, spécialisée dans la gestion de portefeuille en ligne et automatisée, son approche de gestion via des trackers a généré 2 % de rendement supplémentaire par an en moyenne, au cours des 10 dernières années, par rapport aux banques privées traditionnelles, et cela quel que soit votre profil d'investissement. Certains trackers sont toutefois plus risqués que d'autres. Intéressant donc dans un portefeuille bien diversifié. Toutes les étoiles sont bien alignées : les taux d'intérêt sont au plus bas, les réserves en devises étrangères trop instables et les marchés inquiets. " C'est du pain béni pour l'or ", confirme Frank Vranken, chief strategist chez Puilaetco Dewaay. Le métal jaune, valeur refuge par excellence, a de fait vu sa valeur grimper depuis le vote britannique pour frôler les 1.360 dollars, soit 24 % de plus que son cours pré-Brexit. C'est qu'en plus de rassurer quand rien ne va plus sur les marchés, les investisseurs y voient encore une opportunité de réaliser un bénéfice puisque que le précieux métal est encore loin de son record historique à 2.000 dollars atteint il y a quelques années. " La seule crainte, c'est qu'il ait un peu de surchauffe sur les marchés ", tempère Frank Vranken. Certains craignent que la hausse de l'or soit du domaine de l'utra-spéculatif. Et le métal jaune n'offrant ni dividende, ni coupon, son prix est difficilement objectivable et ne se détermine qu'en le comparant aux autres commodités. " Sur l'or, je reste plus en retrait, nuance cependant Vincent Juvyns. C'est intéressant pour des gens avec énormément d'argent, mais pas forcément pour l'investisseur particulier. " " C'est vrai que l'or ne sert à rien et que l'on ne peut pas le valoriser, confirme Delphine Wykes, asset manager chez Degroof Petercam. Mais il est intéressant à titre de diversification car sa volatilité est faiblement corrélée à celle des autres actifs. " Autrement dit, investir en or permet d'assurer son portefeuille contre la volatilité des devises en ce moment, pour autant que cette prise de position reste limitée. " Il ne faut pas oublier que l'or qui est une devise refuge reste un actif extrêmement volatil ", rappelle Delphine Wykes. Si l'or physique, celui que l'on peut toucher et placer dans un coffre, reste un investissement de puriste, les fonds d'or papier ont le vent en poupe. Quant aux autres métaux précieux, ils suivent sagement la hausse de la référence or. Même l'argent, qui enregistrait pourtant un léger retard, rattrape la poussée du métal jaune. Le Brexit pourrait avoir un impact positif sur l'immobilier belge. Outre le spectre d'une crise immobilière outre-Manche, institutions financières et entreprises qui gravitent autour de Londres pourraient quitter la capitale britannique pour venir se relocaliser... à Bruxelles. " Tant au niveau du marché de bureaux que du marché résidentiel, cela pourrait avoir un impact très positif sur la croissance des prix ", estime le groupe immobilier Trevi. Le niveau toujours plus bas des taux d'intérêt devrait également continuer de soutenir le marché belge, atteignant de nouveaux records en termes de transactions. Pour les investisseurs qui disposent d'une somme à placer, cette faiblesse des taux rend en effet les alternatives sûres comme le compte d'épargne ou les obligations d'Etat très peu rémunératrices, voire coûteuses. La meilleure preuve en est que, pour combattre les taux bas, Belfius va s'associer avec quelques promoteurs pour développer avec eux des projets immobiliers de qualité dans lesquels les clients aisés de la banque pourront investir, la banque offrant aussi, naturellement, la gamme de services associés à ces produits (financement, assurances...). Le bien d'investissement-type ? Un appartement de gamme moyenne avec deux chambres, à la consommation énergétique maîtrisée et aux charges faibles. Bruxelles reste de ce point de vue-là très attractive, mais des villes comme Mons ou Gand présentent pas mal de potentiel. Le marché n'est cependant pas totalement à l'abri de certaines menaces (remontée des taux, taxation des loyers). Faut-il le rappeler, investir dans l'immobilier présente aussi des inconvénients. En plus du prix d'achat, il faut tenir compte des taxes et des frais (précompte immobilier, taxes sur les résidences secondaires, droits de succession, etc.). Et si le bien est revendu endéans les cinq ans après son achat, la plus-value éventuelle fait l'objet d'une lourde taxation (16,5 %). Et puis, l'immobilier locatif est un placement à long terme qui par définition n'est pas liquide. Faut-il dès lors se tourner vers l'immobilier coté en Bourse, c'est-à-dire vers des actions de sociétés immobilières réglementées (SIR, les anciennes Sicafi) ? Offrant un joli dividende de 4 à 5 % par an, ces SIR, victimes de leur succès auprès des pensionnés, sont néanmoins devenues " beaucoup trop chères et surévaluées ", estime-t-on chez Leleux. Avec des cours qui n'ont cessé de grimper ces dernières années, certains craignent même un retour de flamme. Pour Montea par exemple, la banque KBC ne recommande plus d'acheter le titre mais simplement de le conserver. Par Sébastien Buron et Morgane Kubicki