Un constat interpellant

Selon l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une bouteille de vin en verre de 75 cl émet, lors de sa production, 1,1 kg de CO2 dont près de la moitié (46%) est liée au contenant (bouteille, bouchon, étiquette, colle, etc.). A cela s'ajoute les dégâts environnementaux du transport. Celui-ci représente, d'après l'Institut français de la vigne et du vin, 2% des émissions totales de CO2 du secteur agricole. C'est beaucoup et, de bonne volonté, les professionnels du vin cherchent des solutions. La dernière initiative en date? Remplacer le verre par du carton, nettement plus léger à transporter.

83 grammes

Le poids de la bouteille en carton Frugal. En moyenne, cette dernière est cinq fois plus légère qu'une bouteille en verre.

Six fois moins de CO2

La bouteille Frugal est conçue par l'entreprise britannique Frugalpac, spécialisée dans l'emballage durable. Au Royaume-Uni, du whisky Johnnie Walker est déjà commercialisé sous cette forme. La bouteille est constituée à 94% de carton recyclé. Une doublure en plastique indispensable à la conservation du vin complète l'emballage. Pour le tri sélectif, les deux matières sont séparables grâce à une languette (cf. photo plus bas) . L'initiative est d'autant plus intéressante que le coût de production serait similaire à celui d'un contenant en verre tandis que, selon une étude de l'entreprise de certification Intertek, les Frugal présentent une empreinte carbone six fois inférieure (84%) à celle des bouteilles en verre.

La psychologie du vin

Convaincu, le groupe Delhaize a décidé de commercialiser dans une telle bouteille le Planet B (7,99 euros), un rouge espagnol bio. Le concept ne fait toutefois pas l'unanimité. L'une des raisons citées par Colruyt pour ne pas suivre la tendance est que la présentation est moins attrayante. "L'aspect psychologique joue beaucoup, reconnaît Sandrine Goeyvaerts, une ex-sommelière devenue caviste chez Lacroix Vins et Spiritueux. C'est comme pour le bouchon de liège: il peut altérer le goût mais, malgré les alternatives, on continue à l'utiliser. Pour les consommateurs, un vin de qualité va de pair avec une belle bouteille en verre, un bouchon de liège et une étiquette prestigieuse."

© PG

Pas pour les grands crus

La Frugal se rapproche des bags in box (BIB), autre nom des cubitainers , qui contiennent de plus grandes quantités de liquide et sont toujours en progression. Alors qu'ils ne représentaient que 2% des ventes totales de vin en 2017, les BIB occupaient 6% du marché en 2019, selon le consultant Wine Intelligence. Peut-on espérer une telle croissance pour les bouteilles en papier? Au stade actuel, celles-ci ne sont l'affaire que d'un marché de niche. "A priori, la matière n'impacte pas le goût. Mais dans l'esprit du Belge, le BIB est un vin de faible qualité. Psychologiquement et pour la conservation à long terme, dans des caves, on ne se débarrassera pas de la bouteille en verre pour les grands crus. Par contre, pour le vin plus courant, le bag in box ou les nouvelles initiatives peuvent être des options intéressantes", estime Sandrine Goeyvaerts.

Un article de Nicolas Sohy.

Selon l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une bouteille de vin en verre de 75 cl émet, lors de sa production, 1,1 kg de CO2 dont près de la moitié (46%) est liée au contenant (bouteille, bouchon, étiquette, colle, etc.). A cela s'ajoute les dégâts environnementaux du transport. Celui-ci représente, d'après l'Institut français de la vigne et du vin, 2% des émissions totales de CO2 du secteur agricole. C'est beaucoup et, de bonne volonté, les professionnels du vin cherchent des solutions. La dernière initiative en date? Remplacer le verre par du carton, nettement plus léger à transporter. La bouteille Frugal est conçue par l'entreprise britannique Frugalpac, spécialisée dans l'emballage durable. Au Royaume-Uni, du whisky Johnnie Walker est déjà commercialisé sous cette forme. La bouteille est constituée à 94% de carton recyclé. Une doublure en plastique indispensable à la conservation du vin complète l'emballage. Pour le tri sélectif, les deux matières sont séparables grâce à une languette (cf. photo plus bas) . L'initiative est d'autant plus intéressante que le coût de production serait similaire à celui d'un contenant en verre tandis que, selon une étude de l'entreprise de certification Intertek, les Frugal présentent une empreinte carbone six fois inférieure (84%) à celle des bouteilles en verre. Convaincu, le groupe Delhaize a décidé de commercialiser dans une telle bouteille le Planet B (7,99 euros), un rouge espagnol bio. Le concept ne fait toutefois pas l'unanimité. L'une des raisons citées par Colruyt pour ne pas suivre la tendance est que la présentation est moins attrayante. "L'aspect psychologique joue beaucoup, reconnaît Sandrine Goeyvaerts, une ex-sommelière devenue caviste chez Lacroix Vins et Spiritueux. C'est comme pour le bouchon de liège: il peut altérer le goût mais, malgré les alternatives, on continue à l'utiliser. Pour les consommateurs, un vin de qualité va de pair avec une belle bouteille en verre, un bouchon de liège et une étiquette prestigieuse." La Frugal se rapproche des bags in box (BIB), autre nom des cubitainers , qui contiennent de plus grandes quantités de liquide et sont toujours en progression. Alors qu'ils ne représentaient que 2% des ventes totales de vin en 2017, les BIB occupaient 6% du marché en 2019, selon le consultant Wine Intelligence. Peut-on espérer une telle croissance pour les bouteilles en papier? Au stade actuel, celles-ci ne sont l'affaire que d'un marché de niche. "A priori, la matière n'impacte pas le goût. Mais dans l'esprit du Belge, le BIB est un vin de faible qualité. Psychologiquement et pour la conservation à long terme, dans des caves, on ne se débarrassera pas de la bouteille en verre pour les grands crus. Par contre, pour le vin plus courant, le bag in box ou les nouvelles initiatives peuvent être des options intéressantes", estime Sandrine Goeyvaerts.Un article de Nicolas Sohy.