De leur côté, les autorités belges ont lancé des inspections dans les maisons de retraite du même groupe pour corriger d'éventuels dysfonctionnements.

Le conseil d'administration du groupe Orpea a décidé dimanche soir de mettre fin aux fonctions de directeur général qu'Yves Le Masne exerçait depuis plus de dix ans, à la tête du groupe - 1.156 établissements, plus de 116.000 lits dans 23 pays.

Dans le livre-enquête "Les Fossoyeurs", paru mercredi, le journaliste indépendant Victor Castanet décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité d'Orpea.

Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Sur le plan judiciaire, Orpea est par ailleurs sous la menace d'une "action collective conjointe" lancée par des familles de résidents en colère.

En portant plainte simultanément, ces familles "entendent faire nombre, avoir du poids face à un géant", a expliqué lundi leur avocate, Me Sarah Saldmann, qui veut lancer cette procédure d'ici quelques semaines pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger".

Révélations "révoltantes"

L'auteur des "Fossoyeurs" a dit avoir subi des pressions au cours de son enquête. "Il est arrivé à la moitié de mon enquête qu'un intermédiaire me propose une importante somme d'argent pour me dissuader d'aller au bout", a-t-il dénoncé sur la chaîne de télévision France 5.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, la direction du groupe Orpea "dément formellement avoir proposé un quelconque montant en échange de la non-parution du livre".

Ces révélations, jugées "absolument révoltantes" par le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, ont conduit dimanche au limogeage du directeur général d'Orpea.

Un nouveau Pdg, Philippe Charrier, "aura pour mission de garantir, sous le contrôle du Conseil, que les meilleures pratiques sont appliquées dans toute l'entreprise et de faire toute la lumière sur les allégations avancées, en s'appuyant en particulier sur les missions d'évaluation confiées par le conseil d'administration à deux cabinets indépendants", selon le groupe.

Les dirigeants d'Orpea sont convoqués mardi matin chez la ministre déléguée française chargée de l'Autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon.

La révocation de M. Le Masne "ne présage en rien que les accusations sont fondées", selon une source proche du groupe.

Or, pour Camille Lamarche, juriste chez Orpea en 2018 au service des ressources humaines (RH) témoignant dans le livre de Victor Castanet, le limogeage du directeur est "une mesure de façade".

Accusations "mensongères"

"La politique mise en place au sein de ces RH est une politique systématique et réfléchie qui permet de faire des économies au détriment des conditions de travail des salariés", a-t-elle affirmé lundi matin à la radio France Inter.

Orpea, qui se revendique comme "l'un des principaux acteurs mondiaux de la prise en charge globale de la dépendance", a contesté les accusations, qu'il qualifie de "mensongères, outrageantes et préjudiciables".

L'agence de santé de la région parisienne a lancé une inspection dans une maison de retraite médicalisée du groupe Orpea à Neuilly-sur-Seine, banlieue cossue de la capitale française, visée dans le livre.

Orpea gère en France un réseau de 354 établissements, qui prennent en charge les personnes fragiles et en perte d'autonomie.

Le pays compte plus de 7.500 maisons de retraites médicalisées pour près de 600.000 lits.

En Belgique, dans la région francophone de Wallonie (sud), cinq des 19 établissements exploités par Orpea ont été visés jeudi par une "inspection inopinée" et chacune fera l'objet d'un rapport sur ces faits "intolérables", selon la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale.

La Belgique compte 1.500 maisons de repos et de soins, dont 600 en Wallonie. La filiale belge d'Orpea a annoncé l'ouverture d'une enquête dans un de ses établissements du Brabant wallon (au sud de Bruxelles), visé par des accusations de mauvais traitements liés au manque de personnel.

De leur côté, les autorités belges ont lancé des inspections dans les maisons de retraite du même groupe pour corriger d'éventuels dysfonctionnements.Le conseil d'administration du groupe Orpea a décidé dimanche soir de mettre fin aux fonctions de directeur général qu'Yves Le Masne exerçait depuis plus de dix ans, à la tête du groupe - 1.156 établissements, plus de 116.000 lits dans 23 pays.Dans le livre-enquête "Les Fossoyeurs", paru mercredi, le journaliste indépendant Victor Castanet décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité d'Orpea.Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.Sur le plan judiciaire, Orpea est par ailleurs sous la menace d'une "action collective conjointe" lancée par des familles de résidents en colère. En portant plainte simultanément, ces familles "entendent faire nombre, avoir du poids face à un géant", a expliqué lundi leur avocate, Me Sarah Saldmann, qui veut lancer cette procédure d'ici quelques semaines pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger".L'auteur des "Fossoyeurs" a dit avoir subi des pressions au cours de son enquête. "Il est arrivé à la moitié de mon enquête qu'un intermédiaire me propose une importante somme d'argent pour me dissuader d'aller au bout", a-t-il dénoncé sur la chaîne de télévision France 5.Dans une déclaration transmise à l'AFP, la direction du groupe Orpea "dément formellement avoir proposé un quelconque montant en échange de la non-parution du livre".Ces révélations, jugées "absolument révoltantes" par le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, ont conduit dimanche au limogeage du directeur général d'Orpea. Un nouveau Pdg, Philippe Charrier, "aura pour mission de garantir, sous le contrôle du Conseil, que les meilleures pratiques sont appliquées dans toute l'entreprise et de faire toute la lumière sur les allégations avancées, en s'appuyant en particulier sur les missions d'évaluation confiées par le conseil d'administration à deux cabinets indépendants", selon le groupe.Les dirigeants d'Orpea sont convoqués mardi matin chez la ministre déléguée française chargée de l'Autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon.La révocation de M. Le Masne "ne présage en rien que les accusations sont fondées", selon une source proche du groupe.Or, pour Camille Lamarche, juriste chez Orpea en 2018 au service des ressources humaines (RH) témoignant dans le livre de Victor Castanet, le limogeage du directeur est "une mesure de façade"."La politique mise en place au sein de ces RH est une politique systématique et réfléchie qui permet de faire des économies au détriment des conditions de travail des salariés", a-t-elle affirmé lundi matin à la radio France Inter.Orpea, qui se revendique comme "l'un des principaux acteurs mondiaux de la prise en charge globale de la dépendance", a contesté les accusations, qu'il qualifie de "mensongères, outrageantes et préjudiciables".L'agence de santé de la région parisienne a lancé une inspection dans une maison de retraite médicalisée du groupe Orpea à Neuilly-sur-Seine, banlieue cossue de la capitale française, visée dans le livre.Orpea gère en France un réseau de 354 établissements, qui prennent en charge les personnes fragiles et en perte d'autonomie.Le pays compte plus de 7.500 maisons de retraites médicalisées pour près de 600.000 lits.En Belgique, dans la région francophone de Wallonie (sud), cinq des 19 établissements exploités par Orpea ont été visés jeudi par une "inspection inopinée" et chacune fera l'objet d'un rapport sur ces faits "intolérables", selon la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale.La Belgique compte 1.500 maisons de repos et de soins, dont 600 en Wallonie. La filiale belge d'Orpea a annoncé l'ouverture d'une enquête dans un de ses établissements du Brabant wallon (au sud de Bruxelles), visé par des accusations de mauvais traitements liés au manque de personnel.