Alizée Hilt, styliste, et Antoine Giansante, formé en communication et en gestion, aiment refaire le monde. Voici neuf mois, les deux amis ont décidé de passer à l'acte. Leur but? Relocaliser la mode belge. "Comme beaucoup, on refuse les dérives du secteur textile et on tend vers une consommation écoresponsable en phase avec nos valeurs, expliquent-ils. Cela passe notamment par l'achat local. Sauf qu'il existe peu de marques 100% belges. Pour faire bouger les choses, il faut créer une nouvelle offre." Celle de ce duo de trentenaires, c'est Opte: des vêtements en éditions limitées, confectionnés en Belgique à base de tissu de récupération (en privilégiant les matières naturelles) dan...

Alizée Hilt, styliste, et Antoine Giansante, formé en communication et en gestion, aiment refaire le monde. Voici neuf mois, les deux amis ont décidé de passer à l'acte. Leur but? Relocaliser la mode belge. "Comme beaucoup, on refuse les dérives du secteur textile et on tend vers une consommation écoresponsable en phase avec nos valeurs, expliquent-ils. Cela passe notamment par l'achat local. Sauf qu'il existe peu de marques 100% belges. Pour faire bouger les choses, il faut créer une nouvelle offre." Celle de ce duo de trentenaires, c'est Opte: des vêtements en éditions limitées, confectionnés en Belgique à base de tissu de récupération (en privilégiant les matières naturelles) dans un atelier ETA (entreprise de travail adapté). "Trouver la main-d'oeuvre belge fut un gros défi, précisent les entrepreneurs. Au fil des ans, la confection de prêt-à-porter a été déléguée à l'étranger et le savoir-faire s'est perdu. On s'est donc tourné vers des ateliers de couture, qui ne font pas de prêt-à-porter mais qui possèdent le matériel et les connaissances de base: des spécialistes de la confection de costumes folkloriques et des entreprises de travail adapté. On a choisi de travailler avec l'ETA CARP, à Philippeville, spécialisée dans la confection de blouses pour hôpitaux. Ils ont cru en notre projet et nous, en leur capacité à le concrétiser." Et les tissus? "On utilise une matière première non exploitée: les chutes! 12% des tissus destinés à la confection sont jetés ou brûlés. Heureusement, se développent aujour-d'hui des systèmes pour les mettre à disposition de porteurs de projets comme nous. On achète ainsi nos rouleaux via Wasted Atelier, une autre marque belge qui ne travaille qu'avec du tissu de récup', et un agent textile qui rachète des stocks en Italie." Le résultat? Une collection de huit modèles (six pour femmes, deux pour hommes) déclinés dans plusieurs tissus. La production s'est faite grâce à des fonds propres et une campagne de crowdfunding. "Nous avions dressé un plan financier avec un budget de 35.000 euros, précise Alizée Hilt. Nous misions sur l'obtention d'une bourse de la Région wallonne... que l'on n'a pas eue. Nous avons donc revu notre copie avec 6.000 euros de fonds propres qui ont servi à acheter le tissu, du matériel de mercerie, investir dans la création visuelle, payer le sponsoring sur les réseaux sociaux... Nous avons décidé de travailler sur base de précom-mandes et négocié avec nos partenaires afin de les payer plus tard." Le tout, soutenu par une campagne de crowdfunding sur Ulule. "Nous avons récolté 204% de la somme visée. Cela nous permet de rentrer dans nos frais, de payer nos partenaires et de lancer une seconde collection." Les pièces d'Opte sont disponibles en ligne, et le seront sans doute bientôt dans quelques points de vente. La production s'est faite et se fera toujours sur base de précommandes. "Nous produisons maximum le double des précommandes pour éviter le surstock et nous maintiendrons un tarif avantageux en précommande, indique Alizée Hilt. Nous trouvons logique que les clients qui sont actifs dans le process bénéficient d'un avantage. Une fois les précommandes clôturées ( www.opte.be), le prix final sera le même en ligne et en magasin. L'idée aujourd'hui n'est pas de faire des bénéfices ni de se rémunérer, mais d'installer la marque."