L'Association pharmaceutique belge (APB), fédération nationale des pharmaciens d'officine indépendants, s'inquiète: les pharmacies ne seront bientôt plus les seules à vendre une série de dispositifs médicaux. Outre la crainte d'un impact financier, après "une législature de mesures d'économie importantes", Alain Chaspierre, porte-parole de l'APB, pointe du doigt lundi l'absence de conseil prodigué en grande surface.

"Nous avons participé pendant plus d'un an à un groupe de travail réunissant l'ensemble des acteurs, dont la grande distribution, et nous avions convenu de libéraliser le matériel stérile", explique-t-il. "Nous avions cependant conclu que les produits 'drug-a-like', qui ressemblent à un médicament, devaient rester l'exclusivité du pharmacien."

Or, ces produits seront également libéralisés, ce qui peut poser problème non pas en termes de dangerosité du produit mais à cause d'une absence de conseil médical. "Par exemple, il existe un dispositif médical 'drug-a-like' pour traiter la diarrhée. Si c'est pour un bébé, le plus important est de le réhydrater. Je ne pense pas que la caissière du supermarché va penser à donner ce conseil aux parents", illustre M. Chaspierre.

En outre, les produits achetés en pharmacie sont enregistrés dans le dossier médical. Les dispositifs acquis en grande surface échapperont eux à cet encodage, poursuit le porte-parole.

Ce dernier balaye enfin l'argument d'un prix plus avantageux pour le consommateur. "Dans les pays qui ont instauré cette règle, le prix n'a pas diminué de manière drastique", affirme-t-il. En outre, "le meilleur prix n'est pas toujours le meilleur argument. Il vaut mieux payer davantage pour bénéficier d'un produit adapté plutôt que d'aller en supermarché en acheter un, deux ou trois qui ne serviront finalement à rien."