Fondé en 1984, l'imec regroupe aujourd'hui 5.000 scientifiques de plus de 95 pays et une infrastructure de recherche unique pesant plusieurs milliards d'euros. Imec avait déjà lancé en 2017 un premier fonds, imex.expand Fund I, qui avait levé 117 millions d'euros afin de soutenir les start up et scale up de son réseau. L'une des 16 participations de ce fonds, la société californienne PsiQuantum, est même devenue une licorne.
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Fondé en 1984, l'imec regroupe aujourd'hui 5.000 scientifiques de plus de 95 pays et une infrastructure de recherche unique pesant plusieurs milliards d'euros. Imec avait déjà lancé en 2017 un premier fonds, imex.expand Fund I, qui avait levé 117 millions d'euros afin de soutenir les start up et scale up de son réseau. L'une des 16 participations de ce fonds, la société californienne PsiQuantum, est même devenue une licorne. Un deuxième fonds a été lancé voici quelques mois - imec.expand Fund II -, et c'est dans ce véhicule que les trois organes de développement économique wallons investiront. Ce fonds a déjà sécurisé 250 millions d'euros et des discussions sont en cours pour monter jusqu'à 300 millions.Le premier fonds de l'imec ciblait des projets dans l'intelligence artificielle et l'ordinateur quantique. Ce second véhicule vise un peu plus large dans les domaines des semi-conducteurs, de la nanoélectronique, etc., et cible quinze à vingt projets, dont les deux tiers devraient se situer en Europe et un tiers ailleurs (Asie, États-Unis...). Pourquoi des Wallons montent-ils dans ce bateau ? Les explications d'Eric Brandt, investment manager chez Noshaq.Qu'est-ce qui vous a décidé à franchir le pas et à investir dans ce fonds?Plusieurs éléments. Le premier est que nous connaissions déjà une partie de l'équipe du fonds, qui vient en partie de Capricorm health tech avec qui nous avons travaillé par le passé et dont nous sommes toujours actionnaires. Imec.expand Fund II s'intéressera aux health tech, med tech et, dans une moindre mesure, à l'agro tech, qui sont des domaines avec lesquels il existe des complémentarités importantes avec nous. De plus, l'imec a des compétences techniques et des réseaux que nous n'avons pas dans les semi-conducteurs et la micro-électronique. Ces compétences nous manquaient en interne. Mais ce sont des domaines qui ont des perspectives importantes. Et un autre élément est davantage politique : c'est un fonds porte-drapeau dans ces domaines et nous voulions donner un signal fort. Avec une participation wallonne, mais aussi flamande via la PMV (Participatie Maatschappij Vlaanderen) et fédérale via la SFPIi. C'est un des rares fonds d'investissement belge, sinon le seul, où l'ensemble des organismes publics d'investissement belges est réuni. Cela nous paraissait pertinent.Quels retours peut-on attendre de cette participation dans imec.expand Fund II pour la Wallonie ?On peut attendre un réinvestissement dans des projets en Région wallonne. Le fonds s'engage à réinvestir à minima le même montant que celui qui a été investi par les investisseurs wallons, donc a minima 10 millions d'euros. Cela procure donc une nouvelle source de financement privée à des projets d'investissement wallons.Autre élément est de pouvoir accéder, comme nous le faisons déjà avec d'autres fonds dans lesquels nous sommes, à un flot de projets déjà analysés par l'imec. Des projets mobiles, qui ont la capacité de se localiser là où les conditions de recrutement, de financement, d'établissement sont les plus intéressantes. Par ce biais, nous avons donc accès à des opportunités d'investissements dans des sociétés auxquelles nous n'aurions pas eu accès en direct. Cela nous permet par exemple d'attirer chaque année, dans la partie life science, quatre ou cinq nouvelles sociétés étrangères qui viennent développer tout ou partie de leur activité en région liégeoise. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous créons le Legia Park (un ensemble de bâtiments avec laboratoires, salles blanches ...), des bâtiments prêts à l'emploi pour accueillir des sociétés étrangères.Nous avons d'ailleurs obtenu une belle représentation des dossiers wallons aux organes de gouvernance. Nous aurons un membre permanent qui représentera les trois acteurs wallons au comité d'investissement. Nous aurons aussi un représentant au conseil de surveillance, qui est l'équivalent du conseil d'administration. Et nous aurons, dans le cadre de notre collaboration avec imec.expand Fund, des ateliers chaque trimestre pour leur présenter des opportunités d'investissement en Wallonie sur cette thématique de la nano électronique et des semi-conducteurs. Nous avons déjà une liste d'une petite quinzaine de noms.Participer à un tel fonds d'investissement est une première pour vous ?Sur cette thématique des semi-conducteurs, c'est une première. Mais Noshaq est déjà actionnaire d'une quinzaine de fonds d'investissement, dans les sciences de la vie ou dans d'autres domaines. Des fonds qui réinvestissent dans l'économie wallonne, dont nous partageons l'expertise, aux projets desquels nous avons accès...Nous avons démarré cette politique de fonds il y a quatre ans. Et nous voyons qu'en général, ces fonds dans lesquels nous sommes présents ont investi en région liégeoise le double de ce que nous y avons placé.