Un 4e opérateur mobile, "pas la bonne réponse aux défis du secteur", selon le PDG d'Orange

10/09/18 à 14:47 - Mise à jour à 17:13

Source: Belga

L'arrivée d'un 4e opérateur mobile en Belgique n'est pas la bonne réponse aux problèmes et défis du secteur dans le pays. C'est le message qu'a voulu faire passer Stéphane Richard, le grand patron du groupe télécom français Orange, lundi lors d'une conférence devant le Cercle de Wallonie à Liège. "Il faut que chacun mesure bien l'importance et l'impact d'une telle décision", a-t-il lancé aux patrons wallons, s'appuyant sur l'exemple de son pays.

Un 4e opérateur mobile, "pas la bonne réponse aux défis du secteur", selon le PDG d'Orange

Stéphane Richard, PDG du groupe Orange. © BELGAIMAGE

Orange n'a pas l'intention de quitter la Belgique, a assuré son PDG. L'opérateur y est présent depuis 20 ans, d'abord sous la marque Mobistar, et y a investi 4 milliards d'euros. "Nous avons toujours démontré que nous sommes un acteur engagé sur le long terme. Et nous sommes attentifs à garder un ancrage local. Mais pour pouvoir nous développer, nous aimerions voir certains aspects du marché évoluer positivement.". Et Stéphane Richard de citer en premier le dossier de l'arrivée d'un 4e opérateur mobile en Belgique.

"Face au regroupement actuel des forces du secteur aux Etats-Unis ou en Chine, où deux-trois grands groupes se partagent l'essentiel du marché, une telle évolution interroge. Nous pensons que ce n'est pas une bonne idée et que ce n'est pas la réponse appropriée", a-t-il confié. En France, Free a joué le rôle du 4e opérateur il y a quelques années. Les prix ont, certes, baissé mais au détriment de l'emploi au sein des opérateurs et de la qualité des réseaux. "Ils ont dynamité le système!

Et y a-t-il un intérêt pour le consommateur au final? Je ne le sais pas..." Selon le PDG d'Orange, l'étude d'impact n'a en fait jamais vraiment été réalisée dans son pays. "On n'a pas mesuré les conséquences. Il faut donc bien réfléchir avant de faire ça. Et peut être impliquer aussi d'autres acteurs dans la réflexion, comme des économistes." Aux yeux de Stéphane Richard, il y a d'autres dossiers plus importants pour le consommateur belge dans le secteur. Comme par exemple les prix pratiqués sur les offres d'internet fixe par rapport au mobile. Ceux-ci sont "beaucoup plus élevés que partout ailleurs en Europe! "

Convergence

Dans un marché belge qui se caractérise par la convergence, c'est-à-dire des offres rassemblant les téléphonies mobile et fixe, la télévision et l'internet, l'opérateur veut dès lors faire baisser les prix. Ce qui sera possible grâce à l'accès régulé au réseau câblé mis en place par l'IBPT.

A terme, Orange pourra d'ailleurs proposer une offre internet seul, ce qui n'est pas réalisable aujourd'hui en raison des prix de gros pratiqués par Proximus et Telenet. Mais l'entreprise télécom entend également tenter de disposer de sa propre infrastructure réseau fixe. Son grand patron a profité de son déplacement sur les terres de Nethys pour répéter son intérêt pour VOO, qui appartient aussi pour moitié à Brutélé.

"Nous avons formulé une proposition de partenariat", confirme Stéphane Richard, évoquant "un raisonnement industriel" derrière cette démarche et une situation "gagnant-gagnant".

Nos partenaires