L'arrivée des vélos Jump, une filiale du géant américain Uber, dans notre capitale ne s'est pas faite sans bruit. Pas moins de 500 vélos rouges hyper flashy ont été placés dans six communes bruxelloises (Bruxelles-Ville, Ixelles, Saint-Gilles, Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek) la semaine dernière.
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L'arrivée des vélos Jump, une filiale du géant américain Uber, dans notre capitale ne s'est pas faite sans bruit. Pas moins de 500 vélos rouges hyper flashy ont été placés dans six communes bruxelloises (Bruxelles-Ville, Ixelles, Saint-Gilles, Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek) la semaine dernière. Jump est une filiale de Uber depuis avril 2018. Il y a un an, en effet, le trublion de l'univers des taxis mettait la main sur la start-up new-yorkaise spécialisée dans les vélos, scooters et trottinettes électriques partagés pour un montant non dévoilé mais, selon la presse américaine, proche des 200 millions d'euros. Une acquisition qui est intervenue après l'arrivée du CEO remplaçant le trop sulfureux Travis Kalanick et qui doit permettre à Uber de jouer les partenaires des collectivités dans la mobilité alternative. Depuis l'acquisition, Uber a accéléré le développement des vélos et trottinettes Jump dans une série de villes américaines et européennes. Avant Bruxelles, c'est à Paris (début avril) que la firme a posé ses engins. Ce lancement a de quoi étonner puisque, voici un an à peine, plusieurs start-up de vélos partagés s'étaient cassé les dents à Bruxelles et dans d'autres villes européennes. Fin 2017, les Bruxellois avaient en effet vu éclore des centaines de vélos verts (de la start-up GoBee) ou jaune et gris (de la firme OBike) prêts à être utilisés et lâchés à n'importe quel endroit dans la ville. Un modèle sans borne qui devait s'imposer par sa facilité d'usage et par les belles promesses de mobilité faites aux utilisateurs. En moins d'un an, toutefois, les deux start-up avaient quitté Bruxelles, officiellement en raison du vandalisme sur les vélos. Pourtant, les deux entreprises avaient de belles réserves de cash : Gobee avait levé 9 millions et était présente dans quatre villes et Obike avait attiré 45 millions d'euros pour une présence dans 15 villes à ce moment-là. Il se murmure, toutefois, que le taux d'usage des vélos n'était pas vraiment à la hauteur des espérances. Uber pourra-t-il faire mieux ? Difficile à ce stade d'y répondre. Mais la firme américaine dispose de quelques avantages. D'abord, Uber est lourdement financé puisqu'elle a déjà atteint quelque 20 milliards de financement en de multiples tours de table et peut donc " facilement " supporter les frais d'un lancement estimé, d'après un spécialiste du secteur, à environ 1 million d'euros à Bruxelles. Ensuite, commercialement, les vélos Jump ont été directement intégrés dans l'application Uber et peuvent donc potentiellement toucher un large public d'utilisateurs en un coup. Pas besoin pour les Bruxellois de télécharger une nouvelle application : un simple clic dans leur appli habituelle leur permet de switcher du " taxi " au vélo. Enfin, sur le terrain, à l'inverse de GoBee et OBike, les vélos d'Uber sont électriques et seraient, selon la presse américaine, assez solides. Reste qu'à Bruxelles, la jeune pousse belge Billy Bike est déjà installée (avec 150 vélos) depuis deux ans et que JCDecaux devrait prochainement aussi proposer des engins électriques.