Nouvelle ère

Incontestablement, il y a quelque chose dans l'air. Partout dans le monde, des sociétés planchent sur de nouveaux objets volants électriques, compacts, légers, rapides et capables de transporter une poignée de passagers ou des marchandises. Objectif affiché de ces "air taxis": contribuer par voie aérienne à désengorger le trafic automobile urbain et offrir un moyen supplémentaire de déplacement aux usagers du futur. Le créneau n'a rien d'anecdotique: Airbus, des groupes automobiles comme VW, Uber et des dizaines de start-up mobilisent recherches et développement pour concevoir les engins et en faire une nouvelle industrie. Parmi...

Incontestablement, il y a quelque chose dans l'air. Partout dans le monde, des sociétés planchent sur de nouveaux objets volants électriques, compacts, légers, rapides et capables de transporter une poignée de passagers ou des marchandises. Objectif affiché de ces "air taxis": contribuer par voie aérienne à désengorger le trafic automobile urbain et offrir un moyen supplémentaire de déplacement aux usagers du futur. Le créneau n'a rien d'anecdotique: Airbus, des groupes automobiles comme VW, Uber et des dizaines de start-up mobilisent recherches et développement pour concevoir les engins et en faire une nouvelle industrie. Parmi les entreprises les plus avancées, deux se distinguent: la californienne Joby Aviation et la britannique Vertical Aerospace. Cette dernière peaufine son prototype VA-1X (photo) en vue d'un envol commercial à l'horizon 2025. Le taxi de l'air imaginé par Vertical Aerospace sera électrique, pourra atteindre une vitesse de 240 km/h et aura une autonomie de vol de 160 km. Long de 13 mètres avec une envergure de 15 mètres et doté de huit hélices mobiles, l'engin se situerait entre un très gros drone et un hélicoptère moyen. Pour réussir, la société anglaise a fait monter dans son projet une sacrée brochette de partenaires: Honeywell pour la recherche bionique, Rolls-Royce pour le système de propulsion et Solvay pour les matériaux, composites et autres. "Le nouveau marché de l'Urban Air Mobility est à la croisée de deux domaines que Solvay, comme fournisseur de matériaux composites, maîtrise parfaitement: les industries aéronautique et automobile. Notre groupe est à la hauteur pour rencontrer les exigences en termes de qualité et de légèreté des matériaux ainsi qu'en performance et sûreté aéronautique, explique Gérald Perrin. Le responsable du projet au sein de Solvay ajoute: Vertical Aerospace voit en notre business unit sa capacité d'accélérateur du processus de conception grâce à notre expérience et nos matériaux éprouvés." "Au début, ce nouveau marché de la mobilité sera uniquement présent dans le B to B, avec des services pouvant remplacer des vols business en hélico ou en jet. Mais vu les milliers d'engins annoncés, l'usage de ces navettes intra et inter-city devrait se démocratiser rapidement, prédit l'expert de Solvay. Les taxis volants assureront des liaisons entre des points spécifiques, d'un aéroport au centre d'une ville comme Paris, par exemple. Il s'ajouteront aux transports existants comme le RER, le bus ou la voiture. La navette aérienne sera donc une solution complémentaire, et duplicable dans toutes les grandes villes." Et cela en mode durable puisque l'air taxi électrique sera très silencieux, et aidera à décongestionner le trafic urbain. D'ici 2025, il lui reste encore à survoler les tests, vivre une longue phase de certification et de mise au point d'un cadre législatif spécifique. Ensuite, des escadrilles entières de eVTOL (Electric Vertical Take-off & Landing) pourront alors prendre leur réel envol.