En 2007, Total et l'entreprise wallonne Galactic (spécialiste mondial de l'acide lactique) créent une joint-venture, Futerro. Le projet ? Réaliser un bio-plastique à base d'acide polylactique (PLA), que l'on trouve notamment dans le sucre des betteraves. Le PLA est un matériau très intéressant : on peut moduler sa résistance, sa dégradabilité... Il pourrait servir à la fois dans les industries alimentaire (bouteilles, pots de yaourt, etc.), automobile ou pétrolière.
...

En 2007, Total et l'entreprise wallonne Galactic (spécialiste mondial de l'acide lactique) créent une joint-venture, Futerro. Le projet ? Réaliser un bio-plastique à base d'acide polylactique (PLA), que l'on trouve notamment dans le sucre des betteraves. Le PLA est un matériau très intéressant : on peut moduler sa résistance, sa dégradabilité... Il pourrait servir à la fois dans les industries alimentaire (bouteilles, pots de yaourt, etc.), automobile ou pétrolière. La Région wallonne, via le plan Marshall, injecte 9 millions d'euros, la plupart sous forme d'avances récupérables. Mais aujourd'hui, Total abandonne Futerro et décide de développer seul la production de PLA en Asie à base de tapioca. La Wallonie aurait-elle gaspillé des subsides pour aider un projet dont les retombées industrielles se feront à des milliers de kilomètres de Namur ? Pas tout à fait. La technologie que va développer Total en Asie n'est pas la même. Galactic conserve Futerro et toutes ses licences. Certes, Futerro aujourd'hui ne permet pas de fabriquer du PLA de manière rentable. Mais Galactic est en train de travailler à une amélioration qui devrait lever l'obstacle. " Ce sera un saut quantique par rapport à la technologie actuelle ", souligne le patron de Galactic Frédéric Van Gansberghe, qui estime que cette nouvelle technologie pourrait être prête dans deux ans. Il cherche déjà un partenaire industriel. " Finalement, si Total peut se lancer de son côté dans la fabrication industrielle de PLA, c'est une bonne chose, ajoute Frédéric Van Gansberghe. Cela montre la validité industrielle du projet. " L'argent wallon n'est donc pas perdu. " L'objectif de départ était de mettre une technologie au point et de la protéger par une licence, précise François Heroufosse, le directeur général de Walagrim (le pôle des entreprises agroalimentaires wallonnes). Galactic ne serait jamais entré seul dans ce projet et conserve un accès à un savoir-faire qu'il conviendra de valoriser au mieux. Et les partenaires scientifiques du projet (l'Université de Mons et le centre de recherche Materia Nova), ont aussi bénéficié de financement et de retombées. " Mais c'est vrai qu'un tel projet ne se ferait plus dans les mêmes conditions qu'il y a 10 ans, admet le responsable de Wagralim. " Les exigences se sont considérablement élevées. On exige aujourd'hui des engagements fermes d'investissement. "