La perte nette a atteint précisément 1,474 milliards de livres au cours des six mois achevés fin mars (1,7 milliard d'euros), bien plus élevée que celle de l'an dernier à la même époque (254 millions de livres), a annoncé le groupe jeudi dans un communiqué.

Confronté à des conditions de marché particulièrement défavorables, Thomas Cook a été contraint de déprécier la valeur de ses activités pour 1,1 milliard de livres, ce qui a très lourdement pesé sur ses comptes semestriels.

Cette décision "est en grande partie liée à la fusion avec MyTravel en 2007 que nous avons réévaluée à la lumière du faible environnement de marché", explique Peter Fankhauser, directeur général de Thomas Cook.

Le groupe souligne avoir souffert l'hiver dernier d'une demande en baisse en raison des conséquences de la vague de chaleur à partir de l'été dernier en Europe, qui a conduit les touristes à rester dans leur pays au détriment des habituelles destinations ensoleillées. Thomas Cook évoque en outre des prix élevés dans les îles Canaries (Espagne).

Le voyagiste s'attarde par ailleurs sur les conséquences des incertitudes du Brexit, qui devait initialement avoir lieu fin mars, avant d'être repoussé à fin octobre.

"Il fait peu de doutes que le processus du Brexit a conduit de nombreux clients britanniques à repousser leurs projets de vacances pour cet été", entraînant une baisse des réservations, selon M. Fankhauser.

Le groupe dit avoir réagi en réduisant son offre mais prévient qu'il fait toujours face à une féroce concurrence en particulier au Royaume-Uni, ce qui devrait maintenir ses marges sous pression.

Thomas Cook s'attend d'ailleurs à ce que son bénéfice opérationnel hors éléments exceptionnels soit inférieur au second semestre à ce qu'il était un an plus tôt.

Pour tenter de se relancer, le voyagiste avait annoncé début février envisager une vente de sa compagnie aérienne, afin de récompenser ses actionnaires et se concentrer sur l'offre d'hôtels.

Le groupe a annoncé jeudi avoir reçu de "nombreuses offres" pour tout ou partie de ses activités aériennes, qui comprennent notamment la marque Condor qu'il exploite depuis l'Allemagne.

Pour l'instant, seule la compagnie allemande Lufthansa s'est déclarée publiquement intéressée, la presse britannique évoquant également une possible offre de Virgin Atlantic.

Cette publication envoyait par ailleurs au tapis le titre de Thomas Cook en Bourse. Il s'effondrait de 16,72% à 19,15 pence vers 11h00 (HB) sur le marché londonien.