Le lancement commercial était prévu pour le deuxième trimestre de l'année. Les choses se sont comme qui dirait précipitées pour la biotech vétérinaire carolo TheraVet, spécialisée dans le traitement des maladies ostéoarticulaires chez les petits animaux de compagnie. Fondée en 2017 et dirigée par l'ex-patron de Bone Therapeutics Enrico Bastianelli, figure bien connue du secteur biotech wallon, l'entreprise située à Jumet lance ce jeudi sur le marché belge la commercialisation de son premier produit. Nom de code ? Bone Surgery. Il s'agit en fait du premier produit d'une gamme plus large baptisée Biocera-Vet. Une gamme de substituts osseux injectables, synthétiques et autodurcissants à base de phosphate de calcium.

Produit en Belgique, le Bone Surgery doit aider les vétérinaires orthopédiques dans les chirurgies osseuses nécessitant une greffe telles que les arthrodèses et autres fractures complexes. Pour le moment, la plupart des vétérinaires confrontés à ces situations pratiquent la greffe autologue, considérée comme la procédure de référence. Le nouveau produit de TheraVet se présente comme une alternative. "Le grand désavantage de la greffe autologue est que l'animal doit être opéré à deux endroits, explique Julie Schurgers, chief commercial officer de TheraVet. Les risques de comorbodités du membre prélevé sont par ailleurs accrus. Notre solution permet d'éviter ces inconvénients et de gagner en outre 30 à 45 minutes de temps d'opération."

La Belgique, marché pilote

D'autres alternatives à l'os naturel existent pourtant, comme les allogreffes et d'autres substituts osseux synthétiques. Mais notre interlocutrice l'assure : "Ces autres ciments synthétiques sont assez chers, pas très efficaces et il est compliqué de se les procurer - ils proviennent essentiellement du Royaume-Uni. Notre ciment, s'il est également synthétique, est fait des composants de l'os." A base de phosphate de calcium, il présente une combinaison de propriétés ostéo-inductives, ostéo-conductrices et ostéo-intégratives qui favorisent une consolidation osseuse rapide et solide.

Ce premier produit est à la fois commercialisé sur le site web de la biotech et via le grossiste vétérinaire Covertus, au prix d'environ 185 euros. Notre pays sert de marché pilote, mais ce nouveau substitut osseux sera vendu en France et aux Pays-Bas dès le mois de septembre. Le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne sont prévus pour 2022, même si rien n'est encore confirmé à ce stade.

Cancer des os et arthrose

A côté de ce premier produit, d'autres sont déjà dans le pipeline. Toujours dans la gamme Biocera-Vet, un substitut osseux quelque peu différent sera ainsi commercialisé dès septembre en Belgique, en France et aux Pays-Bas. Il s'agit d'un traitement palliatif de l'ostéosarcome, l'un des cancers des os les plus courants chez le chien. "L'objectif n'est pas de guérir ce cancer qui 'mange' l'intérieur des os et provoque d'importantes douleurs, précise Julie Schurgers. Mais bien d'injecter une pâte à l'intérieur des os pour permettre au chien de remarcher, de moins souffrir et de vivre six mois à un an de plus. C'est une alternative non invasive à l'amputation. Le chien ne doit pas être opéré et peut remarcher en quelques heures. Aujourd'hui, il est souvent trop tard quand le propriétaire vient consulter. La chimiothérapie ne fonctionne pas toujours."

Enfin, l'entreprise carolo travaille sur une autre gamme baptisée Visco-Vet. Il s'agit ici d'un véritable médicament, et non plus d'un équipement médical. En phase d'étude clinique, ce gel régénérant injectant doit permettre de soigner l'arthrose chez les chiens. Une alternative aux anti-inflammatoires classiques. "Il faudra compter au moins un an à un an et demi avant sa commercialisation, affirme notre interlocutrice. Car ce médicament doit encore passer par toute une série d'études."

Thera-Vet annonçait toutefois début mars de premiers résultats encourageants, montrant une amélioration statistiquement significative de la fonction des membres après une injection unique de Visco-Vet. Pour confirmer ces résultats prometteurs, l'entreprise est en train de mener une étude de preuve de concept sur des chiens de propriétaires en collaboration avec la Faculté de médecine vétérinaire de l'ULg. Une première étude qui sera suivie, cette année encore, d'une autre étude européenne multicentrique.

Refinancement à moyen terme

Afin de financer tous ces projets, la PME carolo levait l'an dernier 4 millions d'euros auprès de ses actionnaires historiques (les fonds Theodorus III, Innovation Fund, Financière Spin-Off Luxembourgeoise, Luxembourg Développement Europe 2, et des business angels) et via des financements non dilutifs de la Région wallonne. Depuis sa création, la biotech aura levé au total 7,3 millions d'euros. "Le dernier financement permet à TheraVet d'envisager plutôt à moyen terme le refinancement de la société", conclut Julie Schurgers.

Le lancement commercial était prévu pour le deuxième trimestre de l'année. Les choses se sont comme qui dirait précipitées pour la biotech vétérinaire carolo TheraVet, spécialisée dans le traitement des maladies ostéoarticulaires chez les petits animaux de compagnie. Fondée en 2017 et dirigée par l'ex-patron de Bone Therapeutics Enrico Bastianelli, figure bien connue du secteur biotech wallon, l'entreprise située à Jumet lance ce jeudi sur le marché belge la commercialisation de son premier produit. Nom de code ? Bone Surgery. Il s'agit en fait du premier produit d'une gamme plus large baptisée Biocera-Vet. Une gamme de substituts osseux injectables, synthétiques et autodurcissants à base de phosphate de calcium.Produit en Belgique, le Bone Surgery doit aider les vétérinaires orthopédiques dans les chirurgies osseuses nécessitant une greffe telles que les arthrodèses et autres fractures complexes. Pour le moment, la plupart des vétérinaires confrontés à ces situations pratiquent la greffe autologue, considérée comme la procédure de référence. Le nouveau produit de TheraVet se présente comme une alternative. "Le grand désavantage de la greffe autologue est que l'animal doit être opéré à deux endroits, explique Julie Schurgers, chief commercial officer de TheraVet. Les risques de comorbodités du membre prélevé sont par ailleurs accrus. Notre solution permet d'éviter ces inconvénients et de gagner en outre 30 à 45 minutes de temps d'opération."La Belgique, marché piloteD'autres alternatives à l'os naturel existent pourtant, comme les allogreffes et d'autres substituts osseux synthétiques. Mais notre interlocutrice l'assure : "Ces autres ciments synthétiques sont assez chers, pas très efficaces et il est compliqué de se les procurer - ils proviennent essentiellement du Royaume-Uni. Notre ciment, s'il est également synthétique, est fait des composants de l'os." A base de phosphate de calcium, il présente une combinaison de propriétés ostéo-inductives, ostéo-conductrices et ostéo-intégratives qui favorisent une consolidation osseuse rapide et solide.Ce premier produit est à la fois commercialisé sur le site web de la biotech et via le grossiste vétérinaire Covertus, au prix d'environ 185 euros. Notre pays sert de marché pilote, mais ce nouveau substitut osseux sera vendu en France et aux Pays-Bas dès le mois de septembre. Le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Espagne sont prévus pour 2022, même si rien n'est encore confirmé à ce stade.Cancer des os et arthroseA côté de ce premier produit, d'autres sont déjà dans le pipeline. Toujours dans la gamme Biocera-Vet, un substitut osseux quelque peu différent sera ainsi commercialisé dès septembre en Belgique, en France et aux Pays-Bas. Il s'agit d'un traitement palliatif de l'ostéosarcome, l'un des cancers des os les plus courants chez le chien. "L'objectif n'est pas de guérir ce cancer qui 'mange' l'intérieur des os et provoque d'importantes douleurs, précise Julie Schurgers. Mais bien d'injecter une pâte à l'intérieur des os pour permettre au chien de remarcher, de moins souffrir et de vivre six mois à un an de plus. C'est une alternative non invasive à l'amputation. Le chien ne doit pas être opéré et peut remarcher en quelques heures. Aujourd'hui, il est souvent trop tard quand le propriétaire vient consulter. La chimiothérapie ne fonctionne pas toujours." Enfin, l'entreprise carolo travaille sur une autre gamme baptisée Visco-Vet. Il s'agit ici d'un véritable médicament, et non plus d'un équipement médical. En phase d'étude clinique, ce gel régénérant injectant doit permettre de soigner l'arthrose chez les chiens. Une alternative aux anti-inflammatoires classiques. "Il faudra compter au moins un an à un an et demi avant sa commercialisation, affirme notre interlocutrice. Car ce médicament doit encore passer par toute une série d'études." Thera-Vet annonçait toutefois début mars de premiers résultats encourageants, montrant une amélioration statistiquement significative de la fonction des membres après une injection unique de Visco-Vet. Pour confirmer ces résultats prometteurs, l'entreprise est en train de mener une étude de preuve de concept sur des chiens de propriétaires en collaboration avec la Faculté de médecine vétérinaire de l'ULg. Une première étude qui sera suivie, cette année encore, d'une autre étude européenne multicentrique.Refinancement à moyen termeAfin de financer tous ces projets, la PME carolo levait l'an dernier 4 millions d'euros auprès de ses actionnaires historiques (les fonds Theodorus III, Innovation Fund, Financière Spin-Off Luxembourgeoise, Luxembourg Développement Europe 2, et des business angels) et via des financements non dilutifs de la Région wallonne. Depuis sa création, la biotech aura levé au total 7,3 millions d'euros. "Le dernier financement permet à TheraVet d'envisager plutôt à moyen terme le refinancement de la société", conclut Julie Schurgers.