Aquaponie

Une chose est sûre, le procédé a fait ses preuves. L'aquaponie - contraction d'aquaculture (pisciculture) et hydroponie (culture hors-sol alimentée en nutriments par l'eau) - était déjà utilisée il y a 1.700 ans par les Mayas et les Chinois. Rien de neuf sous le soleil donc, mais le système est efficace et super écolo. L'idée est d'exploiter les excréments des poissons pour fertiliser les cultures. " Nous utilisons deux systèmes de circulation en boucle fermée où les poissons et les plantes sont reliés par un filtre biologique ", explique Steven Beckers, architecte et fondateur de BIGH, société qui a développé la ferme. Le biofiltre composé de milliards de micro-organismes transforme l'ammoniac - qui se trouve dans les déjections des poissons - en nitrites, puis en nitrates qui sont directement absorbés par les racines des plantes. " L'aquaculture en circuit fermé permet d'utiliser 200 fois moins d'eau ( 5 % de l'eau à peine est renouvelée régulièrement, Ndlr) que l'aquaculture normale ", précise encore le porteur du projet, grand défenseur de l'économie circulaire. Cet écosystème naturel ne peut supporter aucuns pesticides ou antiobi...

Une chose est sûre, le procédé a fait ses preuves. L'aquaponie - contraction d'aquaculture (pisciculture) et hydroponie (culture hors-sol alimentée en nutriments par l'eau) - était déjà utilisée il y a 1.700 ans par les Mayas et les Chinois. Rien de neuf sous le soleil donc, mais le système est efficace et super écolo. L'idée est d'exploiter les excréments des poissons pour fertiliser les cultures. " Nous utilisons deux systèmes de circulation en boucle fermée où les poissons et les plantes sont reliés par un filtre biologique ", explique Steven Beckers, architecte et fondateur de BIGH, société qui a développé la ferme. Le biofiltre composé de milliards de micro-organismes transforme l'ammoniac - qui se trouve dans les déjections des poissons - en nitrites, puis en nitrates qui sont directement absorbés par les racines des plantes. " L'aquaculture en circuit fermé permet d'utiliser 200 fois moins d'eau ( 5 % de l'eau à peine est renouvelée régulièrement, Ndlr) que l'aquaculture normale ", précise encore le porteur du projet, grand défenseur de l'économie circulaire. Cet écosystème naturel ne peut supporter aucuns pesticides ou antiobitiques (administrés en pisciculture traditionnelle). " Chaque paramètre est scrupuleusement contrôlé ", confirme Steven Beckers." La rencontre avec ECF Farm System, société qui avait déjà réalisé à Berlin une ferme aquaponique urbaine et qui est devenue partenaire technique et associée dans ce projet, a été déterminante ", explique Steven Beckers. Il ne s'agit donc pas d'un projet pilote mais d'un projet productif. La ferme urbaine produira 15 tonnes de tomates (pour un total de 900 m2 de serres). " Nous pourrions produire beaucoup plus, indique le porteur du projet. Ce n'est pas la quantité qui est visée mais bien la qualité. " Quelque 2.700 pots d'herbes aromatiques (basilics et persils divers, coriandre, etc.) seront écoulés chaque semaine, tandis que 120.000 barquettes de micropousses seront produites annuellement. BIGH vise par ailleurs une production de 35 tonnes de bars rayés par an. Le jardin potager fournira, quant à lui, des myrtilles, des mûres, des groseilles et des framboises. " Le projet va prouver que l'agriculture urbaine peut être rentable, qu'elle n'est pas que sociale, même si elle doit le rester ", estime l'architecte. Les premiers produits seront mis sur le marché mi-mai." La plupart des produits frais parcourent aujourd'hui environ 5.000 km avant d'arriver dans nos assiettes et sont donc soumis à la chaîne du froid ", qui maintient les aliments réfrigérés à une température basse, explique Steven Beckers. " Mais cette chaîne du froid appauvrit les fruits et légumes en vitamines et en goût ", ajoute-t-il. Rien de tout cela à la Ferme Abattoir qui opte pour le transport réduit et écoulera d'ici deux semaines des produits goûteux dans Bruxelles et ses environs. Ceux-ci (plutôt haut de gamme) seront vendus à quelques restaurateurs, dans quelques épiceries fines, des magasins bios, dans les rayons " produits locaux " de certaines enseignes Carrefour ou encore chez Rob. On aurait pu imaginer circuit plus court... car en effet, les produits de la Ferme Abattoir ne passeront pas directement du toit au Foodmet, la halle alimentaire des Abattoirs d'Anderlecht, situé un étage plus bas : " Notre public-cible est différent ", indique Noémie Benoit, responsable marketing et ventes de BIGH.Ce projet de ferme urbaine a mis un certain temps à voir le jour. Pensé dès 2015, la construction du jardin potager extérieur a débuté en 2016. En 2017, ce fut au tour de la serre aquaponique, qui n'a été achevée que tout récemment, après huit mois de construction. Les opérations de la ferme tourneront à plein régime fin de cette année. Créée en 2015 dans l'objectif d'optimiser les performances des bâtiments et de rendre la ville productive, la start-up bruxelloise BIGH a effectué une première levée de fonds auprès de plusieurs investisseurs tant public (finance.brussels/ groupe SIRB, qui a investi 500.000 euros) que privés (LTFD, Fidentia Green Buildings, Talence et ECF). Quelque 4,3 millions d'euros ont ainsi été dégagés pour développer des fermes urbaines en aquaponie. Le projet anderlechtois, à lui seul, a nécessité un investissement de 2,7 millions. Les projets suivants devraient être de moindre envergure et donc moins coûteux. La start-up a laissé entendre son intention de mettre en place " neuf nouvelles fermes endéans les cinq ans ", mais elle n'en dira pas plus pour le moment." L'énergie, c'est un peu le nerf de la guerre pour tout projet agricole, quel qu'il soit ", reconnaît Steven Beckers qui espère que la ferme pourra atteindre le seuil des 50 % d'énergie renouvelable. La production sous serre bénéficie directement des rayons du soleil mais également de l'énergie émise par une pompe à chaleur. Celle-ci capte la chaleur dégagée par les frigos et chambres froides des commerçants du Foodmet situés en dessous et leur restitue du froid. A terme, il est prévu que la chaudière de la halle alimentaire fournisse du CO2 pour la production de tomates sous serre. La ferme bénéficie également d'une partie de l'électricité produite par les panneaux solaires que les Abattoirs ont fait installer sur les toits par un tiers investisseur. Le projet aquaponique vise par ailleurs une dépendance minimale à l'eau du réseau. L'eau de pluie est stockée dans des citernes d'une capacité totale de 100 m3 et dans un puits foré à 70 mètres de profondeur et situé à l'arrière du bâtiment. Par Anne-Sophie Chevalier.