Il faut avouer que le casting avait de quoi séduire. Dans le rôle du fondateur, Jeffrey Katzenberg, le dernier nabab d'Hollywood et ancien patron de Disney. Dans le rôle de la directrice générale, Meg Whitman, l'ancienne CEO d'eBay et d'Hewlett Packard. Dans le rôle des fournisseurs: Steven Spielberg, John Travolta, Jennifer Lo...

Il faut avouer que le casting avait de quoi séduire. Dans le rôle du fondateur, Jeffrey Katzenberg, le dernier nabab d'Hollywood et ancien patron de Disney. Dans le rôle de la directrice générale, Meg Whitman, l'ancienne CEO d'eBay et d'Hewlett Packard. Dans le rôle des fournisseurs: Steven Spielberg, John Travolta, Jennifer Lopez, etc. Quibi (pour Quick Bites, des bouchées rapides) semblait née sous de bonnes étoiles... de cinéma. La plateforme de streaming s'était spécialisée dans les formats courts de cinq à dix minutes à regarder sur son smartphone en format horizontal ou vertical. Malgré la participation de tout le gratin du septième art (Viacom, NBCUniversal, WarnerMedia et Disney) et deux gigantesques levées de fonds de départ (un milliard de dollars a été récolté), Quibi, lancée en pleine pandémie le 6 avril dernier, vient de jeter l'éponge. Tous les salariés vont être licenciés et les dirigeants cherchent à revendre leurs actifs. Que s'est-il donc passé? Trois raisons expliquent cet échec retentissant. D'une part, la pandémie. Conçus pour être regardés rapidement en mobilité, les programmes ont évidemment souffert du confinement. D'autre part, le prix. Katzenberg espérait concurrencer les stars du streaming auprès d'un public jeune mais YouTube et TikTok, les champions du court, sont gratuits là où Quibi facturait plus que Disney+ mais sans son catalogue. Enfin, les experts soulignent que séduire les jeunes avec de vieilles gloires du ciné était une grave erreur de casting. Selon la rumeur, avant de mettre la clé sous le paillasson, Katzenberg aurait essuyé un refus de reprise de la part de Facebook et d'Apple.